«Je ferai toujours passer l'Amérique d'abord»

WEF 2018Pendant les quinze minutes qu'a duré son discours, Donald Trump ne s'est pas détaché de ses deux prompteurs, vendredi, à Davos (GR).

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«L'Amérique d'abord n'est pas l'Amérique seule»: Donald Trump a livré vendredi à Davos (GR) un discours destiné à rassurer les partenaires des Etats-Unis. Mais dans le même temps il a prévenu que Washington ne tolérerait plus des pratiques commerciales «inéquitables».

«Je suis là pour représenter les intérêts du peuple américain et pour affirmer l'amitié et la coopération des Etats-Unis pour construire un monde meilleur», a déclaré l'ancien magnat de l'immobilier lors de son discours très attendu au Forum économique mondial (WEF).

«Je ferai toujours passer l'Amérique d'abord, tout comme les dirigeants d'autres pays devraient le faire aussi. Mais l'Amérique d'abord ne signifie pas l'Amérique seule», a-t-il ajouté.

Contre les «comportements prédateurs»

Il a très vite dévié sur le thème des règles commerciales, réclamant un respect plus strict en la matière. Donald Trump a accusé certains pays, qu'il n'a pas nommés, de ne pas jouer le jeu commercial.

«Nous sommes en faveur du libre-échange, mais il doit être juste, et il doit être réciproque», a-t-il dit. Pour ce faire, a-t-il estimé, il faut s'attaquer aux «comportements prédateurs»: les atteintes massives à la propriété intellectuelle, les subventions industrielles et la planification.

«Nous allons faire appliquer notre droit commercial et rétablir l'intégrité en matière de commerce. C'est seulement en insistant sur un commerce équitable et réciproque que nous pourrons créer un système qui fonctionne, non seulement pour les Etats-Unis, mais pour tous les pays», a déclaré Donald Trump.

Mardi, deux jours avant son arrivée à Davos, le président américain a signé un décret instaurant une hausse de 30% des droits de douane sur les panneaux solaires importés aux Etats-Unis.

«L'endroit où faire des affaires»

Comme son homologue français Emmanuel Macron mercredi, le locataire de la Maison Blanche s'est fait le «VRP», soit le représentant de commerce, de son pays. Il a tout fait pour convaincre son auditoire que «l'Amérique est l'endroit où faire des affaires», avec sa croissance robuste et ses marchés boursiers florissants.

«C'est maintenant le meilleur moment pour apporter votre argent, vos emplois, vos affaires à l'Amérique», a-t-il lancé, mettant en avant les baisses d'impôts et la déréglementation mises en oeuvre comme favorables au climat des affaires.

«Après des années de stagnation, les Etats-Unis enregistrent à nouveau une forte croissance économique», a-t-il fait valoir. «Le monde est en train d'assister à la renaissance d'une Amérique forte et prospère.»

Bien qu'ayant affirmé à plusieurs reprises son opposition aux accords commerciaux multilatéraux, Donald Trump a assuré à Davos que les Etats-Unis étaient susceptibles d'envisager que des accords commerciaux bilatéraux très «bénéfiques» pour les deux parties soient étendus à d'autres d'Etats. Cela pourrait inclure des pays qui ont signé l'Accord de partenariat transpacifique (TPP) dont Washington s'est retiré.

Critique de la presse

Pendant les quinze minutes qu'a duré ce discours très consensuel, le milliardaire devenu président ne s'est pas détaché de ses deux prompteurs. Mais c'est sans aucune note qu'il s'est lancé dans une de ses critiques récurrentes de la presse.

Donald Trump a déclenché des huées en déclarant lors d'une courte séance de questions-réponses avec le fondateur du WEF Klaus Schwab: «J'ai toujours eu une très bonne presse quand j'étais homme d'affaires. Ce n'est qu'en devenant un homme politique que j'ai réalisé à quel point la presse peut être méchante» et «fausse».

Dans la matinée, Donald Trump avait balayé d'un «fake news» les informations du New York Times, selon lesquelles il aurait donné l'ordre en juin 2017 de renvoyer le procureur spécial chargé de l'enquête sur l'«affaire russe», Robert Mueller, avant de se raviser.

Un dollar fort

Donald Trump a par ailleurs rassuré les partenaires commerciaux des Etats-Unis en disant son attachement à un «dollar fort», alors que son secrétaire au Trésor avait avivé mercredi les craintes d'une guerre des monnaies.

Arrivé jeudi à la mi-journée en Suisse, Donald Trump est reparti vers les Etats-Unis vendredi après son intervention. (ats/nxp)

Créé: 26.01.2018, 16h22

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