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AviationSwiss subit une lourde perte d’exploitation

La compagnie aérienne est durement touchée par le coronavirus. Elle enregistre 84 millions de pertes et un chiffre d’affaires en baisse de 20% au premier trimestre. Lufthansa perd elle 2,26 milliards de francs.

Les temps sont très durs pour Swiss.
Les temps sont très durs pour Swiss.
KEYSTONE

Swiss a subi de plein fouet les conséquences de la pandémie de coronavirus en début d’année. La compagnie aérienne a enregistré une perte d’exploitation de 84,1 millions de francs au premier trimestre, après un bénéfice opérationnel de 48,3 millions un an plus tôt.

Entre janvier et fin mars, le chiffre d’affaires a reculé de 20% en comparaison annuelle à 923 millions de francs, a détaillé la filiale de Lufthansa mercredi dans un communiqué. Swiss a transporté 21,4% de passagers en moins – pour un total de près de 3 millions de personnes pendant la période sous revue – et le coefficient d’occupation des sièges a baissé de 5,3 points pour atteindre en moyenne 73,3%. Le nombre de vols s’est replié de 19,2% à 27’270 rotations.

«L’évolution de la situation restant très incertaine, il est impossible d’établir des prévisions de résultats pour l’ensemble de l’année 2020», a averti la direction du transporteur national. Le directeur financier Markus Binkert a précisé que «grâce au soutien financier du groupe Lufthansa et à l’aide gouvernementale garantie par le Conseil fédéral, nous serons en mesure de faire face à nos difficultés de trésorerie. Nous ferons bien évidemment tout ce qui est en notre pouvoir pour rembourser le plus rapidement possible les emprunts contractés, plus intérêts».

Reprise sur deux à trois ans

Le Conseil fédéral a décidé fin avril de demander au Parlement près de 1,9 milliard de francs pour soutenir le secteur aérien, dont 1,5 milliard pour Swiss et sa filiale de vols de vacances Edelweiss.

Après avoir réduit ses vols au strict minimum entre mi-mars et fin mai, Swiss va progressivement augmenter son programme de desserte à partir de juin et proposer pendant ce mois 15% à 20% du programme initial.

«Nous allons augmenter par étapes notre programme de vols à Zurich et à Genève. Notre objectif est de rétablir les liaisons intercontinentales directes», a précisé le patron Thomas Klühr, soulignant que «la reprise se fera progressivement et prendra deux à trois ans».

Le directeur commercial Tamur Goudarzi avait récemment averti que Swiss ne devrait renouer qu’en 2023 avec le chiffre d’affaires de l’année dernière.

Lourdes pertes aussi chez Lufthansa

La maison-mère, l’allemande Lufthansa, est aussi en mauvaise posture. Le transporteur aérien allemand, qui fait l’objet d’un plan de sauvetage inédit, a fait état mercredi d’une perte nette de 2,1 milliards d'euros (2,25 milliards de francs) au premier trimestre et annoncé une «profonde restructuration» de toutes ses branches.

«La crise du coronavirus a «pesé de manière inédite sur notre résultat» et «la demande ne va reprendre que très lentement, ce que nous devons contrebalancer avec une profonde restructuration» a expliqué le patron, Carsten Spohr, cité dans un communiqué, sans détailler.

Conséquence de cette faible demande, la compagnie prévoit que son offre de vols n'excédera pas 40% en septembre de ce qui était prévu avant la pandémie de coronavirus. Pour traverser la crise, elle a obtenu 9 milliards d'euros d'aides publiques et de crédits garantis en Allemagne, moyennant une entrée au capital de l'Etat et des concessions à la concurrence, exigées par Bruxelles. Le premier transporteur européen était déjà mal en point avant la pandémie: sur les trois premiers mois de 2019, il avait accusé une perte de 342 millions d'euros.

Restructurations

«Lufthansa prévoit de faire baisser les coûts nettement par rapport au niveau d'avant la crise», explique l'entreprise, qui a annoncé début avril réduire sa flotte de 100 avions (sur 763) et fermer sa filiale Germanwings. «Dans les autres branches du groupe, des programmes de restructuration et de baisse des coûts seront également lancés», ajoute Lufthansa, qui dit discuter avec les constructeurs d'avions pour reporter les livraisons. «Sur le moyen terme, nous évaluons la vente de certaines activités qui ne font pas partie de notre coeur de métier», explique-t-il encore.

Alors que le transporteur allemand n'a offert en mai que 3% du nombre habituel de sièges sur ses vols, il a réamorcé la pompe en juin pour atteindre 2.000 liaisons hebdomadaires. D'ici septembre, il veut desservir à nouveau 90% des destinations court-courrier habituelles et 70% en long-courrier. Pour autant, Lufthansa s'attend à garder au sol 300 de ses avions encore en 2021 et 200 en 2022, signe qu'il anticipe une lente reprise de la demande. Au pic de la crise, 700 avions étaient cloués au sol tandis que le nombre de passagers s'est effondré de 98% en avril sur un an.

(ATS/NXP)