Un Tessinois est accusé d’avoir participé à une vente illégale d’armes de guerre

Trafic de missilesA. M. œuvrait pour le secteur civil de RUAG. Son profil ne ressemble pas à celui d’un terroriste.

j'ai oublié la légende et les crédits photo: Le 15 juillet dernier, les forces spéciales de la police antiterroriste italienne saisissaient tout un arsenal de guerre dans un local à Turin.

j'ai oublié la légende et les crédits photo: Le 15 juillet dernier, les forces spéciales de la police antiterroriste italienne saisissaient tout un arsenal de guerre dans un local à Turin. Image: EPA/TINO ROMANO

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Le Tessinois A. M. est accusé d’avoir participé à un trafic d’armes de guerre dans le nord de l’Italie. Selon les autorités, il faisait partie d’un groupe de terroristes d’extrême droite qui possédait un arsenal d’armes de guerre lourdes et légères. Les photos du séquestre d’un missile air-air Matra Super 530, qui appartenait au Qatar, ont fait le tour du monde.

Qui est le suspect tessinois, domicilié à Bissone en Suisse? «Die Wochenzeitung» révélait hier qu’il a travaillé pour RUAG de 2010 à 2013. Cette société de la Confédération est spécialisée dans le domaine de l’aérospatial et de la défense. Nous pouvons préciser qu’il travaillait dans la division aviation civile, et non militaire, de cette entreprise. L’employé (42 ans) avait ses bureaux au Tessin. Selon son profil LinkedIn, il s’occupait des ventes.

A. M. est aussi un homme d’affaires. Le Registre du commerce tessinois lui attribue deux entreprises spécialisées dans le secteur «aérien mécanique»: dans la «revente, location, gestion, manutention» de «biens et services» liés aux «avions, planeurs et autres véhicules à moteur». Le Tessinois possède Swiss Global Aerospace SA qui a été créée en 1987 et réside à Melide. Swiss General Aviation SA, elle, est basée à Maggia. Créée en 2012, elle est aujourd’hui en liquidation.

La police italienne a arrêté A. M., lundi dernier, avec deux autres individus de nationalité italienne, F. B. (51 ans) et F. d. B. (60 ans). Selon les autorités, les trois suspects sont liés à un réseau paramilitaire d’extrême droite, dont certains membres ont combattu dans le Donbass, en Ukraine. Les armes de guerre clandestines ont été saisies dans un hangar à Rivanazzano (I), qui appartient justement à A. M., via une de ses sociétés.

Il y a pire encore. Le Tessinois et son groupe ont-ils voulu s’en prendre au ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini? C’est ce que prétend ce dernier sur les réseaux sociaux. Dans un tweet qu’il a publié juste après l’annonce de l’arrestation, il remercie les forces de l’ordre d’avoir déjoué un attentat contre lui mené par des ultranationalistes ukrainiens. Cette allégation a été démentie dans les médias par le Parquet de Turin qui est en charge du dossier. Pourtant, le tweet accusateur était toujours en ligne hier en fin de journée.

L’Helvète A. M. n’a pas le profil du terroriste d’extrême droite. Varesenews.it a retrouvé son compte Facebook qui est toujours ouvert au public. L’homme y publie les messages d’un internaute ordinaire, souvent liés à l’aéronautique. Rien n’indique qu’il est lié à une mouvance radicale. Dans un message, il affiche tout de même son soutien au ministre Matteo Salvini…

Le principal suspect est F. d. B., un ancien candidat du parti d’extrême droite italienne Forza Nuova. Selon la police, c’est lui qui a mis l’arme de guerre en vente. Son avocat tente déjà de relativiser ces indices: «On a simplement demandé à mon client d’estimer le missile. Il n’avait pas d’ogive, pas de système radar et pas de propulsion et ne pouvait être lancé qu’à partir d’un avion, même en état de marche.»

Cet avis technique est partagé par un amateur romand de technologie aéronautique de seconde main. Selon lui, le missile Matra séquestré en Italie est un exemplaire d’exercice, inoffensif. L’engin est vide: il n’a pas d’explosif, pas de moteur, pas de tête chercheuse. Il appartenait au Qatar qui l’a revendu à un ferrailleur en Espagne. Cet amateur romand dit avoir acheté plusieurs exemplaires du même lot qu’il a ensuite importé en Suisse. En toute légalité. «J’ai exactement le même modèle de missile Matra chez moi, à la maison. Il est accroché dans mon salon», conclut-il.



Une perquisition a été faite au Tessin

La police italienne a arrêté le tessinois A. M. et deux autres suspects d’origine transalpine, lundi dernier. Depuis les actes de procédure se sont succédé. L’Italie a adressé «une demande d’entraide judiciaire à la Suisse», nous a appris hier en fin de journée le Ministère public de la Confédération (MPC). Sa porte-parole, Ladina Gapp, ajoute: «Dans le cadre de cette entraide, une perquisition a été effectuée au Tessin, sur mandat et en présence du MPC, par la police judiciaire fédérale.»

La déclaration officielle ne précise pas quand cette demande d’entraide a été déposée et quand la perquisition a eu lieu. Aucun détail géographique non plus. Ces visites ont-elles eu lieu au domicile du Tessinois à Bissone? À l’adresse de ses deux sociétés, une étant en liquidation, à Melide et à Maggia? Prudent, le Parquet fédéral rappelle que «la présomption d’innocence prévaut toujours» à ce stade d’une affaire juridique. Il ajoute que cette demande d’entraide n’a pas provoqué l’ouverture d’une procédure pénale en Suisse: «En application des dispositions légales, le MPC ouvre une procédure pénale si la compétence fédérale est donnée, ce sont les articles 23 et 24 du Code de procédure (CPP), et s’il existe des soupçons suffisants (art. 309 CPP).» De son côté, la police fédérale dit être en contact étroit avec les autorités policières italiennes, actuellement seules compétentes pour tout ce qui concerne le volet de l’enquête.

Créé: 19.07.2019, 22h50

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