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Affaire Perinçek-SuisseLes Suisses d'origine turque et l'UDC satisfaits

La Fédération des associations turques de Suisse romande (Fatsr) et son avocat, l'UDC Yves Nidegger, se félicitent de la décision de la Cour de Strasbourg.

Dogu Perincek, à Lausanne, en 2007.
Dogu Perincek, à Lausanne, en 2007.
Keystone

Les Suisses d'origine turque sont satisfaits de la décision de la Cour de Strasbourg qui «favorisera la réconciliation entre Turcs et Arméniens». La communauté se dit «lasse de la stigmatisation latente entretenue par les harcèlements judiciaires liberticides» qui ont prévalu ces dernières années, indique jeudi la Fatsr.

Contester le qualificatif de «génocide» pour les affrontements interethniques survenus en 1915 dans l'Empire ottoman entre Arméniens et Turcs ne constitue pas un délit, se réjouit la Fédération des associations turques de Suisse romande (Fatsr).

Le mot «génocide» ne doit pas être galvaudé et instrumentalisé. Pour éviter cette dérive «d'un lobby», il faut que le mot génocide réponde à la définition de la Convention de l'ONU sur le génocide de 1948.

Recherche historique

La décision de Strasbourg permet le débat et la recherche historique sur des événements largement controversés, contrairement à l'Holocauste. Les Turcs reconnaissent les souffrances et les douleurs subies par les Arméniens et les regrettent, poursuit la Fatsr dans un communiqué.

En conclusion, la fédération souligne espérer que l'arrêt de Strasbourg favorisera la rencontre et le dialogue apaisé entre Turcs et Arméniens. L'évaluation des événements de 1915 est l'affaire des historiens, pas des parlements ou des juges, estime pour sa part la Communauté turque de Suisse (TGS). Norme trop fermée

De son côté l'avocat Yves Nidegger, également conseiller national UDC à Genève, considère que la Suisse ne peut pas faire autrement que de revoir l'article 261 bis de son Code pénal. La Cour de Strasbourg a affirmé que la norme suisse est «trop fermée.» Il défendait les intérêts de la Fatsr à Strasbourg.

La décision de la Grande Chambre rappellera à «ceux qui en Suisse l'avaient oublié que la liberté d'opinion existe pour se prémunir de l'officialisation d'une pensée unique.» Yves Nidegger estime que cela sera «un casse-tête insoluble pour tous ceux qui à gauche et au centre vénèrent à la fois la norme antiraciste et la jurisprudence des juges de Strasbourg comme deux vaches sacrées», écrit l'avocat.

L'UDC se félicite des juges étrangers

Pour l'UDC qui s'oppose en principe aux juges étrangers, pas de problème cette fois, selon Yves Nidegger. Ce parti ne fait de tabou ni de la Cour de Strasbourg ni de la norme antiraciste. «C'est même jouissif», ajoute-t-il: la Cour européenne des droits de l'homme a donné jeudi raison au conseiller fédéral Christoph Blocher qui avait déclaré en 2006 en Turquie que la norme antiraciste lui faisait «mal au ventre» après la condamnation d'un historien turc pour propos négationnistes.

(ats)

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