Près d'un tiers des implants mammaires posent problème

SantéAux États-Unis, les autorités médicales ont mis en garde contre les risques liés à la mammoplastie. Une Suissesse témoigne.

Dans 59% des cas analysés, selon la Federal Drug Administration, la patiente doit subir une deuxième intervention chirurgicale.

Dans 59% des cas analysés, selon la Federal Drug Administration, la patiente doit subir une deuxième intervention chirurgicale. Image: Getty Images

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Des milliers de femmes se font poser un implant mammaire chaque année en Suisse. Les plus jeunes d'entre elles sont âgées de moins de 20 ans. Beaucoup ne se rendent pas compte des risques qu'elles prennent.

Aux États-Unis, le débat fait rage. Un implant du fabricant Allergan est soupçonné de provoquer une forme rare de cancer (ALCL). Des patientes ont déjà engagé une action collective en justice. La Suisse compte aussi quatre cas. L'Europe, environ 300. Sur les réseaux sociaux, de plus en plus de femmes se plaignent des dangers de ces prothèses et du manque d'informations données par les fabricants.

La Federal Drug Administration (FDA), l'autorité américaine de surveillance des produits thérapeutiques, a réagi au sujet de ces implants. Elle a entendu des experts et des plaignantes. Puis, il y a deux semaines, l'agence fédérale a informé le public. Le message concerne d'une part les fabricants, qui doivent désormais améliorer leur communication: l'indication des risques doit être plus complète sur la notice d'emballage. D'autre part, patients et professionnels disposent d'une check-list sur les risques des implants mammaires, consultable avant chaque opération.

La FDA a établi cette liste des risques. Sur la base des études que doivent réaliser les fabricants, elle a individualisé les problèmes les plus importants et les plus fréquents. Une patiente sur deux éprouve des douleurs après l'intervention. Selon les implants, un tiers se déchire ou se perce. Dans 59% des cas analysés, la patiente doit subir une deuxième intervention chirurgicale.

Nous avons montré ces chiffres à Cédric George, chirurgien esthétique et responsable de la clinique Pyramide am See, à Zurich. Selon lui, ces données sont correctes. Ils comprennent tous les implants, y compris les plus anciens. Les nouveaux présentent aussi des problèmes, mais dans 20 à 30% des cas. Cela signifie qu'une patiente sur cinq doit repasser en salle d'opération.

Malgré cette réalité des chiffres, des fabricants et certains chirurgiens esthétiques promettent toujours une garantie à vie sur certains implants. Les implants sont fiables, mais le corps de la patiente évolue avec le temps, explique Cédric George. Ce vieillissement peut provoquer le besoin d'une nouvelle intervention. «Si vous ne voulez avoir aucun problème avec un implant, il ne faut pas en avoir du tout», ajoute-t-il. Ces deux dernières années, Swissmedic, l'autorité médicale suisse, a reçu 126 rapports faisant état de problèmes graves liés à des implants mammaires.

Problèmes de mémoire

Nathalie D. confirme. Si elle avait eu conscience des risques, elle n'aurait jamais accepté une mammoplastie. Cette mère de famille à Lausanne a 48 ans. Il y a seize ans, elle a subi une opération pour augmenter le volume de sa poitrine. «Le chirurgien m'a dit que l'implant était nouveau sur le marché et qu'il durerait toute la vie.» Le résultat est satisfaisant, bien que sa nouvelle poitrine lui semble parfois artificielle. «Dans mes vêtements, la forme était magnifique.»

Les premières complications apparaissent dix ans après l'opération. Nathalie D. tombe malade. «Les symptômes n'étaient pas spécifiques. Je n'ai pas fait tout de suite le lien avec mes implants», raconte-t-elle. Elle éprouve des douleurs aux articulations, aux muscles, au cou et à la tête. Elle a aussi des nausées. Sa mémoire lui fait défaut. «Je n'arrivais pas à trouver mes mots et j'avais du mal à me concentrer à mon travail.»

