Des tests de drones sur le Golan passent mal à Berne

Neutralité suisseDes collaborateurs d'Armasuisse ont assisté à des essais de drones sur le plateau du Golan, occupé par Israël. Réactions courroucées de politiciens.

Des drones israéliens Hermes 900 HFE de l’entrepris Elbit Systems remplaceront bientôt le système de drones de reconnaissance 95 aujourd'hui dépassé

Des drones israéliens Hermes 900 HFE de l’entrepris Elbit Systems remplaceront bientôt le système de drones de reconnaissance 95 aujourd'hui dépassé Image: Keystone

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La présence d'employés d'Armasuisse sur le plateau du Golan suscite l'incompréhension, alors que l'annexion de ce territoire syrien occupé et annexé par Israël n'est pas reconnu par la diplomatie suisse. Les représentants officiels de la Confédération n'ont normalement pas le droit de visiter ces zones pour des activités liées à l'Etat israélien ou des entreprises israéliennes.

Les spécialistes se sont rendus à trois reprises en 2012, 2013 et 2015 sur le plateau du Golan à l'aérodrome de Pik, situé à l'est du lac de Tibériade, pour des essais de drones, a découvert le Tages-Anzeiger.

Craintes pour l'image de la Suisse

Ce faux-pas diplomatique, découvert en août lors d'un contrôle interne du Département de la défense (DDPS), suscite de nombreuses réactions courroucées parmi les politiciens. Ces derniers redoutent des répercussions sur la diplomatie helvétique au Proche-Orient et sa crédibilité comme État neutre.

La Suisse a participé à une action qui pourrait être interprétée comme une violation du droit international, craint Tim Guldimann, ex-ambassadeur et conseiller national socialiste. «Cela nuit à la crédibilité de la Suisse aux yeux des gouvernements de la région qui sont en conflit avec Israël.»

Le conseiller national Claude Béglé (PDC/VD) ne comprend pas pourquoi les officiels d'Armasuisse n'ont pas été informés par le Département des Affaires étrangères (DFAE) avant leur visites.

Pour le conseiller national Rino Büchel (UDC/SG), cette affaire est «embarrassante» et il demande à ce qu'elle ne se répète pas. Le conseiller national Carlo Sommaruga (PS/GE) estime que «beaucoup de questions restent en suspens et que le conseiller fédéral Parmelin doit y répondre».

Incompréhension entre le DDPS et le DFAE Le DDPS attribue dans un communiqué ces incidents à des «dysfonctionnements dans la communication». Ceux qui étaient au courant des activités d'Armasuisse ne savaient pas que des représentants officiels suisses ne pouvaient pas se rendre dans cette zone. Et ceux qui connaissaient ces restrictions diplomatiques n'avaient pas été informés des essais de drones. Bref, le DDPS ne s'est pas renseigné auprès du DFAE, qui ignorait tout des tests en cours.

Ceux-ci s'inscrivaient dans le cadre du programme d'armement 2015, qui prévoit l'acquisition de six drones d'exploration non armés, du type Hermes 900, auprès de la société israélienne Elbit Systems. Ces derniers sont encore en phase de test et trois délégations suisses se sont rendues à Pik, où les tests avaient lieu. (nxp)

Créé: 02.11.2017, 11h03

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