Didier Piguet jugé pour de nouvelles malversations

CorrectionnelleProcès à Lausanne de l’ex-mécène du Servette FC accusé d’avoir replongé juste après sa condamnation à six ans à Genève.

Didier Piguet est assisté par Me Baptiste Viredaz, avocat d’office dans une affaire pour laquelle le procureur estime qu’elle peut valoir six ans de prison à l’intéressé.

Didier Piguet est assisté par Me Baptiste Viredaz, avocat d’office dans une affaire pour laquelle le procureur estime qu’elle peut valoir six ans de prison à l’intéressé. Image: Christian Brun

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Le flamboyant Didier Piguet a perdu sa superbe et il a pris du poids. L’est-golden boy et ex-mécène jadis très médiatisé du Servette FC comparait discrètement depuis lundi en correctionnelle à Lausanne, accusé dans un nouveau procès.

Les faits cette fois reprochés se sont déroulés sur territoire vaudois. Ils ne datent pas d’hier. Ils ont occupé successivement plusieurs procureurs.

À 55 ans, le financier déchu répond notamment d’abus de confiance commis quelques mois après sa condamnation en première instance à Genève en 2009 pour détournement de fonds d’investisseurs dans le cadre de sa société de gestion de fortune. Il avait alors écopé de 6 ans de prison, et était resté en liberté dans l’attente de la décision sur son recours. C’est durant cette période qu’il est accusé d’avoir sévi de nouveau.

Tout cela s’est produit en quelques mois, jusqu’à son arrestation et sa mise en préventive en mai 2010, puis dans la foulée son incarcération pour purger la peine écopée à Genève. L’homme avait finalement obtenu une libération conditionnelle en janvier 2014.

Une fois n’est pas coutume, le procureur annonce la couleur en ouverture d’audience, en réponse à la défense souhaitant savoir dans quelle ambiance allait se tenir ce procès. Sur la base de l’acte d’accusation, le magistrat lance qu’il envisage de demander 6 ans de prison, soit le maximum que peut infliger une Cour correctionnelle. Il s’agit toutefois d’une réquisition informelle d’avant l’heure, sous réserve bien sûr de ce qui ressortira des débats. Didier Piguet admet en effet une grande partie des faits. Il s’est engagé dans des remboursements. Il se reconnaît moralement, mais pas pénalement coupable.

«La vie était difficile»

«Quel regard portez-vous sur ce qui vous est reproché», veut savoir le président de Montvallon. «À cette époque, la vie était difficile pour moi, explique l’intéressé. Je vivais chez des amis. Toutes mes affaires étaient dans une valise. Je voulais me remettre dans le wagon pour développer une activité d’agents de joueurs.»

«Comment vivez-vous depuis votre sortie de prison?» demande le juge. «J’habite chez une parente en Valais, explique-t-il. Je fais du courtage immobilier en indépendant, notamment avec Christian Constantin. Cela me rapporte juste ce qu’il faut pour vivre. C’est un travail de bouche-à-oreille. En ce moment, je suis sur la vente de cinquante-cinq appartements… en fait je n’ai pas encore ce mandat, c’est en cours.»

Didier Piguet est accusé d’avoir faussement prétendu avoir mis sur pied une opération financière afin d’obtenir des fonds d’investisseurs. Il s’agissait selon lui de trouver des personnes intéressées par l’acquisition de warrants, ces papiers valeur conférant à leur détenteur le droit d’acheter, dans un délai et à un prix déterminés, un certain nombre de titres déterminés. Avec à la clé la perspective d’un joli bénéfice, mais aussi le risque de tout perdre.

Les fonds récoltés auraient été utilisés à des fins personnelles. L’un des plaignants a expliqué que cela se faisait en argent comptant, de la main à la main. «C’était un copain, je le croyais, d’autant plus que j’avais eu un rendement de 28% avec des warrants au Japon dans une autre opération.»

Il est par ailleurs reproché au prévenu diverses tromperies pour se faire accorder des crédits, qui lui ont tous été refusés. Le procès se poursuit jusqu’à mercredi. (TDG)

Créé: 03.09.2018, 18h22

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