La psy amoureuse de son patient autiste écope de prison avec sursis

JusticeUne pédopsychiatre roumaine de 46 ans a été reconnue coupable de contrainte sexuelle et d’abus de la détresse pour sa liaison avec un Fribourgeois de 19 ans.

Le procès de la pédopsychiatre de 46 ans s'est déroulé ce mardi dernier au Tribunal d'arrondissement de Fribourg.

Le procès de la pédopsychiatre de 46 ans s'est déroulé ce mardi dernier au Tribunal d'arrondissement de Fribourg. Image: DR

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Un lien de dépendance peut subsister entre un patient et son médecin, quand bien même le suivi thérapeutique n’a plus cours. C’est en substance ce qu’a décrété le tribunal d’arrondissement de Fribourg dans le cadre du jugement d’une pédopsychiatre, la Dre S., ce mardi après-midi. Cette Roumaine mariée de 46 ans a ainsi été reconnue coupable d’abus de la détresse pour avoir prodigué une fellation à un autiste bipolaire alors âgé de 19 ans - bien que l’acte ait été proposé par ce dernier, au printemps 2016.

La contrainte sexuelle a également été retenue pour un épisode survenu trois semaines plus tard, lorsque cette mère de famille, folle amoureuse de ce surdoué qu’elle suivait et couvrait de cadeaux depuis ses 16 ans, a profité du départ en vacances de la mère du Fribourgeois pour se rendre à leur domicile, de nuit et une bouteille de vin à la main. Les cinq juges ont estimé que l’ex-patient a cédé aux avances de la quadragénaire en raison des pressions psychiques qu’elle exerçait sur lui.

Des infractions retenues en concours avec le harcèlement - non contesté par la Dre S. - dont l’autiste a été l’objet durant l’année qui a suivi les deux fellations (d’innombrables appels téléphoniques, et plus de 1'500 e-mails, dont certains à connotation sexuelle, invitant à des «sucettes» dans une voiture).

Relation «pervertie»

La Cour a prononcé une peine globale de 2 ans de prison avec sursis à l’encontre de la thérapeute, suivant ainsi sur toute la ligne la procureure Yvonne Gendre, qui avait fustigé une relation «pervertie» d’emprise.

La Roumaine devra verser à sa victime un montant de 5'000 fr. pour tort moral, et aura l'interdiction durant 10 ans d’exercer en Suisse toute activité professionnelle ou bénévole impliquant des personnes particulièrement vulnérables, adultes et mineurs confondus.

Au niveau administratif, son autorisation de pratiquer la profession de psychiatre a été suspendue depuis deux ans par le canton.

Appel annoncé

La défense avait pour sa part estimé que la «relation thérapeutique pas idéale» était passible d’une sanction administrative, mais que les rapports sexuels devaient faire l’objet d’un acquittement au bénéfice du doute s’agissant du lien de dépendance entre la Dre S. et celui qu’elle appelait «mon prince» ou «mon petit patient préféré».

Son avocat, Me Valentin Aebischer, a annoncé qu’un appel sera déposé contre ce jugement.

Créé: 09.07.2019, 15h48

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