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Le 26 septembre, c’est Secondhand DayUn coup de Manivelle lutte pour le climat

À l’occasion de la Journée nationale de la seconde main, on essaie de prolonger la durée de vie de nos objets. En les léguant à une bibliothèque de prêt, par exemple.

Valentin Augsburger, co-fondateur et  Rohid Rahnaward , assis, dans la caverne d’Ali Baba qu’est la Manivelle Lausanne.
Valentin Augsburger, co-fondateur et Rohid Rahnaward , assis, dans la caverne d’Ali Baba qu’est la Manivelle Lausanne.
Patrick Martin

La statistique est frappante: en Suisse, seuls 2% des articles achetés sont de seconde main. La marge de progression est immense! C’est ce qui a motivé ricardo.ch – le plus grand site national de vente d’objets déjà utilisés du pays –, myclimate et Second Economy Switzerland à lancer la première Journée de la seconde main, samedi 26 septembre.

Une action qui sert avant tout à mettre en lumière un mode de consommation différent, mais qui va aussi chercher à démontrer concrètement la différence d’impact sur le climat. Car, oui, aujourd’hui il est possible de calculer scientifiquement l’empreinte carbone de l’achat d’un jean neuf (lire ci-contre). Samedi 26septembre, tous les participants additionneront la quantité de CO2 économisée lors de leurs ventes en les comparant à ce que ça aurait coûté à la planète si les objets avaient été achetés neufs.

Quels genres de commerces ou d’associations sont concernés? La bonne nouvelle, c’est que la liste commence à être longue, et la pandémie n’y est peut-être pas pour rien. En effet, coincés à la maison, nombre d’entre nous se sont tournés vers des plateformes de vente en ligne, souvent de seconde main, pour pallier la panique des grandes enseignes ou par volonté écologique.

Ainsi, la plateforme de vente entre particuliers de Facebook, Marketplace, ou le site ricardo.ch nous ont permis de gagner un peu d’argent en vendant le surplus de notre cave qu’on a enfin eu le temps de trier, et d’acheter cette table vintage qu’on a eu le loisir de transformer à notre goût.

Il n’y a pas qu’en ligne que ce marché parallèle fleurit. Les brocantes, friperies, bourses d’échange, librairies et disquaires de seconde main, repair cafés, vide-dressings ou vide-greniers ponctuels… Il y en a de plus en plus et Secondhand Day contribue à essayer de les recenser.

Depuis une année maintenant, il existe à Lausanne une adresse qui permet non seulement de donner une seconde vie aux objets que nous ne voulons plus, mais aussi d’en utiliser d’autres dont nous aurions besoin sans avoir à les acheter. La Manivelle, située presque dans la gare, est une bibliothèque de prêt d’objets. Au niveau mondial, ce n’est pas très original, mais elles ont mis pas mal de temps à essaimer en Suisse. Il existe des projets similaires à Genève, Neuchâtel, Fribourg, Sierre et Martigny, en Suisse romande.

«J’ai pensé à tous ces objets qu’on ne veut pas acheter et qu’on doit louer très cher en me demandant pourquoi on ne mutualiserait pas cela?»

Valentin Augsburger, co-fondateur de La Manivelle Lausanne

«L’idée m’est venue quand j’ai dû payer 80 francs pour louer deux paires de raquettes, donc concrètement quatre bouts de plastique, lors d’une sortie hivernale, explique Valentin Augsburger, attaché au développement des publics au Théâtre de Vidy à la ville et cofondateur de La Manivelle Lausanne. J’ai pensé à tous ces objets qu’on ne veut pas acheter et qu’on doit louer très cher en me demandant pourquoi on ne mutualiserait pas cela? Au culot, je suis allé voir David Payot, qui m’a encouragé à monter un projet. J’ai vu que ça existait ailleurs et j’ai rencontré un des responsables d’une bibliothèque de prêt genevoise lors d’une conférence à l’EPFL. J’y ai aussi croisé Julie Scotton, l’autre cofondatrice. En une année, on a fédéré une équipe de bénévoles, monté un projet, remporté la première place du concours de Budget participatif de la ville (ndlr: 20’000 francs) et… le plus dur, trouvé un local!»

Comme souvent dans ce genre de projet, la solution passe par l’entraide, et voilà La Manivelle installée à moindres frais dans un bâtiment — promis à la destruction dans le cadre du chantier de la gare — idéalement placé sur le trajet travail-domicile de nombreuses personnes. «La praticité est essentielle dans ce genre de démarche, reprend Valentin Augsburger. Notre association fédère des gens et des compétences. Ici, on essaie de partager aussi bien des objets que des connaissances.»

543 objets en stock

Gérée par des bénévoles ultramotivés, la bibliothèque de prêt possède un stock de 543 objets. De la perceuse à l’appareil de fondue au chocolat en passant par la star de l’été: un bateau gonflable. Elle fonctionne par abonnement, annuel (entre 50 et 150 fr. selon les moyens de la personne) ou mensuel pour les plus frileux. «Il y a des gens qui souscrivent à l’abonnement le plus cher simplement pour soutenir notre démarche, se réjouit le jeune homme. Moi, j’aime quand on peut changer la façon de penser des gens, comme cette dame qui, au lieu d’aller bêtement acheter sa caisse de transport pour chat dans une animalerie, l’a trouvée d’occasion sur internet puis est venue nous en faire cadeau en disant qu’elle la louerait chez nous si besoin!»

Secondhand Day, samedi 26septembre, dans toute la Suisse. Détail et liste des associations et commerces participants sur www.secondhandday.ch