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Covid-19Sus au vaccin anglais!

Il n’y a rien de rationnel dans la suspension du vaccin AstraZeneca. L’Europe se plie à l’opinion et la France ou plutôt Emmanuel Macron seul ne prend pas de décisions sensées

Ce billet est signé par un blogueur de la plateforme de Blogs en partenariat avec la Tribune de Genève et n’engage pas la rédaction.

Le vaccin a été suspendu par principe de précaution. Or la vingtaine de cas de trombose sur des millions de  vaccinés ne devrait pas susciter cette suspension.
Le vaccin a été suspendu par principe de précaution. Or la vingtaine de cas de trombose sur des millions de vaccinés ne devrait pas susciter cette suspension.

Depuis quelques jours, nous assistons, médusés, à une incroyable bataille politique autour du vaccin anglo-suédois AstraZeneca. Toutes les autorités médicales répètent qu’il s’agit d’un vaccin sûr, qui permet de lutter efficacement contre le Covid. Et que les dizaines de cas de réactions dramatiques sont statistiquement dérisoires. Mais les gouvernements, paniqués devant leur opinion publique, décident sans concertation de suspendre la vaccination. C’est le triomphe du politique sur le scientifique. Macron, Merkel, Draghi savent mieux que les médecins ce qu’il faut faire pour protéger leurs électeurs.

Comme vous, je n’ai aucune compétence en médecine. Mais, quand l’OMS, l’Agence européenne des médicaments et tous les médecins donnent leur feu vert au vaccin AstraZeneca, je leur fais plus confiance qu’aux hommes politiques, qui ont montré leur incompétence et leur impréparation dans la gestion des masques et des vaccins. Bien sûr, je n’aimerais pas être à leur place quand il faut prendre des mesures impopulaires pour faire face à un virus qui tue des centaines de milliers de malades. Mais, quand même, quelle pagaille quand le premier ministre français déclare que le vaccin est sûr et efficace et que, le lendemain, le président de la République décide souverainement de suspendre la vaccination. Le principe de précautions a bon dos. C’est l’arme fatale des gouvernements, quand ils ne savent plus quoi faire devant la colère de leurs électeurs.

Le problème français

En réalité, alors que les Britanniques ont vacciné 11 millions de personnes, la France n’a péniblement réussi qu’à en vacciner 5 millions. En suspendant la vaccination avec AstraZeneca, tout le monde a compris que la stratégie française courait à l’échec. L’objectif des 10 millions de vaccinés à mi-avril est hors de portée, malgré les envolées lyriques du gouvernement. Les doses vont rester dans les pharmacies, les rendez-vous vont être annulés, les patients vont se ruer sur leur téléphone pour appeler leur médecin. C’est un désastre pour la lutte contre le Covid.

On a vraiment l’impression que les autorités françaises ont la tête dans le guidon et qu’elles sont incapables de prendre des décisions sensées. Au lieu d’organiser des centres de vaccination, la France a décidé que les pharmaciens et les cabinets médicaux vaccineraient. Avant de faire machine arrière quand on a découvert qu’il n’y avait pas assez de vaccins. Le problème français, c’est que tout remonte au président de la République, seule autorité légitime. C’est Macron qui convoque le Conseil de défense, c’est lui qui consulte les autorités médicales et politiques, c’est lui qui décide quand il faut confiner et quel vaccin il faut utiliser. On se demande parfois si le président sait qu’il a un ministre de la Santé, qui est médecin! Les Français sont déjà les champions européens des anti-vaccins, un tiers du personnel médical refuse de se faire vacciner. Alors, il n’est pas difficile d’imaginer que beaucoup de Français vont refuser la seringue. Puisque c’est Macron qui l’a dit!

La bureaucratie de Bruxelles

On pourrait en rire, mais le virus a tué plus de 90 000 malades. Chaque jour, l’équivalent des passagers d’un avion de ligne finit dans un cercueil. Les services d’urgence sont saturés. Et pour les soulager, le gouvernement applique une stratégie absurde et coûteuse: transporter des malades par TGV ou par avion à l’autre bout du pays. Ce que leurs proches refusent évidemment. Mais le président et son gouvernement, droits dans leurs bottes, continuent d’affirmer qu’ils appliquent leur stratégie pour lutter contre le virus. La réalité que tout le monde connaît, mais que personne ne veut avouer, c’est que les fabricants de vaccin sont incapables de livrer les doses commandées et payées. Alors, comme la Commission européenne a été incapable de coordonner intelligemment la commande et la distribution des vaccins, c’est chacun pour soi. Tout le monde cherche désespérément des vaccins. Et c’est là que le premier ministre britannique triomphe. Il a réussi son Brexit, il n’a plus à s’encombrer de la bureaucratie de Bruxelles, la Grande-Bretagne commande directement ses vaccins. Et tant pis si la France proteste quand une usine située en France livre en priorité ses vaccins à Londres. Premier arrivé, premier servi! C’est la loi du business.

Derrière cette méchante querelle du vaccin AstraZeneca, on peut soupçonner une riposte européenne. Puisque votre vaccin développé par l’Université d’Oxford pour AstraZeneca ne peut pas être livré, nous écoutons les craintes de nos opinions publiques, nous invoquons le principe de précaution et nous allons suspendre la vaccination. On est entré dans le royaume du Père Ubu. Comme l’écrit «Le Point», qui cite des membres du gouvernement: «Il n’y a rien de rationnel dans cette décision de suspendre le vaccin. Que les autres fassent pareil n’est pas un argument. Cela prouve juste qu’on a tous collectivement fondu un plomb. Ou, plus exactement, cédé à la pression de l’opinion publique et des réseaux sociaux «Autrefois, gouverner, c’était prévoir. Aujourd’hui, c’est consulter Facebook et WhatsApp. C’est de là que part la contestation qui fait peur aux gouvernants. Personne n’a envie d’avoir dans la rue les gilets jaunes de la vaccination!

2 commentaires
    Delahaie Jean-Pierre

    Article totalement inintéressant. Ce monsieur est libre de penser ce qu'il veut mais il n'y a pas de panacée permettant de gérer cette grave pandémie. Surtout ne l'écoutez pas.