Le Canton respectera les ruines d’Avenches

FribourgL’éventuelle levée d’un arrêté de protection de l’ancienne muraille échaude les esprits. L’Etat rassure: la procédure sera publique et transparente.

La préservation des trésors archéologiques qui foisonnent dans le sous-sol d'Avenches fait l'objet d'une protection de l'Etat de Vaud.

La préservation des trésors archéologiques qui foisonnent dans le sous-sol d'Avenches fait l'objet d'une protection de l'Etat de Vaud. Image: Jean-Paul Guinnard

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

A Avenches, les vestiges font les délices des archéologues. Mais ils donnent des sueurs froides autant aux promoteurs qu’aux bâtisseurs: difficile, voire impossible, de construire sans devoir compter avec des ruines millénaires en sous-sol. Du coup, quand un fonctionnaire cantonal laisse entendre que l’arrêté de protection d’un terrain en dessus et à proximité des fondations enfouies de la muraille romaine pourrait être levé à la faveur d’un projet pour Ikea, la polémique enfle et fait exploser Béatrice Lovis. La vice-présidente de la section vaudoise de Patrimoine suisse a dénoncé la semaine dernière «la levée (par le Conseil d’Etat) en catimini d’un décret de protection d’un terrain à Avenches».

La Chancellerie vaudoise a réagi instantanément dans une «note aux médias» qui précise qu’aucune décision n’a été prise par le gouvernement dans ce sens et que, le cas échéant, l’Etat respectera les procédures publiques pour lever cet arrêté de protection. «Une éventuelle levée partielle de cet arrêté du site romain d’Avenches ne peut en aucun cas résulter d’une décision discrétionnaire prise «en catimini» par le gouvernement, indique la Chancellerie. Elle pourrait intervenir au terme de procédures publiques et du débat démocratique, principes fondamentaux auxquels le Conseil d’Etat est bien entendu attaché.»

Enjeu économique

L’enjeu est d’ordre économique pour les autorités locales. Le futur dépôt de livraison offrirait 140 postes de travail. Problème, il serait raccordé au réseau CFF par une voie qui empiéterait sur une surface de 800 m2 environ d’une zone inconstructible au-dessus de la muraille romaine d’Avenches, classée monument historique par un arrêté du gouvernement de 1987. C’est cette protection qui pourrait être levée par décret cantonal.

Mardi, profitant du cas d’Avenches, la députée Verte Céline Ehrwein Nihan a interpellé le gouvernement vaudois à propos de la préservation du patrimoine. Elle appuyait également sa réflexion sur la vente du mobilier du château d’Hauteville, en 2015, ou celle, la même année, de vingt cures vaudoises. «Quelle est la stratégie mise en œuvre par le Conseil d’Etat pour assurer la préservation et la valorisation du patrimoine archéologique et architectural vaudois? interroge la députée. J’aurai peut-être une réponse dans trois mois. Deux postulats ont déjà été déposés sur le même thème, il y a deux ans, et on n’a toujours rien vu. J’espère que l’agitation provoquée par Avenches va faire bouger les choses.» (TDG)

Créé: 14.02.2017, 19h34

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.