Zurich planche sur une maturité réservée aux forts en maths

EnseignementL’idée est de créer une filière spécialisée pour contrer la pénurie de jeunes scientifiques. Un projet controversé.

Le Département zurichois de la formation veut créer une maturité spécialisée dans les maths et les sciences afin de mieux préparer les élèves à des études scientifiques supérieures.

Le Département zurichois de la formation veut créer une maturité spécialisée dans les maths et les sciences afin de mieux préparer les élèves à des études scientifiques supérieures. Image: Keystone

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Lorsque l’on consulte les rapports faisant état des secteurs les plus frappés par une pénurie de travailleurs suisses, celui des MINT (mathématiques, informatiques, sciences naturelles, ingénierie) pointe immuablement en haut de la liste, juste après le domaine hospitalier.

Alors que les milieux de la formation tentent depuis des années d’attirer davantage d’étudiants dans ces filières, le Département zurichois de la formation a une idée: créer une maturité spécialisée dans les mathématiques et les sciences afin de préparer au mieux les élèves à des études supérieures de type MINT. Il s’agirait d’un cursus d’études secondaires dispensé dans l’un des gymnases du canton. Sachant qu’à Zurich, il est déjà possible pour les élèves les plus doués de passer directement au gymnase dès la sortie de primaire. La proposition a été présentée fin novembre lors de l’assemblée des délégués de la Conférence des enseignants du secondaire de Zurich, révélait récemment la NZZ am Sonntag.

Réticences des enseignants

L’idée est accueillie avec froideur par les enseignants qui craignent que les écarts de niveau entre les étudiants ne se creusent davantage. Ils redoutent également que les hautes écoles n’acceptent plus que les élèves sortant de cette «filière d’élite», alors que celle-ci est uniquement zurichoise. D’autres professeurs déplorent que l’on restreigne le champ des connaissances enseignées dès la sortie de la primaire, rendant les changements de voie difficiles.

En revanche, du côté de l’Académie suisse des sciences techniques (SATW), où l’on s’efforce de trouver des solutions pour attirer une relève scientifique, l’idée zurichoise suscite l’enthousiasme. «Il existe une relation étroite entre le soutien précoce des jeunes avec un talent pour les branches scientifiques et le choix ultérieur des études», souligne Béatrice Miller, secrétaire générale de la SATW et professeure à l’EPFZ.

La SATW souhaiterait que les enfants soient encouragés dès la maternelle et au sein du cercle familial. Béatrice Miller note que ce type de cursus devrait également viser les technologies et l’informatique, des branches elles aussi frappées par la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Cependant, à l’instar des profs zurichois, Béatrice Miller ne voit pas d’un bon œil le fait que ce nouvel enseignement soit dispensé dans une seule école. «Nous souhaiterions que la culture MINT soit renforcée dans toutes les écoles secondaires, explique la professeure. Les branches MINT sont importantes pour tous les élèves. Aujourd’hui, la technologie ne concerne pas uniquement les experts, mais tout le monde.»

Une réelle demande

En Suisse romande, le cours Euler de l’EPFL prend en charge les jeunes surdoués romands des maths. Sa fondatrice et professeure Kathryn Hess Bellwald est persuadée qu’il existe une réelle demande pour le cursus proposé à Zurich. «Lorsque l’EPFL a ouvert le cours Euler en 2008, nous avons reçu près de 200 inscriptions en seulement trois semaines, se souvient-elle. Juste par du bouche à oreille!»

Kathryn Hess Bellwald balaie les inquiétudes concernant une spécialisation trop précoce de ces enfants. «Zurich envisage des cours plus poussés, mais la maturité resterait généraliste, note-t-elle. Surtout, nous avons remarqué que les élèves qui avaient une soif d’apprendre les mathématiques – car c’est vraiment de cela qu’il s’agit – se concentraient souvent mieux sur les autres matières une fois celle-ci étanchée.» Et l’élitisme de la démarche? «Ces accusations m’étonnent toujours: créer des classes spéciales pour les branches littéraires ne pose pas de problème, mais lorsqu’il s’agit des mathématiques, le terme sort immédiatement.» (TDG)

Créé: 11.01.2015, 22h03

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