TV et radios privées main dans la main avec la SSR

SuisseSur les près de 1,369 milliard de francs prélevés en 2016 par Billag, la SSR a bénéficié de plus de 90 pour cent.

Au total, 63 chaînes publiques et privées sont soutenues par la redevance en Suisse.

Au total, 63 chaînes publiques et privées sont soutenues par la redevance en Suisse. Image: Keystone

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La SSR n'est pas seule à se dire menacée par l'initiative «No Billag». Bien qu'elles dépendent moins de la redevance que leur grande soeur, les télévisions et radios privées craignent pour leur existence même, en cas de oui le 4 mars.

La SSR se taille la part du lion de la redevance. Sur les près de 1,369 milliard de francs prélevés en 2016 par Billag, la SSR a bénéficié de plus de 90%. Les radios et télévisions privées en ont, elles, touché à peine 4,5%, selon les chiffres publiés par l'Office fédéral de la communication (OFCOM). A raison d'un peu plus d'un tiers pour les premières et un peu moins de deux tiers pour les secondes.

Au total, 63 chaînes publiques et privées sont soutenues par la redevance en Suisse. Celle-ci s'adresse à d'autres bénéficiaires, mais dans des proportions moindres. Ainsi Billag elle-même en conserve 4% en guise de rémunération de son travail.

D'un à trois quarts du budget

Très visible, la campagne de la SSR contre l'initiative «No Billag» a déjà montré que la Société suisse de radiodiffusion couvre 77,2% de son budget (chiffres 2015) grâce à la redevance. Cette part baisse entre 25 et 50% pour les radios, respectivement entre 50 et 70% pour les télévisions régionales, a indiqué Philippe Zahno, président de l?Union des Radios Régionales Romandes (RRR) et de la Communauté radiophonique romande (RRR RTS).

Par exemple la télévision valaisanne bilingue Canal 9 bénéficie de près de 4 millions de francs de la redevance, sur un budget de quelque 7,5 millions de francs. Un peu plus d'un demi-million provient du soutien du public et des communes. Le reste de la publicité et du sponsoring.

Désert audiovisuel

C'est déjà bien suffisant pour mettre en danger la survie de ces médias, selon M.Zahno, qui est aussi secrétaire général de l'Association contre la disparition des radios et TV. Ce dernier craint surtout pour les régions périphériques, bilingues et de montagne, menacées de devenir «un véritable désert audiovisuel».

La part de redevance sert en effet à compenser la faiblesse économique des régions concernées, leur éloignement, leur étendue et leur complexité géographique qui impose de nombreux émetteurs. Par exemple à Genève, une radio peut émettre avec une antenne sur le Salève. Or il en faut une cinquantaine pour les radios de l?arc jurassien, illustre M.Zahno.

En cas de oui le 4 mars, toutes les TV régionales disparaîtront, sauf Tele Züri qui fonctionne sans redevance grâce à la puissance économique de la région, déclare Philippe Zahno. En Suisse romande, No Billag menace 19 chaînes (2 TV RTS, 4 radios RTS, 5 TV privées et 8 radios privées). La situation est comparable pour toutes les chaînes au Tessin et dans les Grisons, d'après lui.

Emplois perdus

Le directeur de la RTS Pascal Crittin souligne pour sa part les conséquences sur l'emploi d'une éventuelle suppression de la redevance. Quelque 1900 emplois équivalents plein temps disparaîtraient à la RTS et dans les TV et radios régionales romandes, déclare-t-il dans une interview parue dans divers médias.

Près de 2000 autres emplois en Suisse romande seraient aussi touchés dans la sous-traitance parmi les partenaires ou les fournisseurs de la RTS, ajoute son directeur qui se base sur une étude de Bak Basel selon laquelle un franc de redevance engendre un autre franc de richesse.

«Anti-suisse»

Toutes sortes d'activités sont d'ailleurs touchées par l'initiative. Si elle se surnomme «No Billag», elle ne vise pas que le financement par la redevance, relève Philippe Zahno. Tout financement public sera supprimé, ce qui vaut aussi pour la participation à la formation ou au développement technologique. C'est par exemple le cas actuellement pour 80% du réseau de diffusion numérique.

Et le président de RRR d'affirmer que «No Billag» est une initiative anti-suisse. Ne subsisteraient qu'une TV privée à Zurich et des radios à Genève, Lausanne, Berne, Zurich, Lucerne, Bâle et Saint-Gall. (ats/nxp)

Créé: 10.12.2017, 09h10

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