Une demi-tonne de fondue dévorée à Fribourg

SociétéLes rues piétonnes de la ville ont accueilli jeudi la «fondue du siècle». Reportage.

Plus d’un millier de personnes ont dégusté la «fondue du siècle», gratuitement, à l’occasion du 125e anniversaire de GastroFribourg.

Plus d’un millier de personnes ont dégusté la «fondue du siècle», gratuitement, à l’occasion du 125e anniversaire de GastroFribourg. Image: Keystone

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Ils étaient là les premiers, arrivés à 10 h 20. Quand d’autres campent pour acheter le dernier téléphone portable, eux se sont pressés pour du fromage. Assis au bout d’une longue tablée, munis d’un thermos de thé et de vin blanc, Oriane et Morgan attendent devant des caquelons protégés du vent par des cartons. Mordant le vent. Mais «on ne dit jamais non à une fondue», tranche Morgan. Le jeune homme a trouvé la démarche de l’association GastroFribourg - offrir 2400 fondues pour son 125e anniversaire, dans les rues de Fribourg - absolument «géniale»: «Dès que j’ai entendu cela, je voulais être le premier à table.» Il rit: «Mais une seule amie m’a suivi dans mon délire.»

L’École hôtelière de Genève en «coach» fondue

Or ce jeudi, il faut idéalement être quatre pour une fondue. Oriane et Morgan devront donc partager leur caquelon avec deux inconnus. Cela fait partie du concept de l’événement: les gastronomes sont obligés de faire connaissance. Lionel le voit comme un véritable «avantage». Cet élève de l’École hôtelière de Genève, établissement associé à l’événement, a pris le rôle d’un «coach» fondue. Vêtu d’un long tablier noir élégant, il accueille les convives, leur explique l’organisation: début du service à 11 h 45, partager le caquelon entre quatre, bien chauffer le vin blanc à cause du froid. «Mon défi aujourd’hui est de mettre les gens à l’aise. Davantage que la qualité du service, la convivialité est importante. C’est agréable pour une fois, tout comme le fait d’être plus loin de chez nous aussi.»

Aux yeux de l’étudiant, la fondue du siècle réunit finalement les deux meilleurs aspects de la restauration: «Nous sommes là uniquement par envie de recevoir et les gens uniquement par envie de manger. Il n’y a aucun enjeu financier.»

Des étudiants en nombre

11 h 30. De nombreuses tables sont encore vides, surtout dans la rue de Lausanne, où le froid se fait glacial. Puis peu à peu, les gens affluent et se serrent. Ça parle foot, évidemment, et de l’Ajax d’Amsterdam «qui s’y voyait déjà». Quelques gouttes tombent. Les seuls à bénéficier d’un espace couvert - officiels et sponsors - s’engouffrent sous la tente. Les autres enfilent leurs pèlerines. Le vin rouge remplace le thé. Il faut se réchauffer. «C’est toujours convivial malgré le froid», affirme Nicolas en se frottant les mains. En face, Sunniva abonde: «C’est aussi l’occasion de retrouver des gens qu’on a perdus de vue. Et pourtant, je suis de Fribourg!»

Sur la place George-Python, les tables sont occupées principalement par des étudiants. Ils sont venus en nombre. «Il ne faut pas se le cacher: avoir un repas chaud gratuit, pour un étudiant, ce n’est pas tous les jours», constate Pierre. En face, Catherine est à la manœuvre pour faire fondre la moitié-moitié. Le coach lui lance: «Faut pas touiller tout le temps non plus.» Elle s’exécute et demande: «En fait, on est venu manger, mais c’est pour quoi?»

Faire valoir un métier

«Le but de cette manifestation est de faire valoir notre métier.» Paolo Sciotto, président de GastroGruyères et chef du Manoir, à Voruz, paraît soucieux que tout aille bien. Pour son organisation, il y a un enjeu: la branche, en concurrence toujours plus féroce avec les habitudes de grignotage à midi, veut montrer ses avantages en allant à la rencontre de son public. «On a tous besoin de se voir, de discuter de nos soucis et de nos joies aussi. Nous voulions faire valoir ce côté accueillant de la restauration.»

Une demi-tonne de fromage dévorée plus tard, le cours du temps a rattrapé les convives. Morgan fait le bilan: «On a eu de la peine à démarrer avec le vent. Et à mon goût, la fondue manquait un peu de kirsch. Mais c’était très bien.» Leurs voisins de tablée s’invitent dans la conversation. Ils promettent déjà en riant: «On reviendra.» Peut-être le début d’une nouvelle tradition en terres fribourgeoises?

Une fondue à midi dans les rues de Fribourg, vidéo Keystone - ATS

Créé: 09.05.2019, 15h26

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