Trop d’acheteurs pour cet appart? Il part au plus offrant!

LausanneLes propriétaires d’un 4,5 pièces à Montchoisi ont départagé les acheteurs lors d’enchères privées. Rare mais légal.

L’appartement de 115 m2, situé dans une résidence «aux allures nobles et prestigieuses» à Montchoisi, avait séduit seize acheteurs potentiels. Mais le premier arrivé n’a pas forcément été le premier servi. Il a fallu les départager

L’appartement de 115 m2, situé dans une résidence «aux allures nobles et prestigieuses» à Montchoisi, avait séduit seize acheteurs potentiels. Mais le premier arrivé n’a pas forcément été le premier servi. Il a fallu les départager Image: Cardis Immobilier

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C’est vrai qu’il avait tout pour lui: un emplacement à Montchoisi dans une résidence «aux allures nobles et prestigieuses», un nombre de pièces en suffisance, une hauteur sous dalle qui avoisine les 2 m 50, des moulures au plafond, une vue dégagée sur les arbres du Denantou avec les montagnes en toile de fond, une place de parc intérieure… Même son prix était alléchant: 1,29 million de francs. Un appartement de rêve, dans un contexte immobilier plus que tendu, qui a vu pas moins de seize acheteurs se déclarer auprès des propriétaires. Ces derniers ont alors décidé de les départager lors d’enchères privées devant un notaire. Rare mais légal.

«C’est le genre de bien qui est très recherché à Lausanne, par les familles, par les jeunes ou par les moins jeunes. Et puis le quartier est historique. Il jouit d’une excellente réputation», explique Yves Cherpillod, associé et administrateur chez Cardis Immobilier, la société chargée de la vente du bien. Normal donc que les acheteurs potentiels se soient bousculés sur le pas de la porte. Mais, dans ce cas de figure, le premier arrivé n’est pas forcément le premier servi…

«Le meilleur l’a emporté»

Sentant qu’ils pourraient tirer davantage de leur appartement, les propriétaires ont finalement organisé une vente aux enchères privée entre les seize candidats. «Je comprends parfaitement que la pratique peut choquer, mais telle est la réalité économique du moment. La demande est forte. L’offre est faible. Les considérations sentimentales n’entrent pas en ligne de compte. C’est le meilleur prix qui l’emporte», poursuit Yves Cherpillod.

Concrètement, les acheteurs ont dû adresser «leur meilleure offre» d’achat à un notaire de la place. Le délai était fixé à la semaine dernière. À l’heure H du jour J, toutes les enveloppes ont été ouvertes en présence des propriétaires. Le gagnant a été averti le jour même.

Sur les seize acheteurs qui avaient fait une première offre à 1,29 million de francs, seule la moitié a participé à ces enchères privées. Un a refait exactement la même offre. Tous les autres ont surenchéri. «C’est bien entendu la meilleure offre qui a été retenue. D’ordinaire, les acheteurs proposent entre 3 et 5% de plus que le prix initial. Je ne suis pas en mesure de vous communiquer le montant final, mais il se situe dans la fourchette haute», confie Yves Cherpillod. Ce dernier reconnaît que la pratique n’est pas courante. Elle ne représenterait que deux ou trois dossiers chaque année chez Cardis Immobilier, sur des centaines de ventes. Cela a par exemple été le cas en 2017 à Lutry pour un bien à un peu moins de 2 millions de francs. Là encore, il a fallu départager les acheteurs lors d’enchères privées.

Reste que le procédé n’est pas fait pour détendre un marché immobilier lausannois déjà bien tendu. «C’est une pratique curieuse que, fondamentalement, je ne soutiendrais pas, mais contre laquelle, institutionnellement, on ne peut rien faire, car visiblement cet appartement n’est pas dans la catégorie à pénurie selon la loi sur la préservation et la promotion du parc locatif», réagit Natacha Litzistorf, municipale lausannoise du logement. Elle souligne qu’en France et en Angleterre il existe des tombolas avec un tirage au sort final pour la vente d’un bien immobilier. On n’y est pas encore.

Créé: 11.06.2018, 17h21

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