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Élection partielleJura: le 2e siège du PDC à l'exécutif menacé

Le maintien de la candidature de l'UDC Romain Schaer complique la tâche d'Anne Seydoux-Christe (PDC) et pourrait favoriser la socialiste Rosalie Beuret Siess.

Les candidats Romain Schaer, Rosalie Beuret Siess et Anne Seydoux-Christe.
Les candidats Romain Schaer, Rosalie Beuret Siess et Anne Seydoux-Christe.
Keystone

C'est l'élection de tous les dangers pour le PDC jurassien. Le 1er mars, les citoyens désignent le successeur de Charles Juillard au gouvernement. Le maintien du candidat UDC pour le second tour pourrait favoriser la socialiste Rosalie Beuret Siess au détriment de la démocrate-chrétienne Anne Seydoux-Christe. L'issue du scrutin s'annonce indécise.

Le maintien de la candidature de l'UDC Romain Schaer dans la course au gouvernement complique la tâche d'Anne Seydoux-Christe. L'ancienne conseillère aux États a terminé à la 2e place lors du premier tour avec 37,9% des voix, distancée par la socialiste Rosalie Beuret Siess avec 41,5%.

Pour éviter de perdre son second siège au gouvernement, le PDC cherche à mobiliser non seulement les électeurs de son camp mais tous ceux de la droite et du centre droit au nom d'un «vote utile». Il espère aussi attirer les abstentionnistes. Lors du premier tour le 9 février, la participation s'était élevée à 37,8%.

Le PLR et le Parti chrétien-social indépendant (PCSI), qui n'ont pas présenté de candidats à cette élection complémentaire, apportent leur soutien à Anne Seydoux-Christe. Au premier tour, le PLR avait encore laissé le libre choix à ses sympathisants entre les candidats de l'UDC et du PDC.

Pression sur le PDC

Cette élection complémentaire met donc une pression certaine sur le PDC qui a perdu sa place de plus important parti politique du canton et a dû affronter des dissensions internes et plusieurs démissions. En misant sur l'ancienne conseillère aux États Anne Seydoux-Christe, il espère conserver son deuxième siège à côté de Martial Courtet.

Si le PDC devait se retrouver avec un seul siège le 1er mars, il s'agirait alors d'une première depuis l'entrée en souveraineté du canton du Jura le 1er janvier 1979. Ce parti, au coeur de la création du canton et pilier de la politique jurassienne, avait même compté jusqu'à trois ministres de 1993 à 2002.

UDC joue les trouble-fête

Le maintien de Romain Schaer, qui avait obtenu 20,6% des suffrages au premier tour, risque de provoquer un éparpillement des voix au centre droit et à droite. L'UDC aurait été disposée à retirer son candidat à condition que le PDC accepte de conclure une liste commune pour les élections cantonales du 18 octobre.

Pour l'UDC, Anne Seydoux-Christe a un profil trop marqué au centre gauche pour être à ses yeux la représentante de la droite. Le parti estime que l'ancienne conseillère aux États âgée de 61 ans incarne un positionnement qu'il juge trop orienté libéral-social.

Au-delà de ses divergences avec le PDC sur la candidature d'Anne Seydoux-Christe, l'UDC considère que l'élection complémentaire constitue une opportunité de se profiler et de gagner en visibilité à quelques mois des élections cantonales.

Gauche unie

Alors que la droite part divisée, la gauche monte unie au front, la socialiste Rosalie Beuret Siess ayant obtenu le soutien des Verts et de la gauche alternative CS-POP. La quadragénaire de Porrentruy pourrait profiter d'un effet femme et d'un courant en faveur du climat.

Plus important parti du canton à l'issue des élections fédérales, le Parti socialiste espère reconquérir son deuxième siège perdu en 2015. Il estime que la composition actuelle de l'exécutif ne répond plus aux aspirations des Jurassiens. Si le PS s'empare du siège de Charles Juillard, la majorité basculera alors au centre-gauche.

Mandat limité dans le temps

La personne qui remplacera Charles Juillard repassera donc par les urnes le 18 octobre lors des élections cantonales. Elle ne sera donc en place que quelques mois et sans l'assurance d'être en mesure de poursuivre son mandat au cours des cinq prochaines années.

Cette élection complémentaire a été provoquée par la démission du ministre PDC Charles Juillard à la suite de son accession au Conseil des États le 20 octobre. La Constitution jurassienne interdit en effet le double mandat. L'exécutif comptait avant le départ du ministre des finances 2 PDC, 1 PLR, 1 PS et 1 PCSI.

ats

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