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Émilie Uldry, première femme nommée médecin cadre en chirurgie viscérale

La chirurgienne pulliérane monte en grade au sein de l’hôpital vaudois. Rencontre.

La Dresse Émilie Uldry, 40 ans, s’est spécialisée dans la chirurgie du foie, du pancréas et des voies biliaires. Son service au CHUV l’a élue meilleure enseignante de l’année en 2013.
La Dresse Émilie Uldry, 40 ans, s’est spécialisée dans la chirurgie du foie, du pancréas et des voies biliaires. Son service au CHUV l’a élue meilleure enseignante de l’année en 2013.
PATRICK MARTIN

La chirurgie est un bastion masculin de la médecine, et le CHUV ne fait pas exception. On ne compte qu’une poignée de femmes médecins cadres. En chirurgie viscérale, c’était même le désert jusqu’à la nomination toute fraîche de la doctoresse Émilie Uldry.

La Pulliérane de 40 ans, originaire de Bulle, s’est d’abord destinée à l’anesthésiologie, à la fin de ses études de médecine à l’UNIL. Faute de place, elle entre en chirurgie. Pour un an seulement, pense-t-elle. «On m’avait prédit que je ne voudrais plus partir.»

«Les temps changent»

Une fois son diplôme en poche, Émilie Uldry opte pour une spécialisation particulièrement longue (dix ans) et exigeante: la chirurgie du foie, du pancréas et des voies biliaires. Pendant sa formation, elle aligne souvent 80 heures par semaine. «La chirurgie a un côté très technique. Il faut s’entraîner, se surentraîner. C’est aussi physique, encore plus peut-être pour une fille: on travaille la nuit, on reste des heures en salle d’opération…»

La Vaudoise tient le cap et donne naissance à deux enfants âgés aujourd’hui de 2 et 4 ans. «Je l’ai bien vécu, mais il ne faut pas se leurrer: c’est difficile de concilier la vie de famille avec ce métier. Et on ne nous facilite pas beaucoup les choses en Suisse. Je pense aux horaires des garderies, par exemple. Quand la crèche appelle alors que j’opère au bloc pour me dire que ma fille est malade, je ne peux pas faire grand-chose. C’est vrai qu’on se sent un peu mal, sur le coup. Mais c’est aussi un exemple qu’on donne à nos enfants: celui de deux parents qui travaillent et ont un poste à responsabilité (ndlr: son mari est aussi employé au CHUV)

La chirurgienne brille aussi dans la formation. Les stagiaires, assistants et chefs de clinique de son service l’ont élue enseignante de l’année en 2013. L’avenir la destine à prendre du galon. Elle se réjouit de «faire perdurer l’école de chirurgie lausannoise».

«Un médecin cadre en chirurgie m’a dit un jour: «Moi ici, il n’y aura jamais de fille!» Quand j’ai eu mon diplôme FMH, il m’a appelée pour me féliciter. Comme quoi, les temps changent… De plus en plus de filles se rendent compte que c’est possible. Quand j’ai commencé, on était très peu nombreuses. Ça a bien changé. Le semestre dernier, il y avait 40 à 50% de filles parmi les chefs de clinique et 70% parmi les médecins assistants. Je leur dis toujours: «Vous pouvez y arriver, ne baissez jamais les bras! Il n’y a que nous pour croire en nous-mêmes. Personne ne va le faire à notre place.»

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