Nouveaux outils pour lutter contre la radicalisation et les attentats

ExtrémismeUn programme de prévention sur le net et un autre pour cibler les individus dangereux sont développés en Suisse.

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Comment lutter contre le djihadisme et les attentats? En Suisse, plusieurs mesures ont été présentées dans la presse dominicale. Ainsi, l’Office fédéral des assurances sociales lance une campagne de prévention pour contrer la propagande sur le Net. Et à Zurich, un programme a été développé pour estimer le risque qu’une personne radicalisée passe à l’acte: il est déjà utilisé en Allemagne.

Pour trouver le futur auteur d’un attentat parmi 1000 djihadistes, «il faut poser les bonnes questions», souligne Jérôme Endrass, responsable suppléant du service psychiatrique et psychologique à l’Office d’exécution des peines du canton de Zurich, dans Le Matin Dimanche et le SonntagsZeitung. Le risque, autrement, est de se noyer dans une trop longue liste de personnes suspectes.

Comme l’explique également la NZZ am Sonntag, l’équipe de Jérôme Endrass a développé une grille d’analyse en collaboration avec l’Office fédéral allemand de police criminelle (BKA), qui a commencé à l’utiliser. Son nom: RADAR-iTE. La police doit d’abord répondre à des questions concernant le suspect. Le système détermine ensuite si cette personne constitue un risque «modéré», «supérieur à la moyenne» ou «élevé».

Selon Jérôme Endrass, qui est aussi professeur à l’Université de Constance (D), la relation d’une personne avec la violence est déterminante dans cette analyse, bien plus que son lien avec la religion. RADAR-iTE prend donc en compte les éventuels délits violents déjà commis, le fait que la personne a été confrontée à la violence, si elle nourrit des pulsions sadiques ou une fascination pour les armes. En présence de l’un de ces critère, une légère affinité avec l’extrémisme religieux suffira à estimer qu’un individu est extrêmement dangereux, explique Le Matin Dimanche.

Ce projet intéresse André Duvillard, délégué du Réseau national de sécurité. «Je vais en prendre connaissance pour voir si nous devrions le recommander. De tels outils sont déjà utilisés. L’un d’eux a été développé par le Pr Endrass. J’imagine que sa dernière solution va plus loin.»

L’Office fédéral des assurances sociales (OFAS), lui, lance une nouvelle campagne de prévention. Comme l’a révélé la NZZ am Sonntag, sa plate-forme Jeunes et médias a mis sur pied un programme ciblant les 12-25 ans afin de lutter contre l’utilisation d’Internet pour recruter des djihadistes.

«Les extrémistes religieux et politiques utilisent toujours plus ce média et le font de manière toujours plus professionnelle», souligne Liliane Galley, cheffe de projet au sein de la plate-forme Jeunes et médias. Ils proposent par exemple des vidéos s’inspirant de jeux pour appâter les jeunes. Et un internaute peut tomber sur leur propagande même en tapant un mot anodin sur un moteur de recherche.

Liliane Galley et son équipe veulent «créer un contre discours». Il pourrait par exemple s’agir d’une vidéo prônant la démocratie et le vivre ensemble. Elle serait publiée sur les réseaux sociaux. Le programme en est à ses débuts: l’appel d’offres a été lancé la semaine dernière. L’OFAS soutiendra financièrement trois ou quatre projets. Et assurera un suivi scientifique pour déterminer quelles pratiques sont les plus utiles.

Cette campagne devrait intégrer le programme national de lutte contre l’extrémisme, en cours de réalisation. Celui-ci devrait contenir vingt-cinq à trente mesures, précise André Duvillard. Les partenaires, notamment les Cantons, doivent encore le valider. Le but est de le publier d’ici à la fin de l’année. (TDG)

Créé: 12.06.2017, 08h44

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