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Nyon renforce la protection de ses arbres

Dans son nouveau règlement, la Ville propose d’élargir la protection à une grande partie du couvert végétal.

Un platane séculaire abattu à la place Perdtemps, à côté d’un passage piéton, était creux de bout en bout.
Un platane séculaire abattu à la place Perdtemps, à côté d’un passage piéton, était creux de bout en bout.
Ville de Nyon

L’abattage d’arbres provoque à chaque fois un déchaînement d’incompréhensions sur les réseaux sociaux. Comme ce fut le cas récemment à Nyon avec la coupe de plusieurs platanes qui étaient creux et potentiellement dangereux pour les passants. Le sujet est d’autant plus sensible qu’avec l’urbanisation galopante de la ville, on croit que la verdure recule. Or elle a plutôt augmenté, car les nouveaux quartiers, construits en général sur des parcelles vides, permettent de procéder à de nombreuses plantations d’arbres. Un mouvement qui devrait se poursuivre puisque la Commune entend favoriser la biodiversité urbaine et présente un nouveau règlement et plan de protection des arbres.

Une pesée d’intérêts

La Municipalité répond ainsi à un postulat des Verts qui réclamaient en 2014 déjà une politique active pour maintenir et développer le couvert végétal de la ville, meilleur moyen pour protéger ses habitants de la chaleur, de la pollution, du bruit et atténuer les effets du réchauffement climatique. Ces élus demandaient un inventaire des endroits publics et privés où faire des plantations nouvelles, un plan de protection des arbres monumentaux et l’ancrage dans le règlement communal de l’obligation de compenser tout abattage par une plantation d’essence locale similaire. Quatre ans après, la Ville soumet à l’enquête publique un règlement qui ne va pas si loin, mais renforce considérablement la protection aussi bien des arbres que des bosquets ou haies vives.

Car jusqu’ici, seuls les arbres de plus de 6 m de hauteur étaient protégés. Le nouveau règlement élargi cette protection aux arbres dès 20 cm de diamètre mesurés à 130 cm du sol, ce qui ne semble pas très épais. «Un arbre de ce diamètre a déjà poussé vingt ans en pépinière. Or placé en milieu urbain, il a besoin d’être protégé pour se développer et être pérennisé, explique François Pernet, adjoint au chef du service Espaces verts et forêts de la Ville de Nyon. Mais protégé ne veut pas dire interdiction de couper. Cela implique une demande d’autorisation à la Municipalité, qui décide en fonction de la situation et d’une pesée des intérêts». L’abattage implique forcément une compensation en nature - plantation sur la parcelle ou ailleurs - et si c’est impossible, une compensation financière. Même recéper une haie (la couper à ras le sol pour la régénérer) ne pourra se faire d’un coup, mais en plusieurs étapes et que sur un tiers de sa longueur si elle mesure plus de 30 m. «Cela permet de ne pas bouleverser la faune qui y habite, les oiseaux qui y nidifient par exemple», explique l’adjoint.

Au pilier public

Élément nouveau, la demande d’abattage, comme cela se fait déjà à Lausanne, sera affichée au pilier public durant 20 jours. «Cela permet au public de comprendre l’importance des arbres concernés, les raisons de leur abattage et par quoi on va les remplacer», note la municipale Fabienne Freymond Cantone. Si la Ville entend favoriser les essences indigènes, toutes ne conviennent pas au milieu urbain, notamment dans des zones très minérales. Quant à l’inventaire, la ville en a déjà lancé un (1400 arbres recensés sur son géoportail), mais voit mal comment l’étendre aux terrains privés. Quant à l’inventaire des arbres monumentaux, elle préfère la notion plus large et plus souple d’arbres «remarquables». «Soit des arbres qui n’ont pas seulement un caractère physique particulier, mais aussi biologique, ou qui marquent un territoire ou l’histoire d’un lieu», explique François Pernet.

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