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Lettre du jourTrop ou pas assez

keystone

Vésenaz, 11 janvier

La Covid-19 a creusé le fossé entre les optimistes et les pessimistes. À entendre les commentaires, dans les médias ou les conversations, on mesure les différences notables de ressentis. Cela dépend de la confiance qu’on accorde à d’autres plus experts que soi.

J’aimerais ici témoigner de l’excellence de l’organisation de notre canton. Ma vaccination s’est faite dans les meilleures conditions. C’est aussi l’occasion de remercier la commune de Collonge-Bellerive et ses bénévoles pour leurs efforts envers les aînés. À l’instar d’Alain Berset, je m’étonne que l’on puisse accuser l’administration de lenteur alors que la recherche internationale de vaccins a été si rapide. Acheter des vaccins virtuels, avant qu’on les certifie, était un risque semblable à jouer à la roulette de casino. Cette précipitation était donc dangereuse tant au niveau scientifique que financier.

Les tenants du capitalisme mondial ont honteusement profité de cette situation confuse, mais qu’aurait-on dit si nos autorités avaient été moins réactives? Il est incohérent de critiquer à la fois la lenteur et la précipitation des acquisitions des plasmas. Trop ou pas assez? Les pauvres décideurs, devant la vox populi, seront jugés comme incompétents quoiqu’il arrive.

Bien sûr, je suis consterné par les conséquences de règlements contradictoires et changeants. Ainsi naît le sentiment qu’Ubu a pris les pleins pouvoirs; mieux vaudrait en rire si les conséquences n’étaient pas aussi terribles sur la culture et l’économie. Actuellement il ne fait pas bon d’être aux commandes, car il n’y a que des claques à prendre. Ma crainte est que les partisans du «y’a qu’à» influencent une population déjà exaspérée et surtout fatiguée.

Nous voyons partout la montée de différentes formes inquiétantes de populisme et de nationalisme. La Covid-19 est un terreau favorable à faire pousser une grogne que certains savent si bien manipuler. Ne laissons pas ce virus empoisonner le corps social car son immunité est fragile. Aucun vaccin n’a été trouvé pour ce genre de calamité et l’indice de «solidarité heureuse» n’est pas encore assez élevé pour nous protéger du pire.

Gad Borel

2 commentaires
    Victor Ugoh

    Très bonne reflexion, merci !