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CommentaireUn accord institutionnel moribond

Le Conseil fédéral aurait toutes les raisons de déboucher le champagne. Ce dimanche, il lave la défaite de 2014 en gagnant contre lUDC sur la libre circulation des personnes avec l’Union européenne. Pourtant, on le sent bien, le gouvernement se garde de tout triomphalisme. Et il se réfugie dans la langue de bois quand on lui demande si on signera un accord-cadre avec l’UE dans les prochaines années ou à la saint-glinglin.

Cette extrême prudence s’explique par le chemin de croix qui attend le Conseil fédéral. Ce dernier répète à l’envi que la Suisse plébiscite la voie bilatérale. Le problème? L’UE ne veut plus de cette voie bilatérale, mais exige un accord institutionnel qui liera la Suisse aux décisions de la Cour européenne de justice. Ce fil à la patte n’effraie pas seulement l’UDC, mais aussi le Parti socialiste, qui craint des développements fâcheux sur le droit du travail, et la droite sur les aides sociales. Impossible, avec ce cumul d’oppositions, de convaincre une majorité de la population d’approuver un tel accord.

«On assiste en direct à un lent pourrissement des relations malgré les discours officiels»

Comme il est dangereux de dire franchement non à un mastodonte comme l’UE, le Conseil fédéral va jouer la montre en présentant une liste de revendications. On assiste donc en direct à un lent pourrissement des relations malgré les discours officiels. Si Bruxelles se raidit et prend des sanctions contre la Suisse, comme elle l’a déjà fait avec l’équivalence boursière, la situation va se dégrader. Et l’accord institutionnel, qui n’était déjà pas très frais, deviendra moribond.

7 commentaires
    Bruno Buchs

    Si le Conseil fédéral entre désormais dans des négociations avec l’UE sans lignes rouges dures et clairement définies, les négociateurs suisses rentreront de Bruxelles avec un écran de fumée de clarifications éloquentes mais vides de substance et des simulacres d'”immunisations” qui ne résisteront pas aux évolutions que l’UE ne manquera pas d’imposer à la Suisse dans un futur proche.

    Ne nous y trompons pas: avec cet accord, même édulcoré et avec des inflexions, il ne s’agit de rien d’autre que de l’abandon de notre souveraineté législative et judiciaire: l’UE veut imposer dans cet accord cadre et les relations futures la reprise par la Suisse du droit de l’UE et la reconnaissance de la souveraineté ultime de la CJUE

    Dans ces conditions, la Suisse doit constater l’échec des négociations et abandonner définitivement ce projet de contrat cadre.

    Voilà ce que le fameux bouton de reset cher à Monsieur le conseiller fédéral Ignazio Cassis doit déclencher, et non des résultats de négociations qui ne pourront satisfaire personne en Suisse.

    Lorsque les esprits se seront calmés en Suisse et à Bruxelles, de nouvelles négociations, sur la base d’un mandat clair dans lequel il ne peut pas avoir de place pour l’abandon de nos droits souverains, pourront être envisagées.

    Nous devons à nos ancêtres et à nos descendants de préserver, à tout prix, l’indépendance et la démocratie directe de la Suisse.

    Mettons fin au bradage notre liberté et à la haute trahison.