Une tortue hargneuse de 10 kg trouvée à Lausanne

LausanneLa bestiole, qui pourrait avoir une trentaine d’années, est particulièrement dangereuse. Elle aurait peut-être déjà pondu ses œufs par dizaines dans le parc Bourget.

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La découverte date de deux semaines, mais, à ce jour, aucun propriétaire n’est venu la réclamer. Normal. Ce sur quoi sont tombés des employés de la Ville occupés à entretenir les parcs du côté du Bourget, le 4 mai dernier, fait plutôt froid dans le dos: une tortue hargneuse, cousine de l’affreuse tortue alligator réputée pour sa férocité. «Nos hommes l’ont trouvée à une dizaine de mètres de l’étang, dans une haie qu’ils étaient en train de débroussailler», raconte Etienne Balestra, chef de la division de gestion des sols et des végétaux au Service des parcs et domaines.

Un beau spécimen de Chelydra serpentina d’une dizaine de kilos, âgée de 30 à 40 ans, qui a été recueillie au Centre de récupération des tortues, à Chavornay.

Aussitôt l’animal repéré, les employés de la Ville ont appelé au secours les responsables du Vivarium de Lausanne, qui n’ont pu se rendre sur place. «Ils ont dû la récupérer eux-mêmes après s’être renseignés sur Internet et avoir suivi les conseils du patron du Centre de récupération des tortues», poursuit Etienne Balestra. Le risque de se faire mordre était réel, cette tortue pouvant soudainement déployer son cou de 20 centimètres supplémentaires et se retourner aussi vite que l’éclair. Elle a ensuite été mise dans une caisse grillagée, histoire de prévenir sa fuite, et stockée dans un local du Service des parcs et domaines plusieurs jours, le temps qu’elle soit prise en charge dans le Nord vaudois. Tour à tour, les employés lui donnaient à boire.

Agressive hors de l’eau

«N’importe qui aurait pu tomber dessus. Quand une tortue hargneuse est dans l’eau, elle est dans son élément. Elle ne va pas vous courir après et vous attaquer. Mais hors de l’eau, elle est plus craintive et donc plus agressive. C’est du costaud!» explique Jean-Marc Ducotterd, responsable du Centre de Chavornay. Mais que faisait donc cette femelle imposante hors de l’étang du parc Bourget? L’hypothèse de Jean-Marc Ducotterd n’est guère avenante: elle y serait venue… pour pondre. «A Chavornay, nous l’avons mise dans une caisse car elle a besoin de soins. Elle est blessée à un œil. Je l’ai manipulée avec précaution, mais je n’ai pas senti si elle est encore pleine ou pas. Cette espèce peut pondre jusqu’à 50 œufs par ponte, des œufs pas plus gros que des balles de ping-pong.»

Une même tortue avait déjà été trouvée au parc Bourget il y a dix ans. La tortue hargneuse peut vivre une centaine d’années. Il y a quatre ans à Renens, trois tortues hargneuses de quelques kilos seulement avaient été trouvées dans un étang au centre d’un quartier d’habitation. Les autorités avaient alors décidé de le vider pour être certaines que le bassin n’en abritait plus.

L’étang du Bourget va-t-il subir le même traitement préventif? Etienne Ballestraz: «Pour l’heure, consigne a été donnée aux employés de la Ville d’observer l’étang et ses alentours. Ils ne passent pas la journée au bord de l’eau, mais y jettent régulièrement un œil. Vider l’étang? Ce serait terrible en cette période de l’année pour toute la faune qui l’habite, mais c’est une question de sécurité publique. Nous avons mis un spécialiste sur l’affaire. Nous aviserons prochainement de la mesure à prendre.» (TDG)

Créé: 18.05.2015, 18h10

Dangereuses et voraces

Originaire d’Amérique du Nord, la Chelydra serpentina vit d’ordinaire dans les marécages des Everglades, en Floride. Elle mange tout ce qui passe à sa portée, des poissons comme
des petits mammifères. Elle peut ainsi littéralement gober un rat de 200 grammes en entier et vider tout un étang de sa faune. «Elle peut aussi très bien s’attaquer à des canards, qu’elle saisit dans sa gueule et qu’elle va noyer au fond de l’eau», détaille Jean-Marc Ducotterd. Les tortues hargneuses sont en vente libre en Suisse, mais leur détention est liée à l’obtention d’un permis. Sur Internet,loin de toute réglementation, on en trouve dès 50 francs.

«Au début, elles sont toutes mignonnes. Elles ne sont pas plus grosses qu’une pièce de 2 francs, mais je ne recommande vraiment pas d’en acheter. En grandissant, elles deviennent très dangereuses», insiste Jean-Marc Ducotterd. La tentation de s’en débarrasser dans la nature est alors grande.

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