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Roland-GarrosTiens, revoilà Jelena Ostapenko

Trois ans après son sacre parisien, la reine du tir au pigeon semble retrouver son adresse.

Ce visage, ce pont, ça ne vous dit rien?
Ce visage, ce pont, ça ne vous dit rien?
AP Photo/Alessandra Tarantino

Timea Bacsinszky pourrait en parler; à supposer qu’elle ne soit pas restée sans voix. Ce jour-là, en demi-finale de Roland-Garros, Jelena Ostapenko était apparue au monde comme un petit être étrange. Aucune émotion, aucune expression, aucun son, mais surtout une performance hors norme, bien en dehors des canevas et des logiques traditionnelles d’affrontement, une logique qui n’incluait pas l’adversaire comme une composante. «Cette fille joue toute seule, elle fait les points et les donne», s’était émue Chris Evert. La Lettonne fêtait ses 20 ans avec linsouciance qui sied à semblable jouvence et distribuait des coups gagnants (50!) sans aucune espèce de commisération. Sa frappe d’une violence inouïe (122 km/h!) n’avait pour seule valeur comparable que celles de Thiem, Wawrinka et Nadal! Ce n’était plus du tennis, mais du tir au pigeon.

«Cette année-là, rien ne pouvait m’arrêter. Bien sûr que j’y repense. Mais je dois aller de l’avant»

Jelena Ostapenko

Trois ans plus tard, Ostapenko revient sur terre, avec un visage humain et un classement normal (WTA 43). «C’était en 2017, sourit-elle. Il y a bien longtemps… Cette année-là, rien ne pouvait m’arrêter. Bien sûr que jy repense. Mais je dois aller de lavant. Le monde ne sarrête pas de tourner parce que vous avez gagné un Grand Chelem et moi, j’ai mis du temps à avancer.»La manière dont elle a battu Karolina Pliskova (WTA 4), hier, ne ressemble pas aux souvenirs qu’elle avait laissé sur cette terresouvenirs vite enfouis. Certes, la Tchèque est apparue diminuée mais Jelena Ostapenko l’a presque battue en cadence, avec un classicisme confondant (6-4, 6-2). «Les filles s’attendent toujours à ce que tape très fort dans la balle. Mais cette année, avec le froid, les rebonds sont mous. Ce n’est pas le tout de cogner comme une folle, c’est bien aussi de savoir proposer autre chose pour surprendre l’adversaire et passer des tours.» Et c’est bien la question: quel tour pourrait prendre cette nouvelle surprise?