Passer au contenu principal

Superposer les autoroutes, l’idée peine à convaincre

L’Office fédéral des routes envisage un tronçon à deux étages près de Zurich. La gauche critique ce concept. La droite doute.

Pour combattre les embouteillages, l'Office fédéral des routes envisage des autoroutes sur deux étages.
Pour combattre les embouteillages, l'Office fédéral des routes envisage des autoroutes sur deux étages.
Keystone

Prendre de la hauteur pour éviter les bouchons. Afin de fluidifier le trafic dans la région zurichoise, l’Office fédéral des routes (OFROU) envisage de superposer deux autoroutes. «Nous étudions la possibilité de faire fonctionner une partie de l’A1 sur deux étages», confirme Jürg Röthlisberger, son directeur, dans la «NZZ am Sonntag». Ce serait une première en Suisse.

«Une question politique»

«Nous ne sommes qu’au début de la réflexion, précise toutefois Thomas Rohrbach, porte-parole de l’OFROU. La technique existe. Mais il faut analyser si c’est possible à cet endroit. Dans tous les cas, c’est un projet qui ne verra pas le jour avant dix ou quinze ans.» D’un point de vue légal, rien ne s’oppose à construire des routes en hauteur. À Bâle, l’autoroute passe déjà à certains endroits au-dessus du réseau urbain. «C’est avant tout une question politique.»

Verra-t-on fleurir des autoroutes à étages partout en Suisse, à l’image des toiles d’araignée géantes que l’on trouve aux États-Unis? L’idée n’est pas nouvelle en tout cas, elle a déjà été avancée par les milieux routiers et certains élus. «J’ai fait cette proposition il y a trois ans, rappelle le conseiller national Ulrich Giezendanner (UDC/AG). À l’époque, les réactions étaient assez positives. Il faut être clair. Cette solution n’est pas adaptée pour tout le pays. Elle doit être analysée uniquement là où le terrain manque pour élargir les voies. Prenez le cas du tronçon qui mène à l’aéroport de Genève. Dans ce cas-là, ça ferait sens.»

26 000 heures de bouchons

Si le débat est intense en Suisse, c’est que les embouteillages concernent des milliers de conducteurs. En 2017, 26 000 heures de bouchons ont été comptabilisées sur le réseau routier. Reste que la gauche et les milieux de défense de l’environnement estiment que l’Administration fédérale fait fausse route avec ses autoroutes à deux étages.

«Je ne sais pas ce qui est le mieux entre empiler les routes, ou les mettre même les unes à côté des autres, réagit le conseiller national Samuel Bendahan (PS/VD), membre du comité de l’Association transport et environnement (ATE). Mais je suis convaincu que cette stratégie n’est pas la bonne. Vouloir régler les embouteillages sur les autoroutes en augmentant les capacités ne fait que déplacer le problème plus loin dans les agglomérations.» Sa solution? Rendre les transports publics et la mobilité douce plus avantageux. «Si on réussit à sortir assez de gens du système autoroutier, le problème va se régler de lui-même.»

Vice-présidente de l’ATE, Lisa Mazzone (Verts/GE) va plus loin. «Il faut arrêter le délire. Le système des transports n’atteint déjà pas ses objectifs climatiques avec ses émissions de CO2.» Pour elle, il faut attaquer le problème à la source: l’hypermobilité. «Il faut réduire les déplacements pour aller au travail, ou faire ses achats. Ce qui passe par un meilleur aménagement du territoire ou une valorisation du télétravail.»

Autre argument: l’atteinte au paysage. Dans un pays aussi dense que la Suisse, Lisa Mazzone parle de «balafre». Une crainte que partage Olivier Français (PLR/VD): «Je n’ai rien contre le principe d’une autoroute à deux étages, explique le conseiller aux États. Ça permet de rationaliser l’utilisation du territoire. Sur le papier, ensuite, construire en hauteur est moins cher que de passer par des tunnels. Mais il faut prendre les autres coûts externes, comme l’impact visuel ou le bruit. Lors d’une mise à l’enquête ces facteurs peuvent ruiner un projet.»

«Un train sur une route?»

Ulrich Giezendanner y est habitué à toutes ces critiques. «J’ai visité des infrastructures à Los Angeles et à San Francisco. Il existe des revêtements qui limitent les nuisances sonores. Quant à l’impact sur le paysage, il est réel. Mais ce qui m’étonne toujours, c’est que ce problème n’est jamais évoqué pour les lignes électriques des chemins de fer.»

Construire les flux de transports sur deux étages, Olivier Français y avait pourtant songé lors de sa campagne pour le National en 2007. Mais son idée était de faire circuler les trains au-dessus de la route. «Superposer les autoroutes pose la question des rampes d’accès et de sortie qui nécessitent des travaux gigantesques. Pour les rails, c’est moins compliqué. Il suffit de passerelles pour amener les usagers des trains.»

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.