Un Suisse est au cœur de l'enquête antiterroriste

France/SuisseDix personnes ont été arrêtées mardi en France et en Suisse romande. Parmi elles, un Helvète de 27 ans.

Image: Archives/Photo d'illustration/AFP

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Dix personnes, qui tenaient des propos islamistes «inquiétants» sur les réseaux sociaux, ont été arrêtées mardi en France et en Suisse romande, une opération en lien avec l'arrestation cet été d'un adolescent qui voulait mener un attentat au couteau dans l’Hexagone.

Ces suspects, neuf hommes et une femme âgés de 18 à 65 ans, participaient à un groupe de discussion de la messagerie cryptée Telegram, prisée des djihadistes, dans lequel ils «tenaient des propos inquiétants», ont indiqué des sources proches de l'enquête. Cette opération antiterroriste «vise à permettre de préciser les contours des projets qu'ils nourrissaient», a ajouté une source judiciaire française.

Neuchâtel et Vaud

Ces interpellations et des perquisitions ont eu lieu en France dans le Sud-Est et en région parisienne et, en Suisse, dans les cantons de Neuchâtel et de Vaud. D'après les premiers éléments de l'enquête, aucune arme n'a été retrouvée au cours des perquisitions en France, mais du matériel informatique a été saisi.

«Il y a eu un engagement conséquent des cantons de Vaud et de Neuchâtel depuis plusieurs mois, en appui à l'enquête», a déclaré le porte-parole de police cantonale vaudoise Jean Christophe Sauterel. Avec toujours pour objectif de garantir la sécurité de la population. Il n'a donné aucun autre détail, renvoyant au MPC.

Cette opération franco-suisse intervient dans le cadre d'une information judiciaire ouverte en France le 19 juillet pour des faits susceptibles d'être qualifiés d'«association de malfaiteurs terroriste criminelle et provocation directe à la commission d'un acte de terrorisme par un moyen de communication au public en ligne» et d'une procédure pénale ouverte en Suisse en juin 2016 pour soupçon de violation de la loi fédérale interdisant notamment Al-Qaïda et le groupe État islamique et pour soupçon de soutien.

«Les investigations (françaises) ont permis d'identifier un individu en Suisse qui avait une activité particulièrement soutenue sur les réseaux sociaux (Telegram) et ont mis en évidence qu'il avait dans ce cadre des contacts avec des individus demeurant en France avec qui il évoquait notamment des projets d'actions violentes aux contours mal définis à ce stade», a expliqué la source judiciaire.

Suisse au cœur de l'affaire

Le suspect de 27 ans, arrêté en France mardi, serait un «imam suisse mais d'origine bosniaque connu sous le surnom d'Al-Bosni (Le Bosniaque, ndlr)», selon la chaîne LCI. Il était aussi «en lien» sur les réseaux sociaux avec un adolescent de 13 ans, soupçonné de préparer une attaque djihadiste, au couteau. Ce jeune Français avait été arrêté en région parisienne la nuit précédant la fête de la musique le 21 juin, ont précisé des sources proches du dossier. Il avait été inculpé par un juge antiterroriste et écroué.

Né en septembre 2003 et originaire de Vitry-sur-Seine, près de Paris, il «était sur le point de passer à l'acte», a indiqué l'une des sources. «Une photo de lui avait été trouvée sur les réseaux sociaux, tenant une feuille proclamant son allégeance» au groupe État Islamique (EI), ont-elles précisé. C'est le plus jeune suspect connu inculpé pour un projet d'attentat terroriste en France.

Parmi les personnes arrêtées mardi, figurent des individus connus des services de renseignement dont deux frères, interpellés dans les Alpes-Maritimes, sur la Riviera française, «suivis pour radicalisation», et une Colombienne de 23 ans, arrêtée à Lausanne, selon Nice-Matin. Le Ministère public de la Confédération a déclaré dans un communiqué qu'il allait «demander le placement en détention préventive» de la Colombienne.

(afp/jsa/ats/nxp)

Créé: 07.11.2017, 15h39

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