L’USAM vise les coûts des retraites

SuisseLa faîtière a créé un site où chacun peut calculer ce que lui coûtera Prévoyance 2020. Une rude attaque contre la réforme.

Capture d'écran: Le site calcule le coût de Prévoyance 2020 en un clic.

Capture d'écran: Le site calcule le coût de Prévoyance 2020 en un clic.

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Que vous coûtera la réforme des retraites? Pour répondre à cette épineuse – et peut-être décisive – question, plus besoin de longs calculs. Sur le site www.calculateur-avs.ch, il vous suffit d’introduire votre salaire annuel brut et votre âge. En un clic, la réponse apparaît. Et elle risque de faire réfléchir plus d’un. C’est en tout cas ce qu’espère l’Union suisse des arts et métiers (USAM). Hostile à Prévoyance 2020, la faîtière des PME a mis en ligne vendredi ce qui pourrait bien être une arme de destruction massive.

Testons l’outil. Vous avez 35 ans, et un revenu annuel brut de 80 000 francs? Vous devrez vous acquitter de 895 francs supplémentaires par an, tandis que votre employeur déboursera, lui, 655 francs. Facture globale: 1550 francs.

Autre situation: vous avez 45 ans, travaillez à temps partiel pour un salaire brut de 35 000 francs? La perte sera d’un peu plus de 1000 francs par an, et à peine moins pour votre employeur.

Un jeune en début de carrière, avec 60 000 francs de revenu annuel verra son revenu annuel soustrait de 400 francs.

Un certain flou artistique

Le calculateur tient compte du relèvement de 0,6% du taux de la TVA, de l’augmentation des cotisations salariales, des cotisations du deuxième pilier et encore des cotisations au fonds de garantie. Reste à savoir si les chiffres obtenus sont crédibles. A Berne, l’Office fédéral des assurances sociales (OFAS) a évidemment examiné le calculateur mis en ligne. Et il pointe du doigt le flou artistique qui entoure certains calculs.

Ainsi, les coûts liés à la TVA laissent entendre que celle-ci va augmenter de 0,6%, alors que dans les faits, elle n’augmentera que de 0,3%, les autres 0,3% étant déjà prélevés aujourd’hui pour assainir l’AI. Autre extrapolation: l’augmentation des cotisations du deuxième pilier. Le calcul porte sur la partie obligatoire de la LPP. Or 70% des assurés le sont à travers des régimes surobligatoires. Impossible pour eux de calculer les effets de Prévoyance 2020. Selon l’OFAS, il est possible que pour de nombreux assurés, il n’y aura pas de prélèvements supplémentaires.

«Chaque situation est particulière. C’est la raison pour laquelle nous avons renoncé à proposer un tel instrument. Ce ne serait pas très correct. De plus, l’USAM ne dit que la moitié de la vérité. Elle ne s’intéresse qu’aux coûts de la réforme, et ne dit rien des prestations. Là non plus, ce n’est pas très correct, réagit Jürg Brechbühl, le directeur de l’OFAS. Et de rappeler que le modèle alternatif, soutenu par l’USAM lors des débats parlementaires, avait lui aussi un coût, et un coût supérieur à celui finalement retenu par la majorité du parlement!

L’USAM persiste et signe

La faîtière des PME ne se laisse pas démonter pour autant. Elle martèle son message politique: la réforme, initialement conçue comme un projet d’assainissement, s’est transformée en projet d’extension des prestations. Elle engendre d’énormes coûts supplémentaires et n’atteint pas son objectif, à savoir garantir l’AVS.

Et de détailler la facture selon les différentes classes d’âge. Pour les jeunes jusqu’à 35 ans, les coûts supplémentaires représenteraient 1,9% du salaire brut. Pour les personnes à faibles revenus, cela pourrait aller jusqu’à 4,6% du salaire brut! Quant aux retraités, ils devraient s’attendre à ce que Prévoyance 2020 grignote 0,36% du revenu. En clair: la réforme ne profiterait à personne. «Même les prétendus bénéficiaires, à savoir les personnes de la génération transitoire à faibles revenus, doivent mettre lourdement la main au porte-monnaie», écrit l’USAM.

Une attaque attendue

Coût de massue sur la réforme? Au Département fédéral de l’intérieur, on reste zen. Pas question de réagir aux attaques et d’entrer dans les polémiques de campagne. Il n’y aura donc pas de déclaration, si ce n’est le rappel du sens de la réforme des retraites, à savoir le maintien du niveau des rentes.

«Si le but de l’USAM était de nous prouver que la réforme des retraites a un coût, elle n’avait pas besoin de dépenser des milliers de francs dans un calculateur! Personne n’a jamais contesté ce point. Il n’y a pas d’autre choix si l’on veut maintenir le niveau des rentes, assainir l’AVS et garantir l’avenir du deuxième pilier», ironise la conseillère nationale Rebecca Ruiz, qui se dit peu étonnée de l’attaque de la faîtière des PME. La socialiste vaudoise reste très réservée sur les effets que pourrait avoir cet outil sur le choix des citoyens. «Si les imprécisions induisent les citoyens en erreur, c’est un problème. Mais je suis persuadée qu’une majorité est toujours attachée à l’AVS et au système des trois piliers qui garantissent nos retraites.» (TDG)

Créé: 07.07.2017, 20h40

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