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L’encre bleueUn besoin si pressant…

Image d’illustration.  © Olivier Vogelsang
Image d’illustration. © Olivier Vogelsang
TDG

En temps normal, c’est déjà compliqué. Alors vous imaginez aujourd’hui! Où diable aller vider sa vessie lorsqu’elle exige, toutes affaires cessantes, qu’on la soulage, pas en rase campagne, mais en ville…?

Depuis le début de la pandémie, c’est la gabegie. Impossible de trouver, dans un délai raisonnable, un lieu propice à ce genre d’épanchement. D’où certains débordements sur la voie publique.

Faut dire que pendant plusieurs semaines, l’accès aux WC publics était interdit par les fameuses bandes rouges et blanches. Et puis les cafés étaient fermés, comme les magasins où se trouvent encore des lieux d’aisances. «Les personnes souffrant de prostate ont intérêt à ne pas trop s’éloigner de chez elles…» constatait Pierre, au début du mois d’avril déjà.

Depuis la réouverture partielle de certains estaminets et magasins, la situation est moins tendue. Encore faut-il trouver ces commerces à proximité.

La semaine dernière, une dame venant de la campagne genevoise arrive aux Eaux-Vives. Survient un besoin pressant. Tout autour d’elle, les bistrots sont fermés. Seul un magasin de coiffure est ouvert. Elle s’y précipite. Mais on lui refuse l’entrée, et les toilettes. Le coiffeur aimerait bien l’aider, pourtant. Mais il ne peut point. Parce qu’elle n’est pas cliente? Non. Parce qu’elle ne porte pas de masque!

Mais elle ne porte pas de couches non plus. La dame retourne alors à sa voiture, ouvre deux portes, s’accroupit sur le trottoir, se libère et tire sur son pull pour qu’on ne voit pas les dégâts.

Question sanitaires, on a vu mieux!

Je garde le meilleur pour la fin. En me renseignant en haut lieu sur ce sujet sensible, j’ai appris que depuis cette semaine, tous les WC publics de la Ville sont réouverts, désinfectés et lavés quotidiennement. Enfin! J’en suis soulagée.