Le Léman verra désormais voguer une «patronne» de voile latine

Navigation Adepte de la haute mer, Françoise Cuendet est devenue la première femme à obtenir sa licence ce mercredi.

Depuis ce mercredi, Françoise Cuendet est la première «patronne» du lac.

Depuis ce mercredi, Françoise Cuendet est la première «patronne» du lac. Image: Chantal Dervey

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C’est un jour historique pour la barque La Demoiselle, mais pas seulement. Françoise Cuendet, capitaine en second de la barque depuis bientôt trois ans, est devenue ce mercredi la première «patronne» d’une «voile latine», cette embarcation à vocation commerciale et aux voiles triangulaires «en oreilles» si typique du Léman. Au terme d’un examen de quatre heures mercredi matin, la Genevoise d’origine et habitante de la Riviera a ainsi fait tomber un bastion 100% masculin.

Formellement, la navigatrice a obtenu le permis B (transport passagers) avec un complément permis E (bateau de construction particulière), puisque le type «bateau à voiles latines n’existe pas au sens de la loi, il s’agit d’un bateau à voile», explique le Service de l’automobile et de la navigation.

Durant l’examen, l’expert ne lui a rien épargné: plusieurs types d’accostage, navigation à un seul moteur, à voile, «sous une couverture» – c’est-à-dire en aveugle –, un homme à l’eau «et même une cuisine en feu», sourit l’héroïne du jour, saluée par les membres de l’Association La Demoiselle. Ces derniers lui ont remis la casquette traditionnelle bleu marine des patrons et une autre de circonstance: une blanche, plus légère, avec des edelweiss et une broche estampillée au nom de la barque. «Pour te différencier des mecs», lui a lancé sa voisine entre deux salves d’applaudissements.

L’embarcation, amarrée dans l’embouchure de l’Eau-Froide, côté Noville, dans le canton de Vaud, compte ainsi trois patrons (avec Pascal Michel et Christian Reymond, père spirituel et fondateur de cette réplique d’une barque de 1828). Françoise Cuendet sera simplement la quatrième personne à piloter le bateau depuis sa mise à l’eau en 1999.

Un loup de mer avant tout

Sa première sortie en numéro 1 est programmée ce samedi si la météo le permet, sinon mercredi. «Et je me réjouis de naviguer au large de Vevey durant la Fête des Vignerons ( ndlr: du 18 juillet au 11 août )

Étonnamment, Françoise Cuendet n’est pas une adepte de la navigation sur le Léman, qu’elle n’a découvert qu’il y a peu. «J’ai de l’expérience en haute mer avec trois traversées de l’Atlantique, trois ans et demi de vie sur un bateau et 30 000 miles à mon compteur (ndlr: environ 50 000 km). Sur le lac, j’étais surtout planchiste. Mais mon nom de jeune fille est Coulin et on en trouve dès le XVIe siècle qui ont piloté des voiles latines à Collonge-Bellerive (GE). C’est un retour aux sources.»

Quand on lui demande si l’obtention de son permis de naviguer fait grincer quelques dents d’hommes, elle s’étonne du contraire: «Pas que je sache, je reçois seulement des félicitations, même de la part de l’équipage de la Vaudoise, qui n’accepte pourtant pas les femmes à bord.»

C’est dire si ceux-ci ne sont pas rancuniers: La Demoiselle a remporté dimanche à Saint-Gingolph la Régate du Centenaire, réservée aux voiles latines du Léman, tandis que la Vaudoise a terminé bonne dernière, se plaît-on à chambrer au bout du lac. Françoise Cuendet officiait en second du patron du jour, tandis qu’une autre femme (Claire Guignard) occupait le poste de barreuse.

Créé: 03.07.2019, 20h31

La Demoiselle remise de ses blessures

Une bonne nouvelle en cache une autre pour la Demoiselle. Si la barque navigue pour permettre à Françoise Cuendet de décrocher son permis de naviguer, c’est que le bateau a récupéré plus vite que prévu de ses déboires de fin avril lorsque, pris dans un orage et privé de ses deux moteurs, il avait failli s’échouer. Il avait pu être remorqué jusqu’à l’embouchure du Rhône et s’en était sorti avec quelques séquelles: une antenne (mât oblique) brisée, ainsi qu’un pavois, un apoustis (balcon latéral) et le canot endommagés.

«Nous avons deux semaines d’avance sur le planning, précise Christian Reymond, l’un des patrons de la voile latine. Grâce au travail fou de nos bénévoles, nous avons pu honorer nos réservations de juin.» Et voici la Demoiselle prête pour les croisières programmées durant la Fête des Vignerons. Au final, les moteurs n’ont pas dû être changés comme on aurait pu le craindre: «Le problème venait d’une bactérie dans le carburant», explique Christian Reymond.

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