Passer au contenu principal

L’appli qui améliore les plateaux-repas de la cantine

Avec son système pour mesurer la qualité des repas, Lausanne innove et se voit récompensée.

Trop gras, trop salé, trop de viande ou pas assez de légumes? Certains cuisiniers lausannois sont désormais équipés pour analyser ce qu’ils mettent au menu. Deux mille personnes, notamment des enfants, sont nourries depuis plusieurs mois grâce à NutriMenu, une application qui mesure les qualités nutritionnelles des repas. Développée par la start-up vaudoise Myravan avec la Ville de Lausanne, l’application est utilisée dans dix cuisines gérées directement par la Ville (lire ci-contre).

«Certains cuisiniers ont fait une de ces têtes, au début! Mais tous ont joué le jeu», se réjouit Maryam Yepes, docteur en nutrition et CEO de la start-up qui a développé l’appli. Pour l’utiliser, les cuisiniers doivent enregistrer toutes les quantités d’aliments, mais aussi les modes de cuisson. Approuvé par la Société suisse de nutrition, NutriMenu propose ensuite une analyse de la composition des menus et émet des recommandations personnalisées. Le programme évolue à l’aide d’une intelligence artificielle, qui s’adapte aux particularités du cuisinier.

«Certains cuisiniers ont fait une de ces têtes, au début! Mais tous ont joué le jeu»

«Le système va me dire si j’ai prévu trop de féculents, ou s’il faut varier les protéines sur la semaine, détaille Florim Krasniqi, cuisinier au Centre de vie enfantine de Valency. Je fais mes corrections et ça donne un menu équilibré, sans l’aide de personne.»

Basé sur la confiance

Bien sûr, les cuisiniers peuvent tricher, mais le système repose sur la confiance. «Ils ont tout à gagner à jouer le jeu de manière transparente, estime Samira Dubart, déléguée au développement durable et cheffe de projet. C’est un outil d’amélioration continue.»

De fait, à force de devoir mesurer, on finit par changer sa manière de faire. «Les cuisiniers de longue date comme moi, on a de mauvaises habitudes. On veut donner du goût aux légumes, alors on fait fondre du beurre et on ne compte même pas. Chaque matin, depuis qu’on a cet outil, je pèse le sel auquel j’ai droit, et aussi le beurre. Je me limite à ce que j’ai mesuré.»

Les données, récoltées sur la durée, permettent de constater les progrès. «C’est la seule manière de provoquer un changement à grande échelle», estime Maryam Yepes.

Fort de son approche durable, NutriMenu a valu à la Ville d’être lauréate du Grand Prix Suisse de santé au travail Citizen@Work, décerné ce mercredi soir à Berne. «Les bénéficiaires de l’initiative sont en fait extrêmement nombreux, salue le président du comité, Olivier Girard, par ailleurs chef du centre de prestations à l’Institut universitaire romand de santé au travail. C’est donc un projet avec un effet multiplicateur particulièrement important! D’autant que bien d’autres collectivités pourraient sans autre en profiter…» Un conseil qui, on l’espère, retentira plus loin que les cantines lausannoises.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.