AsieTaïwan «ne cédera pas» face à la pression de la Chine
Le président de Taïwan a donné mercredi une conférence de presse marquant son premier mois de mandat. Il a répété que l’île ne se soumettrait pas à Pékin.

Taïwan «ne cédera pas» face à la pression de la Chine, a déclaré mercredi le président de l’île autonome, Lai Ching-te.
«L’annexion de Taïwan est une politique nationale de la République populaire de Chine», a observé Lai Ching-te lors d’une conférence de presse organisée à l’issue de son premier mois de mandat.
«En plus de la force militaire, (le gouvernement chinois) a de plus en plus recours à des méthodes de coercition non traditionnelles pour tenter de forcer Taïwan à se soumettre. Mais Taïwan ne cédera pas à la pression», a assuré Lai Ching-te. «Le peuple de Taïwan défendra fermement la souveraineté nationale et conservera son mode de vie constitutionnel démocratique et libre», a-t-il ajouté.
La Chine a souligné que les manœuvres militaires lancées quelques jours après l’investiture du président Lai le 20 mai, constituaient une «punition» pour son discours d’investiture, que Pékin avait qualifié d’«aveu d’indépendance de Taïwan». Pendant 48 heures, la Chine avait mobilisé des navires de guerre, des avions, des soldats et des lance-missiles pour encercler l’île.
Le détroit de Taïwan, une voie maritime de 180 km de large qui sépare la Chine continentale de l’île autonome, est un foyer de tensions et elles se sont notamment accrues depuis l’investiture de M. Lai.
Taipei a donc renforcé ses relations économiques avec certains pays tout en augmentant ses achats d’armes auprès des États-Unis, un partenaire clé.
Livraisons d’armes
Mardi, le Pentagone a approuvé deux contrats de livraisons d’armes à Taïwan, à hauteur de 300 millions de dollars américains (environ 279 millions d’euros) pour des drones aériens et de 60,2 millions de dollars (56 millions d’euros) pour 700 «Switchblades», des drones kamikazes de fabrication américaine à guidage de précision, qui équipent déjà l’armée ukrainienne.
Le ministère taïwanais de la Défense a remercié Washington pour la signature de ces contrats, qui devraient prendre effet dans un mois. «Face aux fréquentes opérations militaires du Parti communiste chinois autour de Taïwan, la partie américaine a accepté de vendre des armes qui peuvent répondre rapidement aux menaces de l’ennemi», a déclaré le ministère dans un communiqué.
Plus tôt ce mois-ci, Washington avait approuvé la vente d’équipements et de pièces détachées pour des avions de chasse F-16, pour 300 millions de dollars américains. Lai Ching-te a remercié les États-Unis mercredi pour leur soutien et a réaffirmé la nécessité de développer une «résilience» dans la stratégie de défense de Taïwan.
«Le peuple taïwanais aime la paix et est bienveillant envers les autres, mais la paix doit être soutenue par la force. La paix par la préparation est le moyen d’éviter les conflits», a-t-il déclaré.
Pékin appelle à une réunification «pacifique» avec ce territoire démocratique de 23 millions d’habitants mais n’exclut pas d’employer la force pour le placer sous son contrôle. Après ces exercices, Pékin a promis que les pressions militaires sur l’île se poursuivraient «tant que les provocations liées à l’indépendance de Taïwan continueront».
Séparé de la Chine par un étroit canal, Taïwan dispose de son propre gouvernement, de sa propre armée et de sa propre monnaie. Lai Ching-te, considéré comme un «dangereux séparatiste» par la Chine, a estimé qu’il n’était pas nécessaire que Taïwan déclare officiellement son indépendance car elle était «déjà indépendante».
AFP
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