Des militants de la Grève du climat bloquent des cours à l'UNIL

EnvironnementUne vingtaine de lycéens et d'étudiants ont lancé ce vendredi matin une action à l'Université, au dernier jour de la COP25 à Madrid.

Les militants ont interrompu le cours pour s'adresser aux jeunes dans l'auditoire.

Les militants ont interrompu le cours pour s'adresser aux jeunes dans l'auditoire. Image: Leo Ruffieux

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Tôt dans la matinée, une petite poignée d'activistes se retrouvent à la cafétéria de l'EPFL. Hamza, 17 ans, un habitué des grèves du climat, cite Albert Einstein. «Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et qui laissent faire». Après concertation collective pour définir les enjeux du rendez-vous, ils ciblent l'inaction des dirigeants de la planète à la COP25 de Madrid. Mais aussi «la passivité du monde face au fascisme, au racisme et aux inégalités sociales qui alimentent le dérèglement climatique» insiste Sophie, militante de la section Jura, spécialement venue pour l'événement. C'est ce qui les a poussé à organiser une action coup de poing : interrompre les cours de l'UNIL et de l'EPFL, pour convaincre autant de sympathisants que possible.

«Le coeur et la raison»

Le plan de bataille fixé, l'équipe se met en route dans le silence, direction Unil. «Il nous faut leur parler avec le coeur plutôt qu'avec la raison», rappelle Steven Tamburini, responsable du collectif. Le trac monte devant l'Amphimax, immense auditoire de l'UNIL, où se déroule un cours de chimie organique. Surmontant leur hésitation, ils franchissent la porte.

Après quelques échanges avec un professeur compréhensif, les manifestants prennent la parole devant un auditoire d'environ 300 étudiants. Sur la scène, Steven Tamburini harangue son public : «J'aimerais que vous ressentiez quelque chose avec nous, votre avenir est foutu si vous restez assis», clame-t-il. «Je ne vois aucune émotion sur les visages devant moi» ose-t-il, suscitant des réactions mitigées mais aussi des applaudissements. Un autre militant condamne «cette ambiance diffuse de fausse paix sociale que les politiques insufflent et qui nous empêche de voir la réalité en face», en référence à la situation des réfugiés climatiques.

Deux visions de la lutte

L'action terminée, une dizaine d'intéressés profitent de la pause pour interpeller les intervenants. «Je partage vos positions, ce sont des questions qui me traversent l'esprit depuis toujours mais je désapprouve la méthode. Je travaille d'arrache-pied pour passer mes examens et je ne comprends pas l'intérêt de quitter le cours. Pour quoi faire ?» confie une étudiante en médecine. «Je préfère construire mon avenir professionnel, plutôt que de me lancer dans des actions spontanées» lui enjoint sa camarade. «C'est un message qu'il faut faire passer» rétorque la jurassienne Sophie, car «nous ne vivons plus en démocratie aujourd'hui et le temps presse». Le cours reprend, les étudiants s'éclipsent. Place à l'autocritique. Cette fois-ci, les militants décident d'être «moins émotionnels». En interrompant un cours de droit, les grévistes du climat invitent l'auditoire à une discussion collective et un échange de contacts en fin d'après-midi. Le groupe choisit d'abandonner son action à l'EPFL pour se concentrer sur le Gymnase Provence à Lausanne, le reste de la journée.

Créé: 13.12.2019, 17h06

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