Les Implants Files vont tout changer. Il y a un an, les médias du monde entier, dont la cellule d'enquête de Tamedia, dévoilent des erreurs médicales insoupçonnées. Le dossier des implants mammaires défectueux est volumineux.


Lire aussi: Dossier : Implant Files


Des victimes s'organisent alors sur les réseaux sociaux. Aux États-Unis, un groupe Facebook rassemble 100 000 personnes. En Europe, le groupe RisikenvonBrustimplantaten est créé par l'Allemande Mélanie Fröhlich.

Nathalie D. prend conscience, grâce aux Implant Files, que ses maux chroniques sont liés à ses implants. «Quand j'ai lu les témoignages de ces femmes sur les réseaux sociaux, j'ai compris que j'avais les mêmes symptômes.» Elle prend alors la décision de retirer sa prothèse. Depuis, beaucoup de douleurs ont disparu.

La Lausannoise est ravie des mesures prises par la FDA. Aujourd'hui, elle subit les conséquences de ce manque d'information et de prévention. «Mes seins ne sont plus très beaux. Ils sont petits, présentent des cicatrices. Mon sein gauche est déformé.» Elle sera opérée encore une fois dans trois semaines. Mais elle ne regrette pas son choix de faire retirer ses implants. «Je me sens beaucoup mieux depuis.»

Un choix personnel

Il y a encore beaucoup à faire en Suisse pour responsabiliser les professionnels et les patients de la chirurgie esthétique. Nous avons trouvé une clinique privée qui offre des rabais aux patientes qui accumulent les opérations de chirurgie esthétique le même jour. Cet établissement du canton de Lucerne offre une réduction de 2000 francs.

Ce rabais ne pose aucun problème aux autorités lucernoises. Le Service cantonal de la santé et du sport explique que la chirurgie esthétique est une question de choix personnel. Il n'y a rien de médicalement obligatoire. Dans ce cas, le patient est considéré comme responsable et doit s'informer sur les risques potentiels d'une intervention de chirurgie esthétique. Ce n'est pas à l'État d'assumer ce devoir de prévention.

Cédric George est plus nuancé. Selon le chirurgien zurichois, il faut prendre très au sérieux ces risques et en débattre en public. Mais il ne faut rien diaboliser. «Les implants mammaires rendent beaucoup de gens heureux, parce qu'ils se sentent mieux dans leur corps.» De plus, les liens entre un implant et le cancer ne sont pas évidents. «Il est extrêmement difficile de prouver le lien de causalité», conclut-il.

Malgré cela, les fabricants et certains chirurgiens esthétiques promettent une garantie à vie sur certains implants. Mais le corps de la patiente évolue avec le temps, précise Cédric Georges, ce qui peut provoquer le besoin d'une nouvelle intervention. "Si vous ne voulez avoir aucun problème avec un implant, il ne faut pas en avoir", ajoute-t-il. Ces deux dernières années, Swissmedic, l'autorité médicale suisse, a reçu 126 rapports faisant état de problèmes graves liés aux implants mammaires.

Nathalie D. confirme. Si elle avait eu conscience des risques, elle n'aurait jamais accepter une mammoplastie. Cette mère de famille à Lausanne a 48 ans. Il y a 16 ans, elle accepte l'opération pour augmenter le volume de sa poitrine. «Le chirurgien m'a dit que l'implant était nouveau sur le marché et qu'il durerait toute une vie". Le résultat est satisfaisant. Sa nouvelle poitrine lui semble parfois artificiel. "Mais dans mes vêtements, la forme était magnifique».

