Les bus low cost veulent mieux servir la Romandie

Transports publicsQuelle place pour les bus à bas coûts en Suisse? La société «Eurobus» promet, pour l’an prochain, une meilleure desserte.

Le marché des transports en bus longue distance intéresse les pays voisins de la Suisse.

Le marché des transports en bus longue distance intéresse les pays voisins de la Suisse. Image: VQH

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Les premiers bus à bas coûts de Suisse se cherchent encore une place sur le marché des transports. Six mois après sa première course, l’entreprise Eurobus swiss-express, associée à l’allemande FlixBus, procède à des adaptations de son réseau de bus longue distance proposé jusqu’ici. Faute d’un nombre suffisant de passagers et en toute logique économique, les trajets entre Martigny et Sion ainsi qu’entre Coire et Zurich sont tout bonnement supprimés. En lieu et place, la fréquence entre Zurich, Berne et Fribourg ainsi qu’entre Zurich et Bâle sera augmentée, parfois doublée. En outre, une nouvelle liaison directe sera introduite entre Zurich et Lucerne (voir infographie). Les changements interviendront à compter du 9 décembre, en parallèle à l’entrée en vigueur du nouvel horaire des CFF.

Privilégier les axes clés

L’entreprise argovienne de transports a ouvert son service le 10 juin dernier. Tous les jours, elle propose, par exemple, des liaisons entre l’aéroport de Genève et Saint-Gall ou entre l’aéroport de Bâle et Lugano via Zurich. «Dès le début, nous savions qu’il serait difficile d’estimer quelles lignes auraient du succès ou non, concède le directeur d’Eurobus Roger Müri. Maintenant, nous souhaitons orienter notre offre sur les besoins de la clientèle. Certains itinéraires sont bien utilisés, d’autres insuffisamment. C’est la raison de nos ajustements.»

Principales adaptations: la réduction du temps de parcours et l’augmentation des fréquences sur les axes clés. Il s’agit aussi de diminuer le nombre d’arrêts et d’éviter les kilomètres supplémentaires. Objectif: gagner du temps. Voici les exemples les plus probants: le trajet entre Genève et Neuchâtel durera désormais deux heures (gain de trente-cinq minutes), celui entre Montreux et Zurich prendra trois heures vingt (gain de quarante minutes), celui entre Genève et Zurich durera cinq heures dix (gain de quarante-cinq minutes). À partir du mois de décembre, six autocars de 70 places assises à deux étages (avec toilettes) accessibles aux personnes handicapées seront progressivement mis en service.

«Les retours des clients sont positifs»

Le patron, Roger Müri, met en évidence les lignes vedettes: «Les liaisons directes entre les villes et les centres à fort potentiel de population (comme Zurich-Berne) ont clairement été les plus fructueuses. Grâce à la suppression des arrêts non fréquentés, nous avons pu réduire considérablement le temps de trajet entre Neuchâtel et Genève par exemple.» Pour rappel, pour un aller simple en bus, il vous en coûtera 12 fr. 50. En train, le tarif le plus bas, sans demi-tarif, s’élève à 42 francs.

Quid des taux de fréquentation actuels? Roger Müri ne lâche aucun chiffre. Mais il affirme que les premiers mois de service ont «enregistré une performance opérationnelle stable et que les retours des clients sont positifs». Selon lui, l’intégration de l’offre de bus à longue distance dans l’application des CFF, à partir de dimanche, devrait participer à la dynamique. Le public cible reste inchangé: les jeunes et les personnes âgées qui ont du temps ou des touristes internationaux pour qui l’accès au train est trop cher car ils ne possèdent pas le demi-tarif. «Dans une prochaine étape, nous prévoyons d’augmenter la fréquence entre Genève et Zurich. L’offre a été très bien accueillie en Suisse romande et nous aimerions encore mieux servir cette région à l’avenir.»

Comme mentionné dans l’offre de concession déposée en décembre 2017, des liaisons tôt le matin ou de nuit pour les aéroports sont prévues pour l’année prochaine. L’Office fédéral des transports, dans sa stratégie 2030, veut en effet augmenter la participation du secteur privé dans les transports publics suisses. (TDG)

Créé: 05.12.2018, 19h27

Les Autrichiens s’intéressent au marché

Un nouvel acteur, autrichien lui, pourrait venir agrémenter et faire concurrence à Eurobus swiss-express. Basée à Zurich, la société Albus, propriété du Groupe Richard, a demandé deux concessions à l’Office fédéral des transports. Le transporteur veut se concentrer sur quatre lignes nationales alémaniques, à savoir Aéroportde Zurich-Berne, Zurich-Bâle-Berne, Zurich-Lucerne-Aéroport de Berne et Zurich-Coire.

Le service serait proposé toute l’année entre deux et sept fois par jour. Huit nouveaux bus à deux étages seront affrétés sur les quatre itinéraires. Le responsable suisse d’Albus, Patrick Angehrn, précise que les prix seront «jusqu’à 50%, selon l’itinéraire, moins élevés que pour un trajet en train».

Mais qui est donc ce potentiel nouvel acteur du marché des transports suisses? Le Groupe Dr. Richard a plus de 70 ans. Il possède des succursales en Allemagne et en Autriche. L’entreprise possède aujourd’hui 950 bus, emploie 1355 personnes, parcourt 50 millions de kilomètres par an et génère un chiffre d’affaires de plus de 135 millions d’euros. S.JU.

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