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LausanneLe soutien de Philip Morris à Plateforme 10 fait débat

Les députés vaudois ont examiné mardi le projet de loi entourant les trois musées d'art lausannois et le volet consacré au sponsoring.

La Fondation de droit public Plateforme 10 assumera la gestion des trois institutions muséales ainsi que celle des activités du «Quartier des arts».
La Fondation de droit public Plateforme 10 assumera la gestion des trois institutions muséales ainsi que celle des activités du «Quartier des arts».
Keystone

Le Grand Conseil vaudois a examiné mardi la gouvernance de la fondation Plateforme 10 qui va chapeauter dès 2020 les trois musées du «Quartier des arts» lausannois. Il a refusé d'interdire un certain type de sponsoring et décidé que le statut du personnel sera régi uniquement par la Loi sur le personnel de l'Etat de Vaud (LPers).

Le projet de loi du Conseil d'Etat stipulait que la fondation devait pouvoir être «soustraite aux exigences de la procédure d'avertissement préalable si elle devait être amenée à devoir réduire les effectifs». En clair, il s'agissait d'avoir plus de souplesse, par exemple pour des expositions de courte durée, a expliqué la PLR Florence Narbel Bettschart.

Les députés ne l'ont pas entendu de cette oreille. Par 64 oui contre 58 non et une abstention, ils ont accepté un amendement d'Alexandre Demetriades qui demandait de ne pas introduire d'exception à la LPers.

«La souplesse demandée l'est pour supprimer des postes et non pour l'embauche», a déploré le député. La conseillère d'Etat Cesla Amarelle s'est d'ailleurs ralliée à cet amendement qui assure une égalité de traitement aux collaborateurs.

L'argent des cigarettiers

L'autre point longuement discuté, c'est celui de l'acceptation de dons de certains sponsors, notamment les 390'000 francs du cigarettier Philip Morris. Certains membres de la gauche et du centre l'ont vivement critiqué.

«Accepter les fonds de Philip Morris, c'est accepter les gains de l'industrie du tabac», a notamment déploré Graziella Schaller (Vert'libéraux). Ce type d'activité permet à l'entreprise de faire de la publicité déguisée et de redorer son blason.

Le sponsoring peut également amener une certaine instabilité dans les projets, a pour sa part relevé Hadrien Buclin (Ensemble à Gauche et POP), rappelant que Nestlé s'est retiré du jour au lendemain du Musée Jenish à Vevey. Le député s'est prononcé pour le financement uniquement par l'impôt.

Mauvais calcul

Selon eux, le rôle des mécènes et sponsors n'est pas encadré de manière suffisamment stricte dans le projet de loi. Hadrien Buclin a donc déposé un amendement visant à interdire un financement par des «entreprises qui ont des activités commerciales entrant en contradiction avec les objectifs de santé publique, de réduction des émissions de CO2, de développement durable et de respect des droits fondamentaux promus par l'Etat de Vaud».

Tant à gauche qu'à droite, beaucoup ont estimé que cet alinéa avait un champ trop large. «On n'aura tout simplement plus de mécènes. C'est un mauvais calcul», a commenté Valérie Induni (PS).

Le sponsoring est très encadré par le conseil de fondation, a pour sa part défendu le conseiller d'Etat Pascal Broulis. Il a insisté sur le fait que «sans le partenariat public privé, on n'en serait pas là, avec 34 millions pour le Musée cantonal des Beaux-Arts (mcba). On cherche toujours sept millions pour les deux autres musées.»

Politique tarifaire

La transparence a toujours été de mise sur l'apport des sponsors et mécènes. Il aurait été possible d'intervenir bien plus tôt, a-t-il lancé. Sa collègue Cesla Amarelle a relevé que le sponsoring va probablement financer des expositions temporaires.

«Cela impulse sur la politique tarifaire qui va être mise en place. Pour le moment, elle est plus favorable que dans d'autres musées en Suisse alémanique», a-t-elle noté.

Trois non et cinq oui

Au vote, l'amendement à l'article 11 a été refusé par 80 voix contre 30 et 26 abstentions. Un second amendement ciblant uniquement l'industrie du tabac a été retiré par son auteur Grazielle Schaller.

Dans la foulée, les députés en ont refusé un troisième. Il demandait que la Fondation n'accepte aucune intervention sur le contenu artistique et scientifique de ses activités de la part des sponsors et mécènes.

Le plenum a achevé cette première lecture en adoptant sans sourciller cinq projets de décret. Ils permettent notamment d'avancer dans le financement des voies d'accès au mcba et dans la construction du futur Musée cantonal de la photographie et Musée de design et d'arts appliqués contemporains.

(ats)

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