L’UDC met sous pression les sénateurs pour imposer des contingents

Immigration européenneLe parti a présenté son concept qui prévoit une vraie préférence indigène à l’embauche. Il a qualifié le PLR et le PDC de «laquais».

Christoph Blocher: «Je redoute que cette colère ne se transforme en révolution populaire avec des gens qui voudraient mettre le feu au Palais fédéral.»

Christoph Blocher: «Je redoute que cette colère ne se transforme en révolution populaire avec des gens qui voudraient mettre le feu au Palais fédéral.» Image: Keystone

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Il y a des seniors qui sucrent les fraises. Ceux de l’UDC, au contraire, les nappent d’acide. Hier à Berne, un trio de sexagénaires et plus (Blocher, Amstutz et Föhn) a pilonné la classe politique et le Conseil fédéral pour leur «mépris des décisions populaires», notamment celle sur l’immigration. Ils ont présenté un concept de gestion autonome de l’immigration européenne avec plafonds, contingents et préférence indigène. Enfin, ils ont mis la pression sur les conseillers aux Etats pour voter conformément à la population de leur canton.

La Constitution a été brisée. Aucune initiative dans l’histoire suisse n’a été autant bafouée

Le chef de groupe Adrian Amstutz ouvre le bal. «La Constitution a été brisée. Aucune initiative dans l’histoire suisse n’a été autant bafouée. Le Conseil fédéral n’arrête pas de s’agenouiller devant Bruxel­les.» Et le pire est à venir. Selon lui, le Conseil des Etats s’apprête à cautionner ce viol de la démocratie directe. Adrian Amstutz pointe notamment le PLR et le PDC, «ces laquais de la gauche», sans oublier les médias qui leur servent la soupe.

L’ex-conseiller fédéral Christoph Blocher prend le crachoir. Il en a assez des manœuvres tortueuses bernoises. «Si l’UE ne veut pas négocier, il faut résilier l’accord sur la libre circulation des personnes (LCP)». Il enrage que le Conseil fédéral affirme devoir concilier initiative contre l’immigration et LCP. Selon lui, le gouvernement se déjuge. «Lors de la votation en 2014, il avait affirmé noir sur blanc que les deux n’étaient pas compatibles. Donc ce débat est tranché.»

Un message «simple»

Que veut l’UDC exactement? «Nous ne sommes pas très innovants, lâche Blocher. Nous voulons simplement réintroduire les contingents annuels pour les ressortissants européens, comme cela se faisait avant les Bilatérales et comme cela se fait toujours pour les Etats tiers.» Pour lui, il y a urgence. «Durant les neuf dernières années, plus de 750'000 étrangers se sont installés en Suisse, soit la population du canton de Vaud.»

Le sénateur schwytzois Peter Föhn prend le relais. Il présente le concept qu’il soumettra à ses collègues du Conseil des Etats. On y retrouve une «vraie» préférence indigène pour les emplois, les plafonds et les contingents ainsi que des restrictions au regroupement familial. Son collègue Thomas Minder (Ind.) y ajoute un article sur les frontaliers: «Les cantons peuvent décider que la proportion de frontaliers ne doit pas dépasser un tiers de l’effectif de l’entreprise.»

«La Constitution stipule que les membres du parlement s’expriment sans instruction»

L’UDC martèle pendant toute la conférence de presse que la majorité des cantons ont accepté une limitation de l’immigration. Ergo, les conseillers d’Etat de ces cantons devraient approuver des deux mains le concept Föhn. Celui-ci affirme sans rire qu’il peut compter sur une solide majorité. Il n’en est rien bien sûr. La conseillère aux Etats Karin Keller-Sutter (PLR), dont le canton de Saint-Gall a approuvé largement l’initiative UDC, adresse à son collègue une fin de non-recevoir polie: «La Constitution stipule que les membres du parlement s’expriment sans instruction. L’expression de la liberté de vote et de l’appréciation politique de chaque membre des Etats est donc protégée par la Constitution suisse.»

Si les Chambres votent une loi d’application édulcorée, Christoph Blocher imagine à terme le pire. Il redoute que la colère populaire ne se traduise par… l’incendie du Palais fédéral. «Je me rappelle qu’en 1992, après le vote sur l’EEE, des gens menaçaient d’y mettre le feu si le Conseil fédéral n’acceptait pas le verdict du peuple.» (TDG)

Créé: 27.10.2016, 21h37

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