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Un avion équato-guinéen séquestré à Cointrin

Le séquestre civil à l'aéroport de Genève a eu lieu au moment où débutait en France un procès à l'encontre du vice-président de la Guinée-Equatoriale, Teodoro Nguema Obiang Mangue, notamment pour blanchiment d'argent.
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Séquestre à Cointrin! Un avion immatriculé en Guinée Equatoriale a été saisi dans le cadre d'un litige civil opposant cet Etat africain au groupe de télécommunication français Orange, a appris la Tribune de Genève. Une instruction qui n'aurait rien à voir avec les procédures pénales, en France et en Suisse, à l'encontre de l'actuel vice-président équato-guinéen.

Un juge civil saisi par Orange a ordonné le blocage d'un appareil, un Boeing 737 qui a atterri le 19 juin à Cointrin, au motif que la Guinée équatoriale lui doit une importante somme d'argent. Est-ce une coïncidence? Le même jour débutait à Paris un procès qui fait couler beaucoup d'encre, celui du Teodoro Nguema Obiang Mangue, dit Teodorín. Le fils du chef de l'Etat équato-guinéen et vice-président du pays est poursuivi pour détournement de fonds publics, abus de confiance et corruption.

La première dame

A Cointrin, parmi ceux qui devaient monter à bord de l'avion bloqué figurent la première dame équato-guinéenne, Constancia Mangue Nsue Oko, et des membres du gouvernement. Pour repartir à Malabo, la capitale, tous ces passagers ont dû recourir à un autre appareil de cet Etat africain, un Dassault, qui s'est posé à Cointrin le 17 juin et qui a décollé le lendemain en début d'après-midi (un jour avant le départ prévu, sans doute alertés de la procédure).

Le conflit opposant Orange – qui n'a pas souhaité commenter cette affaire – et Malabo n'est pas nouveau. A Lyon en octobre, l'entreprise empêchait un jet équato-guinéen de s'envoler vers Paris (un appareil qui aurait dû décoller de Cointrin mais qui n'avait pu s'y poser, le trafic étant trop dense), selon La Lettre du Continent, un titre de référence en Afrique.

Dans un courrier daté de décembre – que la Tribune de Genève a pu consulter – Orange regrette que malgré un paiement symbolique suite à la saisie de l'avion à Lyon, Malabo n'ait rien déboursé par la suite. Le groupe insiste pour que l'Etat s'acquitte de deux factures, de 45 millions d'euros chacune. La saisie à Cointrin semble indiquer que les paiements n'ont pas été effectués.

Procès phare

A la fin d'octobre, quelques jours après l'affaire lyonnaise, la justice genevoise ouvrait une procédure pénale contre Teodorín. Le fils du président est prévenu de blanchiment d'argent. L'instruction a conduit au séquestre de voitures de luxe à Genève et d'un yacht aux Pays-Bas. Selon les avocats de la Guinée équatoriale à Genève, tous ces véhicules appartiennent à cette république d'Afrique centrale.

Pendant ce temps à Paris, le procès à l'encontre de Teodorín bat son plein. Ses avocats ont tenté de le révoquer en invoquant une immunité diplomatique dont devrait bénéficier leur client, de part son statut de vice-président. Un argument balayé par la Cour. Les audiences doivent se dérouler jusqu'au 6 juillet.