Un procureur vaudois veut acquitter cinq gardiens de prison

Tribunal de police de LausanneEric Cottier estime que les agents n'ont pas abusé de leur autorité en ayant recours à la force lors de la fouille d'un détenu en 2009.

Les cinq gardiens de la prison du Bois-Mermet doivent répondre d’abus d’autorité, d’agression et de lésions corporelles simples. Le procès se poursuit mardi.

Les cinq gardiens de la prison du Bois-Mermet doivent répondre d’abus d’autorité, d’agression et de lésions corporelles simples. Le procès se poursuit mardi. Image: PATRICK TONDEUX

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On a entendu la théorie d’un complot du Ministère public de la Confédération. Celle d’un enregistrement de la vidéosurveillance volontairement caché par les gardiens de prison. Et surtout celle d’un passage à tabac d’un détenu par cinq agents de détention le 18 septembre 2009. Une version de la réalité livrée à la Cour du Tribunal de police de Lausanne par la victime, un Zurichois de 54 ans, ex-détenu de la Prison du Bois-Mermet, suspecté à l’époque d’avoir trempé dans une affaire de blanchiment d’argent de criminels bulgares. Une version de la réalité qui n’a pas convaincu le Ministère public. Une fois de plus. C’est que cette procédure dure depuis plus de cinq ans. Par deux fois, le Parquet avait classé l’affaire avant que le Tribunal fédéral impose que la justice lausannoise se prononce.

Au deuxième jour du procès des cinq gardiens de prison du Bois-Mermet accusés d’abus d’autorité, d’agression et de lésions corporelles simples, le procureur général Eric Cottier a requis l’acquittement pur et simple de tous les prévenus. Pas au bénéfice du doute. Mais parce que les gardiens ont, selon lui, «agi conformément à la loi et au principe de proportionnalité».

Oui, les agents de détention ont eu recours à la force, a rappelé le procureur. Ce matin-là, le détenu, connu pour être récalcitrant aux ordres, est transféré dans une cellule d’attente car une enquête disciplinaire a été ouverte contre lui et il doit être entendu par la directrice. Après le passage du portique de sécurité, une alarme retentit. Le détenu affirme avoir un tube de crème dans la poche, mais refuse de le montrer aux gardiens. Alors placé dans la cellule, il aurait été violenté à ses dires.

Les gardiens affirment avoir récupéré le tube sous la contrainte, alors que le détenu se débattait et qu’il tentait de mordre un agent. Le chef des gardiens n’a jamais nié avoir donné un coup de pied dans les parties génitales du détenu. Cela afin de dégager son collègue au sol avec le détenu.

Un constat médical établi l’après-midi même faisait état de lésions et de bleus. «Il s’agit de blessures très légères qui s’expliquent par l’intervention», a relevé le procureur.

La mission de sécurité

Mais, pour l’avocat de l’ex-détenu zurichois, Cédric Aguet, «les gardiens ne peuvent faire usage de la force que s’ils sont en danger ou si une autre personne est en danger». Du côté du Parquet comme de la défense, on rappelle la mission de sécurité de tout agent de détention. «Ils devaient s’assurer que ce tube de pommade n’avait pas été transformé en objet dangereux», avance Eric Cottier.

Le système de vidéosurveil­lance en fonction dans les cellules d’attente aurait pu éclaircir les faits. Or, ce matin-là, il était en panne. Louche? Hier matin, un ingénieur expert en la matière a confirmé qu’il n’existait pas d’images enregistrées entre 8 h 14 et 8 h 33, ce jour-là. Soit pile au moment des faits. Il a précisé que les pannes étaient courantes. La faute à l’alimentation électrique de la prison.

Et si les gardiens avaient simplement débranché la vidéosurveil­lance? Une thèse pas crédible aux yeux du Parquet puisqu’il aurait fallu simuler une microcoupure. Soit enlever et remettre la prise en une fraction de seconde, et savoir encore que cela demanderait une vingtaine de minutes au système pour reprendre l’enregistrement des images. La lecture du jugement aura lieu vendredi.

Créé: 10.03.2015, 14h27

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