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Primes maladieLe traitement ambulatoire plus cher au final?

Les cantons poussent aux traitements ambulatoires pour réaliser des économies. Cela engendrerait des surcoûts pour les assurés, critique la faîtière des caisses Curafutura.

Etre soigné à l'hôpital ou en ambulatoire? Telle est la question.
Etre soigné à l'hôpital ou en ambulatoire? Telle est la question.
Keystone

Comme chaque année, le ministre de la santé Alain Berset va annoncer fin septembre les traditionnelles hausses des primes maladie. Des hausses qui pourraient être de 4 à 5% pour 2018, selon les estimations de la faîtière principale des caisses Santésuisse, et qui sont en bonne partie le résultat des coûts croissants dans le domaine ambulatoire.

Pourtant les cantons veulent privilégier ces soins plutôt qu'un séjour à l'hôpital. Ainsi Zurich et Lucerne ont dressé une liste d'opérations que les hôpitaux ne doivent pratiquer désormais plus qu'en ambulatoire. A l'image du traitement des calculs rénaux, l'opération des varices ou encore la pose d'un stimulateur cardiaque, explique lundi le Blick. Zurich espère ainsi économiser 9,4 millions de francs par an, et Lucerne 3 millions.

Curufutura conteste

Hic: du côté de l'autre faitière des caisses, Curafutura (qui regroupe CSS, Helsana, Sanitas et KPT), on ne sait pas comment ces deux cantons sont arrivés à ces chiffres. Car les responsables ont fait eux aussi leurs calculs. Et le potentiel d'économies s'avère nettement moins important que ce qu'affirment les cantons, selon eux.

Dans deux cas, le traitement en ambulatoire est même plus cher que le traitement hospitalier, soulignent-ils. Ainsi la pose d'un cathéter à Lucerne coûte plus de 11'000 francs en ambulatoire, contre 7800 francs avec un séjour d'une nuit à l'hôpital. A Zurich, des tests de diagnostic cardiaque coûtent 6243 francs en ambulatoire contre 4300 francs à l'hôpital. En cause: les différences de tarifs: à l'hôpital, on applique depuis 2012 un forfait par traitement. En ambulatoire, ce sont les tarifs Tarmed qui sont en vigueur.

Dans tous les autres cas, les opérations qui devront désormais être effectuées en ambulatoire sont meilleur marché. Mais meilleur marché pour les cantons, souligne Curafutura. Car en cas de séjour à l'hôpital, les coûts sont pris en charge à 55% par les cantons. Mais en cas de traitement ambulatoire, ce sont les caisses - donc les assurés au final - qui paient l'entier de la facture, rappelle la faîtière.

45 millions de plus pour les assurés?

«Les déclarations des cantons qui disent que les contribuables et les assurés paieront moins avec le développement de l'ambulatoire ne sont donc pas tenables», estime la faîtière. Qui a fait ses calculs: si tous les cantons dressent les mêmes listes que Zurich et Lucerne d'opérations et de traitements à effectuer en ambulatoire, les cantons vont certes réaliser des économies, mais au final, les assurés auront 45 millions de francs de plus à payer chaque année, a-t-elle estimé.

Ce scénario est très probable, selon le Blick. D'autres cantons travaillent sur le sujet et la Confédération envisage même une liste à l'échelle nationale. «Nous ne nous sommes pas fermés à ces traitements ambulatoires», explique le directeur de Curafutura Pius Zängerle. «Mais, en ne participant pas à ces coûts, les cantons réalisent des économies sur le dos des assurés», critique-t-il.

Les cantons contestent

Évidemment, du côté des cantons, on conteste les chiffres de Curafutura. «Je ne sais pas comment ils arrivent à un surcoût de 45 millions de francs», critique le chef de la Santé lucernoise, Guido Graf. «Selon nos calculs, les caisses vont au contraire économiser 500'000 francs par année», estime-t-il. Il admet toutefois que certaines opérations ambulatoires vont coûter plus cher pour les assurés au final. Mais dans l'ensemble, il estime que les coûts seront à la baisse.

Idem à Zurich. «Curafutura ne dispose pas de toutes les données pertinentes pour faire ses calculs. Seuls les cantons les ont», explique une porte-parole. «Nos calculs montrent que le traitement ambulatoire est bien moins cher et les assurés ne doivent pas le considérer comme une surcharge financière. »

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