Une manif à Lausanne dénonce la politique de Tamedia

PresseLes employés de Tamedia dénoncent «le démantèlement» de la presse mis en place par l'éditeur. Tamedia rejette ces critiques.

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Une centaine de manifestants, en grande majorité des journalistes, ont dénoncé vendredi matin, au pied de la tour Edipresse, à Lausanne, la politique de l'éditeur Tamedia. Ils refusent «le démantèlement» de la presse par des licenciements et la fin programmée de la version imprimée du Matin semaine.

«Tamedia tue vos médias», «La Tribune délocalise, Genève sans voix», «Fossoyeurs de la presse», «Fake News: l'avenir de la presse est radieux», pouvait-on lire comme slogans lors de la manifestation commencée au pied de la tour Edipresse et terminée devant la gare de Lausanne.

Profit et souffrances

Avec le regroupement des rubriques Sports, Suisse, Monde et Economie et des services de production à Lausanne, «la réorganisation frappe particulièrement la Tribune de Genève, indique Laurence Bézaguet, co-présidente de la société des rédacteurs. Nous estimons qu'entre 30 et 40% des forces vont être détachées du journal. Il s'agit d'une atteinte à la dynamique de l'équipe et une perte de proximité avec notre public.»

«Stop au mépris, stop au cynisme», a lancé le journaliste Fabiano Citroni pour les rédactions du Matin et du Matin Dimanche. Rappelant les résultats en hausse du groupe ( 37,1% au premier semestre, soit 76 millions), il a souligné que «Tamedia se porte très bien», alors que les journaux souffrent et ne cessent de se restructurer.

Les syndicats, Impressum et Syndicom, ont demandé un moratoire de deux ans sur les licenciements. Tamedia a une responsabilité sociale tandis que ses revenus augmentent sur les plate-formes digitales. L'édition imprimée du Matin semaine, avec ses 50 collaborateurs, doit être maintenue. Les emplois dans les imprimeries ne doivent pas être oubliés.

Pas de démantèlement, selon Tamedia

L'éditeur a rejeté les critiques. «Non, Tamedia ne veut pas le démantèlement de la presse. Cinq titres sont dans le rouge en Suisse romande, dont la Tribune de Genève et Le Matin. Et l'éditeur prend ses responsabilités. Depuis 2016, les recettes publicitaires ont fondu de 100 millions de francs pour l'ensemble de la Suisse», a déclaré Patrick Matthey, porte-parole romand de Tamedia interrogé par l'ats.

«Face à cette situation, Tamedia a décidé de regrouper ses forces éditoriales dès janvier. C'est une réorganisation sans licenciements. Chaque journaliste aura sa place en janvier», a-t-il assuré.

Ras-le-bol

«C'est le ras-le-bol», a commenté Karim Di Matteo pour 24 heures lors de la manifestation. «Les titres sont dilués mois après mois, les collègues partent les uns après les autres. Et on nous annonce la mort du Matin papier», a-t-il dénoncé.

Sur Facebook, le rédacteur en chef du Matin, Grégoire Nappey, a précisé récemment l'état de la situation. «Des séances ont eu lieu avec les équipes où j'ai dit, plus clairement que par le passé, que la stratégie de notre éditeur (Tamedia) était un Matin numérique d'ici à deux ans environ, mais qu'aucune décision n'avait été prise et encore moins une date».

Pérenniser les marques

Patrick Matthey a affirmé que Tamedia voulait pérenniser ses marques et conserver leur ADN. En janvier, 80% des journalistes de la Tribune de Genève et de 24 heures seront comme par le passé dans leurs rédactions respectives. La rédaction centrale de Tamedia à Lausanne pour les pages communes économie, monde, suisse et sport comptera 60 collaborateurs.

Dans la rue, les manifestants ont demandé que «la pérennité du titre soit garantie». «On n'en peut plus, laissez les rédactions respirer», a encore lancé Karim Di Matteo, pendant que les syndicats appelaient également à l'intervention «des autorités romandes».

Voix politiques

Présents à la manifestation, des élus de la gauche radicale et du Parti socialiste ont assuré la presse du soutien du monde politique, eu égard notamment à l'information nécessaire au débat démocratique. (tdg/ats/TDG)

Créé: 15.12.2017, 15h13

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