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Marché du travail en Suisse
Les raisons qui motivent le choix du temps partiel

Fraenzi and Lukas ride along a hiking trail with their mountain bikes, pictured on October 20, 2009 near Tarasp in the Engadine Valley in the canton of Grisons, Switzerland. (KEYSTONE/Alessandro Della Bella)

Fraenzi und Lukas fahren mit ihren Mountainbikes einem Wanderweg entlang, aufgenommen am 20. Oktober 2009 bei Tarasp im Engadin im Kanton Graubuenden. (KEYSTONE/Alessandro Della Bella)
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Le souhait de travailler à temps partiel est largement répandu, et pas seulement chez les jeunes. Seulement 30% des personnes interrogées préfèrent travailler à temps plein. La préférence pour le temps partiel augmente même avec l’âge, comme le montre une nouvelle enquête menée par le cabinet de conseil Deloitte auprès de 1900 personnes salariées, âgées de 18 à 64 ans, dans toute la Suisse.

Selon l’Office fédéral de la statistique (OFS), seuls 18% des hommes travaillent actuellement à temps partiel. Mais nettement plus de la moitié d’entre eux le feraient volontiers s’ils avaient le choix. Chez les plus de 50 ans, deux tiers préféreraient le temps partiel, et chez les plus jeunes, près de 60%.

Chez les femmes, la situation actuelle correspond mieux aux souhaits des salariées. Selon l’OFS, le taux de temps partiel s’élève ici à 57% et plus de 70% expriment le souhait de travailler à temps partiel.

Le chômage est faible en Suisse. Parallèlement à cela, les baby-boomers quittent en masse le marché du travail. La classe d’âge au plus fort taux de natalité en Suisse – 1964 – prendra sa retraite dans cinq ans. La pénurie de main-d’œuvre actuelle va donc encore s’aggraver pour des raisons démographiques.

L’immigration record ne résout pas le problème de la pénurie

Ces dernières années, l’immigration a offert la réponse la plus simple à cette problématique. 2023 a été une année record, avec une immigration nette de près de 99’000 personnes, comme l’a indiqué jeudi le Secrétariat d’État aux migrations. Or cette situation se heurte de plus en plus à une résistance politique.

«L’immigration ne peut pas résoudre le problème de la pénurie de main-d’œuvre, on l’a vu ces dernières années», estime ainsi Michael Grampp, économiste en chef chez Deloitte. En effet, l’embauche de personnel étranger risque d’alimenter la pénurie de main-d’œuvre qualifiée en augmentant encore la demande, par exemple pour le personnel soignant et de nombreux services.

Il reste donc comme alternative de mieux exploiter le potentiel national. Le Japon, qui est confronté depuis longtemps déjà au vieillissement et à la diminution de sa population, n’autorise que peu d’immigration et a néanmoins réussi à atteindre une croissance économique par habitant appréciable en essayant de mobiliser les femmes et les seniors sur le marché du travail.

Le souhait très marqué de travailler à temps partiel, que révèle la récente enquête, rend néanmoins cela difficile en Suisse. De plus, de nombreux travailleurs âgés n’osent pas travailler plus longtemps. Une personne sur quatre de plus de 50 ans n’est «pas confiante» dans sa capacité à faire face aux exigences professionnelles au cours des cinq prochaines années.

La numérisation rapide et les nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle y contribuent notamment. La confiance en ses propres capacités est toutefois une condition importante pour continuer à travailler au-delà de l’âge de la retraite. «Je pense que les travailleurs âgés représentent un grand potentiel. Mais la formation continue est décisive si l’on veut les garder dans l’entreprise», déclare Michael Grampp.

Le développement des structures d’accueil pour enfants afin d’augmenter l’emploi des femmes apporte probablement moins qu’espéré. Car les enfants ne sont pas la principale raison de la préférence pour le temps partiel. La raison de loin la plus souvent citée est le fait d’avoir plus de temps pour ses hobbies.

«D’une manière générale, il apparaît que l’argument souvent évoqué pour le travail à temps partiel, à savoir la famille, ne tienne plus vraiment la route», explique Michael Grampp. Il semble plutôt qu’il y ait eu un changement culturel, que l’optimisation de soi et l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée aient gagné en importance. «Il faut pouvoir se le permettre financièrement, c’est pourquoi c’est aussi un phénomène de prospérité», explique Michael Grampp. Il n’est donc pas surprenant, selon lui, que le plus grand obstacle à un temps partiel soit la perte de salaire qui en découle.

L’État n’est pas le seul à devoir agir

L’État devrait donc miser sur d’autres mesures, estime Michael Grampp. Par exemple, une flexibilisation de l’âge de la retraite ou la création d’avantages spécifiques pour les personnes qui continuent à travailler au-delà de la retraite.

Pour les personnes mariées, la forte progression fiscale constitue un obstacle. L’introduction de l’impôt individuel pourrait être une solution – le Conseil fédéral a publié mercredi son message à ce sujet. Une meilleure information sur les effets négatifs d’un emploi à temps partiel sur la prévoyance vieillesse pourrait également y contribuer.

«Mais les entreprises ne peuvent pas simplement tout mettre sur le dos de l’État», estime Michel Grampp. Si elles sont sérieuses lorsqu’elles se plaignent de la pénurie de main-d’œuvre, elles doivent elles-mêmes en faire plus: investir dans la formation continue des collaborateurs plus âgés, être prêtes à embaucher des personnes de plus de 55 ans, offrir des horaires de travail flexibles et un soutien aux parents. «Les entreprises doivent en faire plus», exige Michael Grampp.

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