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Trois quarts des nouveaux dentistes sont étrangers

Le nombre de médecins-dentistes étrangers croît sans cesse. La branche demande un contrôle renforcé des diplômes et un effort de formation.

La Société Suisse des médecins-dentistes demandent une meilleure vérification des diplômes étrangers.
La Société Suisse des médecins-dentistes demandent une meilleure vérification des diplômes étrangers.
Keystone

Les dentistes en Suisse tirent la sonnette d'alarme. Le nombre de praticiens ayant accompli leur formation à l'étranger augmente sans cesse depuis une quinzaine d'années suite à l'introduction de la libre-circulation.

Selon la Société Suisse des médecins-dentistes (SSO), l'année 2016 a vu la reconnaissance en Suisse de 347 diplômes obtenus dans un pays de l'UE ou de l'AELE. Pour 124 formations achevées en Suisse, à peine un quart du total, souligne le Tages-Anzeigerdans son édition du 11 juillet.

Depuis 2002, ce sont en moyenne 335 formations étrangères qui ont été reconnues chaque année contre 109 suisses. La SSO rappelle que depuis 1896, la Confédération a délivré en tout 8600 diplômes de médecins-dentistes. Depuis l'introduction de la libre-circulation en 2002, ce sont déjà 4900 diplômes étrangers qui ont été validés en Suisse.

Jamais de contact avec un patient

Un flot qui soulève une salve de critiques. «En Roumanie, les universités délivrent des diplômes de médecins-dentistes sans avoir eu besoin de passer une heure avec des patients», affirme Marco Tackenberg, porte-parole de la SSO. Une étude française a en outre montré que 10% des dentistes de l'UE n'avait jamais eu de contact avec des patients durant leur formation.

Les avis convergent toutefois pour reconnaître que la majeure partie des dentistes étrangers pratiquant en Suisse sont bien formés. La plupart des diplômes validés ont été délivrés en France ou en Allemagne. «Où la formation est comparable à celle en Suisse», reconnaît Marco Tackenberg.

La branche demande des mesures

Pas de quoi apaiser les critiques toutefois. Les patients ne peuvent ainsi pas vérifier la formation qui a donné droit à une autorisation. Certains dentistes viennent en Suisse pour demander des tarifs farfelus ou ne travaillent pas selon les normes d'hygiène en vigueur. Des manques ont été relevés dans la protection contre les rayons X ou l'information.

Maggie Reuter, de l'Organisation suisse des patients (OSP), souligne le risque de dommages importants, voire irréversibles, en cas de mauvais traitements. De tels exemples mettent à mal la réputation de la branche, déplore Marco Tackenberg. La SSO demande donc de durcir la reconnaissance des diplômes étrangers et de vérifier si ces derniers correspondent aux standards helvétiques.

Trop de dentistes dans les villes

Le problème est que la Suisse forme trop peu de médecins-dentistes, poussant la SSO à demander une hausse. «Avec 180 nouveaux par an contre 109 actuellement, ce serait suffisant», estime Marco Tackenberg.

Ce qui pourrait également réduire le fossé ville-campagne puisque les diplômés étrangers venant s'installer en Suisse préfèrent le plus souvent les agglomérations. Provoquant un excédent dans certaines localités, affirme la SSO.

Les prix ne voient cependant presque pas de différences, puisque les coûts comme le loyer, les salaires ou le matériel, sont les mêmes pour tout le monde. C'est surtout la fréquentation et la charge de travail qui baissent en milieux urbains.

Près de la moitié des cabinets dentaires restent vides au moins un jour par semaine, selon un sondage de la SSO. Alors que des régions comme le Jura ou l'Entlebuch ont encore du potentiel pour accueillir des nouveaux médecins-dentistes.

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