Dix ans après l'opération, elle connaît les premières complications. Elle tombe malade. «Les symptômes n'étaient pas spécifiques. Je n'ai pas fait tout de suite le lien avec les implants", raconte-t-elle. Les symptômes sont des douleurs aux articulations, aux muscles, au cou et à la tête. Elle a aussi des nausées. Ses yeux l'irritent et sa mémoire lui fait défaut. «Je n'arrivais pas à trouver les mots et j'avais du mal à me concentrer sur mon travail.»

Les Implants files vont tout changer. Il y a un an, les médias du monde entier, dont la cellule enquête de Tamedia, dévoile des erreurs médicales. Le dossier des implants mammaires défectueux est volumineux. Des femmes concernées s'organisent sur les réseaux sociaux. Aux Etats-Unis, un groupe Facebook rassemble 100 000 victimes. En Europe, le groupe "Risks of Breast implants" est créé par l'Allemande Mélanie Fröhlich.

Nathalie D. prend conscience, grâce aux implant files que ses maux chroniques sont liés à son implant. Elle s'en doutait, mais refusait de se l'avouer. «Quand j'ai lu les témoignages de ces femmes sur les réseaux sociaux, j'ai compris que j'avais les mêmes symptômes." Elle prend alors la décision de retirer sa prothèse. Depuis, certaines douleurs, pas toutes, ont disparu.

Melanie Fröhlich et Nathalie D. approuvent les nouvelles mesures prises par la FDA.

Les deux femmes sont ravies de la mesure prise par la Food and Drug Administration américaine. «L'avertissement et la liste de contrôle sont un pas de géant», dit Fröhlich, «c'est principalement grâce aux femmes qui y travaillent dans leur temps libre depuis des années».

Des milliers de femmes se font poser un implant mammaire chaque année en Suisse. Les plus jeunes d'entre elles sont âgées de moins de 20 ans.Beaucoup ne se rendent pas compte des risques qu'elle prennent.

Aux Etats-Unis, le débat fait rage. Un implant du fabricant Allergan est soupçonné de provoquer une forme rare de cancer (ALCL). Des patientes ont déjà engagé une acion collective en justice. La Suisse compte aussi quatre cas. L'Europe, environ 300. Sur les réseaux sociaux, de plus en plus de femmes se plaignent des dangers de ces prothèses et du manque d'informations donnés par les fabricants.

Aux Etats-Unis, la Federal drug administration (FDA), l'autorité de surveillance des produits thérapeuthiques, a réagit. Elle a entendu des experts et des plaignantes. Puis, il y a deux semaines, l'agence fédérale a contacté les fabricants. Ils doivent désormais améliorer leur communication. L'indication des risques doit être plus complète sur la notice d'emballage. Et les patientes doivent être mieux informées avant l'opération.

La FDA a établi la liste des risques les plus importants sur la base des études que doivent réaliser les fabricants. Une patiente sur deux éprouve de douleurs après l'opération. Selon les implants, un tiers des implants se déchire ou fuie. Dans 59% des cas, la patiente doit subir une deuxième intervention chirurgicale.

Nous avons montré ces chiffres à Cédric George, chirurgien esthétique et responsable de la clinique «Pyramide am See» à Zurich. Selon lui, ces chiffres sont élevés. Il relève qu'il n'y a pas que des vieux implants qui sont concernés. Les modèles plus récents présentent aussi des problèmes dans 20 30 pour-cent des cas: cela signifie qu'une patiente sur cinq doit repasser en salle d'opération.

Malgré cela, les fabricants et certains chirurgiens esthétiques promettent une garantie à vie sur certains implants. Mais le corps de la patiente évolue avec le temps, précise Cédric Georges, ce qui peut provoquer le besoin d'une nouvelle intervention. "Si vous ne voulez avoir aucun problème avec un implant, il ne faut pas en avoir", ajoute-t-il. Ces deux dernières années, Swissmedic, l'autorité médicale suisse, a reçu 126 rapports faisant état de problèmes graves liés aux implants mammaires.

Créé: 09.11.2019, 11h00

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Hong Kong: un pays, deux systèmes
Plus...