Une vaste coalition roule en faveur du vélo

Votations 23 septembreTous les partis, excepté l'UDC, sont montés au front pour défendre le contre-projet à l'initiative vélo soumis au peuple le 23 septembre.

Décrypte du contre-projet à l'initiative vélo:ce que disent les partisans et les opposants, et ce qui changerait en cas d’acceptation.

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Les Suisses vont devoir se prononcer le 23 septembre prochain sur l'arrêté fédéral sur les voies cyclables et les chemins et sentiers pédestres. Ce contre-projet à l'initiative vélo propose d'inscrire la petite reine dans la Constitution et d'encourager les pistes cyclables au même titre que les chemins pédestres. Jeudi, une vaste alliance interpartis est venu défendre le texte devant la presse à Berne. Des associations environnementales, la Fédération suisse de tourisme, la Ligue suisse contre le cancer de même que des cantons et les villes sont également derrière la révision.

Du PLR aux Verts, en passant par le PS, le PDC ou le PBD, tous les partis, excepté l'UDC, ont vanté les bienfaits de la bicyclette et l'importance d'intégrer le vélo dans la Constitution au même titre que les sentiers pédestres et de randonnée. Avec cet arrêté fédéral, la Confédération pourra soutenir les cantons et les communes dans la planification des réseaux de pistes cyclables. Cela apportera une meilleure qualité des espaces dédiés aux vélos, plus de sécurité, ont plaidé les défenseurs du projet.

«De nombreuses villes, comme Berne, prennent déjà des initiatives en faveur du vélo. Mais la votation permettra de l'établir comme standard national», lance le socialiste Matthias Aebischer, président de Pro Velo Suisse et co-président de l'alliance. «En Suisse, 8% des gens utilisent régulièrement leur bicyclette. Mais au Danemark, c'est trois fois plus, et aux Pays-Bas, ils sont même 36%. Nous devons donc nous améliorer.»

Réduire le CO2

Pour la conseillère nationale genevoise Lisa Mazzone, les transports sont responsables d'un tiers des émissions de CO2 dans notre pays. Or la Suisse s'est fixé pour objectif de diviser par deux ses émissions dans le cadre de l'Accord de Paris. L'arrêté fédéral vélo contribuera à aller dans ce sens, estime-t-elle. «On voit qu'à chaque inauguration de piste cyclable, de nouvelles personnes se mettent à faire du vélo pour se déplacer quotidiennement. En offrant des infrastructures sûres, on développera donc ce mode de transport. »

A côté de la Genevoise, qui est aussi vice-présidente de l'ATE, Thierry Burkart, vice-président du TCS. Rarement, ces deux associations se mobilisent pour le même sujet. C'est le cas avec le vélo. «Le TCS est pour une une compréhension globale de la mobilité. Chacun doit pouvoir choisir le mode de transport qui lui convient», a indiqué le conseiller national PLR. «Il permettra d'améliorer et de mieux séparer les différents flux de circulation. On y gagnera en fluidité du trafic et en sécurité. »

Une meilleure sécurité

La sécurité, c'est cela surtout qui préoccupe la conseillère nationale PBD Rosmarie Quadranti. La bicyclette est le seul mode de transports où le nombre d'accidentés a augmenté depuis l'an 2000, a-t-elle rappelé. «Les pistes cyclables en Suisse sont encore trop dangereuses, souvent pénibles et peu attractives pour se déplacer quotidiennement, y compris pour les loisirs. L'arrêté fédéral permettra d'apporter des améliorations indispensables», estime-t-elle.

Il en va du développement économique, a expliqué le président des Vert'libéraux Jürg Grossen. Les stations de sports d'hiver ayant de moins en moins de neige l'hiver, l'importance des VTT augmente. Ces sportifs aident les remontées mécaniques et les restaurants à tourner. Investir en faveur de la petite reine est plus durable que de subventionner directement le tourisme.

Un demi-million pour la campagne

Selon Mathias Aebischer, le camp du «oui» dispose pour l'instant d'un demi-million de francs pour la campagne. Ce n'est pas énorme, mais les relais des partisans sont si étendus que davantage d'argent ne devrait pas être nécessaire, a-t-il ajouté en annonçant une bataille par contributions sur les réseaux sociaux et affiches. Le slogan: «sécurité et bon sens».

Pour rappel, le contre-projet à l'initiative vélo a obtenu récemment dans un sondage gfs.bern un soutien de 64% contre 26% de rejet (10% d'indécis). Le texte est le mieux accueilli en région alémanique (67%), devant la Suisse romande (64%) et la Suisse méridionale (55%). Le sondage Tamedia était beaucoup plus serré: 48% d'avis favorables contre 44% défavorables et 8% d'indécis.

Créé: 23.08.2018, 11h51

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