Un vaste programme pour des pères plus présents à la maison

EgalitéL’association Männer.ch lance un large programme pour une meilleure répartition des tâches. Il reste du boulot.

L’exposition dresse le portraits de 13 papas suisses se consacrant à temps partiel à leurs enfants.

L’exposition dresse le portraits de 13 papas suisses se consacrant à temps partiel à leurs enfants. Image: JOHAN BÄVMAN/MENCARE

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Les photos montrent des bébés joufflus et des pères au regard tendre, accomplissant les tâches du quotidien. L’un donne le bain à son enfant, un autre, bras tatoués et grosse barbe, joue avec trois têtes blondes. Lundi, à Neuchâtel, le vernissage de cette exposition dédiée aux pères accompagnait le lancement en Suisse romande du programme MenCare de l’association faîtière des organisations d’hommes et de pères Männer.ch. Les treize portraits de jeunes papas s’occupant à temps partiel de leurs enfants feront le tour des cantons romands.

Des charges à partager

Gregory Jaquet, conseiller communal à Neuchâtel, fait partie de cette espèce encore rare. «J’ai été deux ans homme au foyer. J’y ai découvert l’enfer, l’absence de reconnaissance, le manque d’intérêt pour certaines tâches, leur aspect répétitif, relate-t-il non sans une pointe d’humour. J’ai tiré de cette expérience la conviction qu’il était nécessaire de partager ces charges.» Père de trois enfants, Gregory Jacquet consacre 40% de son temps au travail non rémunéré, soit les tâches inhérentes à la bonne marche d’un foyer.

Une exception dans le paysage suisse, soulignent les initiants de MenCare: aujourd’hui encore, les mères suisses consacrent en moyenne 20,5 heures par semaine à la garde des enfants, les pères 13. «Je tire de cette répartition des tâches une vie plus riche en amour, mais j’en affronte aussi les difficultés, conclut Gregory Jaquet: le refus systématique de la crèche de m’appeler lorsque les enfants sont malades, une charge fiscale déséquilibrée ou des professeurs qui encouragent mes filles deux fois par jour à devenir coiffeuses. Les stéréotypes ont la vie dure.»

MenCare s’est donné jusqu’en 2027 pour changer les mentalités, en agissant sur plusieurs niveaux, qu’ils soient politique, social, culturel ou économique. «Chaque domaine est fortement imbriqué, une évolution ne peut se faire individuellement», explique Gilles Crettenand, coordinateur suisse romand du programme. L’organisation développera de nombreux projets: études, conférences, promotion du congé paternité, mais aussi cours de préparation à la paternité pour les futurs pères ou encore de sensibilisation des patrons.

Entreprise pionnière

L’économie a effectivement une grande carte à jouer, comme le montre l’exemple de Gerhard Andrey, pionnier parmi les entrepreneurs. Son entreprise de développement Web Liip SA offre à ses employés un congé paternité de quatre semaines rémunéré à 100%, le choix «sans pression» de travailler à temps partiel ou des horaires malléables.

«Je ne suis plus patron, souligne Gerhard Andrey. Nous avons complètement supprimé le système hiérarchique. Résultat, plus de stress ni de pression sur la carrière. Les hommes se sentent libres de se consacrer à leurs familles.» Economiquement, le système semble viable: l’entreprise a doublé son nombre de salariés pendant sa transition.

MenCare tient également à démontrer que la société tirerait de nombreux avantages à favoriser le lien père-enfant. Une meilleure implication des pères permet par exemple aux femmes de se consacrer davantage aux tâches rémunérées. En cas de séparation, le risque de tomber dans la précarité est diminué pour les mères. Directeur de MenCare, Markus Theunert met également en lumière un point moins évident. «Un lien plus fort sert aussi de prévention contre la violence, venant du père comme de l’extérieur. Une présence du père représente un facteur de protection et de détection.»

Chaque photo de l’exposition est accompagnée d’une citation. «Il y en a qui disent des choses magnifiques, par exemple l’importance pour eux de partager l’expérience de la paternité dans son ensemble, tant avec la mère que l’enfant, s’enthousiasme Gilles Crettenand. Cette exposition montre qu’il existe d’autres modèles de fonctionnement, moins rigides que le traditionnel. Chacun présente ses avantages comme ses inconvénients. L’important, c’est d’avoir enfin accès à la liberté de choix.»

Créé: 02.10.2017, 22h04

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