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La rédactionTikTok nous aspire dans le monde des autres

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TikTok en alerte plus d’un. Des pays s’inquiètent pour leur sécurité face à la plateforme chinoise qui propose de courtes vidéos à l’infini. L’ Australie, le Royaume-Uni, ou encore les États-Unis sont ainsi entrés en guerre contre l’application qui récolterait trop de données personnelles. Mais pour les utilisateurs de ce réseau social, la crainte se situe ailleurs. Est-il nocif à leur santé physique et mentale? À leur vie quotidienne?

En Suisse, quelque 1,72 million d’utilisateurs de TikTok âgés de plus de 18 ans lui consacrent en moyenne 50 minutes par jour, selon l’agence de communication map.ch. Mais une moyenne cache toujours les extrêmes. «Je n’y reste que 10 minutes», se dit-on. Puis, comme un passage de l’heure d’hiver à celle d’été, une heure s’est envolée. Nous étions plongés dans un univers parallèle: le monde des autres.

Comme Facebook à ses débuts, TikTok pousse à son paroxysme la maxime «la curiosité est un vilain défaut». À tel point que, trop occupés à les regarder voyager, cuisiner, décorer, jouer, danser, plaisanter, et j’en passe, nous nous sommes oubliés.

«Il m’arrive de passer plus de temps à regarder des inconnus pratiquer leur sport préféré que de m’exercer.»

Nous passons plus de temps à inspecter la vie des autres, que de vivre activement la nôtre. Il m’arrive de passer plus de temps à regarder des inconnus pratiquer leur sport préféré que de m’exercer. Toute ma concentration est dédiée à les observer rénover un meuble, alors que la table de mon grand-père attend de retrouver sa jeunesse dans un coin du salon. Pire encore: j’ai déjà raccourci mon temps de sommeil pour regarder «encore une vidéo de trois minutes», qui s’est transformée en une série d’une heure trente.

Cure de désintox

La solution semble simple: désinstaller l’application et reprendre une vie normale. Mais, comme toute addiction, le sevrage s’avère complexe. Car oui, pour toutes les personnes qui ne se sont pas (encore) fait absorber par ce réseau social, des études prouvent qu’elle entraîne des «symptômes comparables à ceux d’un usage problématique de substances».

Une de mes théories pour expliquer son emprise est son caractère infini. Nous avons toujours connu des divertissements avec une fin. Un film dure environ 90 minutes. Un livre a une quatrième de couverture. Étape fatidique qui n’existe pas sur TikTok. Seule notre discipline sonne le coup d’arrêt. Or, le cerveau retient cette source inépuisable de plaisir. D’où naît un inéluctable sentiment de frustration. Et celui-ci nous pousse à y retourner à chaque moment de libre.

Mais alors, comment retrouver une vie active? Pourquoi ne pas s’inspirer de la vie des autres… grâce à TikTok? Cette mine d’or d’activités ouvre le champ des possibles. Si vous aimez regarder des inconnus découvrir des bonnes adresses, je vous encourage à faire le tour de votre quartier pour dénicher votre QG. Et uniquement après avoir trouvé votre Graal, accordez-vous le plaisir de retourner sur l’application afin d’apprendre, par exemple, une nouvelle technique de couture. Pour broder votre propre vie.

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