Passer au contenu principal

VeveyUn galeriste accusé d’avoir vendu de faux bronzes de Hodler

Un septuagénaire vaudois aurait écoulé plusieurs contrefaçons d’une sculpture du célèbre peintre bernois entre 2007 et 2013. Son procès s’est ouvert lundi au Tribunal correctionnel de l’arrondissement de l’Est vaudois.

Des copies numérotées de l’œuvre, faites et réalisées par l’accusé et leur précédent propriétaire, ont été successivement vendues pour 60’000, 400’000 et 250’000 francs.
Des copies numérotées de l’œuvre, faites et réalisées par l’accusé et leur précédent propriétaire, ont été successivement vendues pour 60’000, 400’000 et 250’000 francs.
KEYSTONE

Un ancien galeriste vaudois de 73 ans comparaît depuis lundi devant le Tribunal correctionnel de l’arrondissement de l’Est Vaudois. Il est accusé d’avoir écoulé plusieurs copies d’un faux bronze de Hodler entre 2007 et 2013. Le prévenu dit rester persuadé que l’oeuvre est authentique.

«Non pas du tout, je n’ai pas vendu de faux!»: c’est là l’une des premières interventions d’un ancien galeriste d’art de la Riviera, jugé depuis lundi matin à Vevey (VD), notamment pour avoir vendu des copies en bronze numérotées d’une fausse sculpture du célèbre peintre bernois Ferdinand Hodler.

Le septuagénaire affirme rester convaincu que cette œuvre, surnommée «Les bûcherons» et représentant deux hommes tirant une bille de bois, est authentique. Il la qualifie même «d’exceptionnelle» tout en confessant que ses recherches n’ont pu confirmer jusque-là cette authenticité.

Triple authentification désavouée

Son avocat affirme que l’homme souffre de troubles psychiques qui pourraient réduire sa responsabilité. Mais l’intéressé refuse de se soumettre à l’expertise psychiatrique qui le prouverait.

Pour mémoire, cette œuvre avait été dénichée pour 30 francs par un quidam sur un marché de Villeneuve en 2001, puis rachetée et frauduleusement attribuée à Hodler par un escroc, reconnu comme tel par la justice en 2014. L’oeuvre avait contre toute attente été authentifiée par un historien d’art et ancien conservateur des monuments historiques puis à deux reprises par l’Institut suisse pour l’étude de l’art. Mais le certificat avait finalement été retiré.

«Ces spécialistes de l’Institut suisse pour l’étude de l’art ont procédé à des premières expertises pas top», concède avec un peu de gêne un plaignant, pressé par la présidente du Tribunal.

«J’avais trouvé l’histoire de cette statue de Hodler inédite assez rocambolesque, mais j’ai fait confiance sur la base dudit certificat. On a vu des œuvres d’art d’importance retrouvées dans des greniers en Angleterre. J’espérais que sa valeur augmente sensiblement», explique l’amateur d’art qui avait acheté sa copie du faux pour 60’000 francs.

Pas informé des doutes

«Le galeriste ne m’a jamais informé des doutes quant à l’authenticité de cette sculpture», précise un autre dupé. Des copies numérotées de l’œuvre, faites et réalisées par l’accusé et leur précédent propriétaire, ont été successivement vendues pour 60’000, 400’000 et 250’000 francs.

«Pourquoi ces prix différents?» demande la Présidente. «Car je ne trouvais plus d’acheteur depuis un article paru en 2009 et qui me faisait passer pour malhonnête», explique le prévenu.

Sur le banc des accusés se trouve aussi sa compagne, une Zurichoise de 51 ans domiciliée à Montreux. Elle doit répondre de complicité de banqueroute frauduleuse et fraude dans la saisie. L’ancien galeriste est renvoyé pour abus de confiance et escroquerie par métier.

Le procès se poursuit. Le tribunal doit examiner une série de prêts et de ventes jugés frauduleux dans l’acte d’accusation. Le verdict sera rendu ultérieurement.

(ATS/NXP)