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Votation du 27 septembreTout savoir sur le parking en 8 questions

Technique, le scrutin est crucial quant à la possibilité de faire évoluer (ou pas) l’espace urbain.

Un des objets de la votation du 27 septembre concerne le stationnement dans les rues du cœur de l’agglomération.
Un des objets de la votation du 27 septembre concerne le stationnement dans les rues du cœur de l’agglomération.
TDG

Ce 27 septembre, les Genevois se prononcent sur dix objets (onze pour les Bernésiens). Parmi les cinq scrutins cantonaux, l’un porte sur la gestion du stationnement dans les rues du cœur de l’agglomération. Le Grand Conseil a accepté à une large majorité (68 voix contre 18 et 11 abstentions) une réforme demandée par le gouvernement. Mais le Touring Club Suisse (TCS) et une organisation d’entrepreneurs ont fait aboutir un référendum. Tour d’horizon.

Sur quoi vote-t-on?

Le Conseil d’État veut assouplir les règles qui le forcent à remplacer les cases de parking supprimées quand des rues sont réaménagées. Depuis 2012, une loi sanctuarise les capacités de stationnement dans les quartiers les plus denses, soit les majeures parties de Genève et Carouge. Il est interdit de supprimer des places sans les remplacer dans les environs, hormis quelques mécanismes dérogatoires. Or ce verrou empêche de concrétiser le compromis sur la mobilité que le peuple a plébiscité en 2016 et qui donne la priorité aux modes doux et aux transports publics en zone urbaine (c’est la LMCE, loi pour une mobilité cohérente et équilibrée). Sans abolir le principe de compensation, la réforme soumise au vote facilite les dérogations.

D’où vient cette compensation?

Elle s’est bâtie en deux temps. Votée en 2012 à l’initiative du PLR, une première loi fixe comme niveau de référence l’offre de stationnement de l’année précédente, toute suppression devant être compensée dans un rayon de 250 à 500 mètres. Le texte permet de remplacer un parcage de rue par un équivalent souterrain. L’État a du coup négocié la possibilité de remplacer des cases de surface par des capacités souterraines préexistantes mais sous-exploitées. Cela a fâché le PLR, qui, après avoir voulu interdire le procédé, a mené la majorité du parlement à le limiter en 2016.

Pourquoi ce mécanisme?

La droite cantonale a agi alors qu’une initiative Verte réclamait la piétonnisation de 200 rues en ville de Genève – ambition restée sans suite. Des négociations ont eu lieu avec des représentants de la mobilité douce, suivant l’exemple zurichois de 1996, mais en vain. La surface dédiée au stationnement au centre-ville est pourtant restée inchangée entre 2000 et 2008, période précédant l’année de référence retenue par le projet de loi initial. Mais la typologie des places a changé: hausse des parkings souterrains, des cases livraison et des cases deux-roues; recul des cases payantes pour automobiles et des cases gratuites, presque toutes converties en durée limitée avec les zones bleues. Le tout pour un bilan global positif (+11,8%).

Quelles sont les règles en vigueur?

Le socle de référence est celui de 2011: 22’289 places en surface en zone dense. Chaque année, un demi-pour cent du total (111 places) peut être effacé sans créer de nouvelles places, en misant sur des places souterraines sous-utilisées. Pour servir de monnaie d’échange dans ce troc, un parking doit avoir un taux d’utilisation journalier qui dépasse rarement 80% (pas plus de vingt jours par an). Par ailleurs, la LMCE offre la possibilité de supprimer sans remplacement 20% des places à l’hypercentre et 10% dans les autres zones urbaines, de même que sur la moyenne ceinture, si cela sert à sécuriser et fluidifier un mode de transport. On peut en outre remplacer une case automobile par quatre places pour moto. La compensation se fait dans un rayon de 500 à 750 mètres.

Pourquoi les règles actuelles sont-elles critiquées?

Appliquer la LMCE nécessite de biffer plus de 4000 places, dont 3200 exigent une compensation. Avec les règles actuelles, il faudra un quart de siècle pour y arriver. En effet, trop peu de cases par an peuvent être compensées par de trop rares places enterrées. Saturés selon la définition en vigueur, des parkings offrent pourtant de l’espace, comme celui de l’Hôtel des Finances, dont le taux moyen d’utilisation quotidienne plafonne à moins de 90%. Par ailleurs, les dérogations prévues dans la LMCE dépendent de conditions cumulatives, ce qui exclut trop de projets.

Que prévoit la réforme?

Le nombre annuel de cases pouvant être compensées par des capacités souterraines existantes triple (de 111 à 333 par an) et le nombre d’ouvrages éligibles passe de 6 à 16 (totalisant 1800 places) grâce à une définition plus souple (le parking ne doit pas être plein plus de cinquante jours par an). La LMCE cesse de cumuler les exigences de sécurité et de fluidité: l’une ou l’autre suffit pour obtenir une dérogation. Le périmètre de remplacement se limite à 500 mètres. Le tout doit aider à débloquer les 4000 suppressions de places nécessaires pour appliquer les buts de la LMCE, à savoir pacifier les zones urbaines tout en concentrant le trafic sur de grands axes. Dans le détail, 800 de ces suppressions visent à améliorer ou maintenir la fluidité de la circulation, 500 bénéficient aux transports publics, 1750 à la mobilité douce et 950 doivent servir à apaiser les quartiers.

Qui est pour?

La gauche plébiscite ce qu’elle voit comme un accélérateur de la transition écologique. Pour ses tenants, la réforme est rendue acceptable par le fait que les alternatives à la voiture se développent (Léman Express). Le resserrement dans l’octroi des macarons en a éliminé 7000, réduisant la concurrence autour des parkings. Par ailleurs, les remplacements de places se feront dans un périmètre plus resserré. La droite est divisée; la ligne de fracture traverse le PLR, où la majorité reste favorable, espérant une meilleure fluidité, à l’économie, et un usage optimisé des parkings souterrains. Ayant obtenu des concessions, l’économie a généralement soutenu la nouvelle loi, mais des centrales ont fait volte-face à cause de l’agacement face aux pistes cyclables provisoires dessinées ce printemps.

Qui est contre?

Quant aux opposants (TCS, UDC, MCG), ils fustigent une réforme menée au détriment du parking pour les habitants et les clients de commerces. Selon eux, les cases livraison manquent et les besoins de la mobilité du futur ne sont pas pris en compte, notamment les places équipées d’une recharge électrique, alors que l’on n’exige pas des nouveaux immeubles autant de places de parking que jadis.