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SuisseTourisme: les nuitées devraient chuter de 30% en 2020

Selon le Centre d’études conjoncturelles (KOF) jeudi, la chute des nuitées due au coronavirus représentera une perte de chiffre d’affaires de 1,8 milliard de francs.

Selon le KOF, il faut aussi s’attendre à des hausses de prix dans l’hôtellerie, destinées à compenser le faible taux d’occupation et la réduction imposée des capacités.
Selon le KOF, il faut aussi s’attendre à des hausses de prix dans l’hôtellerie, destinées à compenser le faible taux d’occupation et la réduction imposée des capacités.
KEYSTONE

La pandémie de coronavirus aura des conséquences désastreuses pour le tourisme et le chemin pour retrouver le niveau d'avant la crise risque d'être long. En Suisse, les nuitées hôtelières devraient chuter d'un tiers en 2020, selon les prévisions du Centre d'études conjoncturelles (KOF) publiées jeudi.

«Nous sommes en pleine récession mondiale et le plancher n'a pas encore été atteint», s'est alarmé Jan-Egbert Sturm, directeur du KOF. Le secteur du tourisme est probablement «le plus affecté» de tous par les mesures prises pour endiguer la propagation de la pandémie.

La chute des nuitées escomptée cette année représente une perte de valeur ajoutée de 904 millions de francs pour l'hôtellerie et une perte de chiffre d'affaires de 1,8 milliard de francs, estime le KOF.

Tourisme international en chute libre

La baisse de la demande domestique devrait rester mesurée sur l'ensemble de l'année (-14%), mais les pertes seront «massives» pour le tourisme international (-45%), précise le communiqué. Les nuitées des visiteurs venant des marchés lointains seront les plus touchées, attendues en baisse de 60% sur la période.

Les dépenses touristiques sont également escomptées en forte chute, de 32%. Le repli sera encore plus fort pour celle effectuées par les touristes étrangers (-45%).

Sur la saison d'hiver 2019/2020,les nuitées se sont inscrites en repli de 23% par rapport à la même période un an plus tôt.

Inversion de tendance dans le secteur

Les villes devraient payer l'addition la plus salée: les nuitées sont escomptées en baisse de 50% durant les mois d'été tandis que les régions alpines devraient accuser un repli de 20 à 30%.

Cette prévision marque une inversion de tendance, alors qu'au cours des dernières années, le tourisme urbain a gagné du terrain au détriment des régions alpines. L'annulation des grandes manifestations et les changements d'habitudes de voyage freineront en effet la demande.

En outre, la structure du tourisme d'affaires, qui a principalement lieu dans les villes, pourrait changer, alors qu'avec la pandémie, les entreprises ont réalisé que les moyens technologiques pouvaient parfois remplacer les rencontres physiques. Dans tous les cas, la reprise prendra plus de temps, estime Florian Hälg, économiste au KOF.

L'institut table sur une lente reprise, qui débutera en douceur au cours de la saison d'été, le Tessin et les régions alpines se profilant comme les lieux les plus à même d'en profiter. En juillet et en août, le nombre de nuitées de touristes résidents en Suisse devrait progresser de 10 à 15% dans ces régions. Par contre, dans les villes, elles devraient reculer de 20%.

Prendre son mal en patience

La demande intérieure ne suffira pas à compenser la chute de celle étrangère. Même si la réouverture des frontières en Europe soutiendra un léger redressement, le KOF s'attend à une «défaillance quasiment totale en provenance des marchés lointains». «Les hôtels et restaurants qui ont ciblé la clientèle asiatiques seront ainsi en grande difficulté», a expliqué M. Hälg.

En outre, il faut s'attendre à des hausses de prix dans l'hôtellerie sur le long terme, destinées à compenser le faible taux d'occupation et la réduction imposée des capacités. La situation devrait être similaire pour les remontées mécaniques.

Au niveau de l'emploi, les mesures de chômage partiel ont concerné trois quarts des employés du secteur. Il pourra y avoir des transferts des villes vers les régions alpines, moins touchées par la crise.

Le secteur du tourisme devra en tout cas prendre son mal en patience. Le complet rétablissement du secteur n'étant prévu qu'en 2022, selon les prévisions, lorsque les marchés lointains se redresseront. La situation en Amérique du Nord, plus grave qu'en Asie, aura pour effet d'encore retarder le retour des touristes de cette région.

ATS/NXP