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Les traitements pour le coeur ne rendent pas vulnérables au coronavirus

La rumeur selon laquelle les médicaments pour cardiaques sont déconseillés est fausse. Petit tour des dernières fake news.

Les personnes qui prennent des médicaments pour le coeur ne doivent pas arrêter leur traitement.
Les personnes qui prennent des médicaments pour le coeur ne doivent pas arrêter leur traitement.
EPA

Le web fourmille de faux bruits et de conseils dangereux liés à la pandémie. L'un d'eux concerne les médicaments utilisés en cardiologique, qui rendraient plus vulnérables au coronavirus.Reprise dans plusieurs articles parus dans des revues scientifiques à travers le monde, puis diffusée sous forme de tweets, cette fake news induit en erreur les personnes sous traitement. Au Canada, Carolyn Thomas, qui tient un blog pour les femmes cardiaques a par exemple été «submergée de mails de la part de dizaine de lectrices qui ne savent pas si elles doivent poursuivre leur médication ou non». Selon Georges Dupuis, ancien médecin cantonal valaisan, «rien ne démontre dans la littérature sérieuse, sur la base d'études validées et contrôlées, que des médicaments pour le coeur augmenteraient le risque d'être contaminé». Il déconseille fortement d'interrompre son traitement, ce qui pour le coup serait réellement dangereux. «Il n'y a aucune raison que des traitements contre l'hypertension par exemple favorisent une infection au coronavirus ».

Chloroquine: attention!

C'est un nom qui a fait le tour de la planète, mais on le trouve parfois aussi ailleurs que sur une boîte de médicaments. Un Texan est ainsi mort en début de semaine pour avoir avalé, ainsi que sa femme qui s'en est tirée de justesse, une cuiller à café d'un produit pour aquarium. Cette dernière a expliqué en avoir eu l'idée après que le président Trump a qualifié ce produit de «don du ciel», rapporte le New York Times. Le journal précise qu'il s'agissait d'un «additif pour lutter contre une maladie commune des poissons, l’Ichthyophthirius multifiliis, qui leur donne des petits points blancs. Or s'il s'agit bien du même principe actif que l'hydroxychloroquine, les doses ne sont pas les mêmes».

Tests en cours

S'il s'agit en l'occurrence d'un comportement qui défie l'entendement, il n'en demeure pas moins qu'il est impératif de ne pas jouer avec cette substance, commercialisée sous le nom de Nivaquine, avertit Georges Dupuis: «Les personnes qui l'ingèrent dans le cadre d'un traitement contre le paludisme ne doivent en aucun cas augmenter les doses en espérant ainsi faire coup double et se protéger du même coup contre le coronavirus. toute automédication, seul, à domicile, avec de l'hydroxychloriquine, doit être évitée». Ce d'autant plus que rien ne prouve à l'heure actuelle que ce médicament ait une quelconque efficacité contre le coronavirus. Les tests menés par l'infectiologue marseillais Didier Raoult ont du reste été contestés par la communauté médicale et font l'objet de recherches plus poussées. «Ses résultats sont contrôlés par des études menées sur des groupes témoin beaucoup plus grand, et nous aurons peut-être des réponses plus précises dans deux ou trois semaines».

Cocaïne, UV, méthanol...

Au début de la pandémie, la rumeur selon laquelle manger de l'ail immuniserait l'organisme a vite été démentie. Pure fadaise évidemment. Mais elle a fait place à d'autres croyances tout aussi loufoque, mais dangereuses malgré tout. Ainsi, le ministère français de la santé a dû expliquer clairement que la cocaïne ne protégeait en rien contre l'infection, pas plus que la cigarette d'ailleurs. Ni les cendres volcaniques. Ni l'exposition aux UV, pas plus que l'application d'alcool ou de chlore sur le corps. Ni le méthanol: rappelons que 210 Iraniens sont morts d'en avoir bu.

Argent colloïdal

Quant à l'argent colloïdal, présenté dans certaines échoppes comme un antibiotique naturel, il est totalement inopérant. Pire, avertissent les Instituts nationaux de santé américains: il peut entraîner une décoloration de la peau, qui devient grisâtre, et causerait une mauvaise assimilation par le corps de certains médicaments, notamment les vrais antibiotiques. Et puisque l'on parle d'antibiotiques, rappelons que ceux-ci n'agissent pas contre les virus, mais contre les bactéries, et sont donc hors sujet dans la pandémie qui sévit actuellement. Le site de l'OMS (www.who/coronavirus), au chapitre «Idées reçues», recense encore d'autres fausses croyances.

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