La Suisse aurait libéré des trafiquants d'ivoire un peu trop vite

DouanesEn 2015, de l'ivoire pour une valeur de 400'000 francs avait été saisie à l'aéroport de Zurich. Les trafiquants chinois avaient payé une caution et n'auraient plus été inquiétés, selon «La Liberté».

Saisie d'ivoire à Zurich.

Saisie d'ivoire à Zurich. Image: Keystone

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Des trafiquants chinois venus de Tanzanie n'avaient, en 2015, pas été inquiétés par la Suisse après la saisie de 262 kilos d'ivoire à l'aéroport de Zurich. Selon «La Liberté» lundi, la Tanzanie est «indignée» par la légèreté du suivi helvétique de cette affaire.

A l'époque Mathias Lörtscher, de l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), responsable de l'enquête, avait indiqué que les trafiquants avaient été interrogés, puis relâchés après versement d'une caution de 100'000 francs. Selon «La Liberté», les trois Chinois ont payé 3000 francs de dépôt d'amende, sont repartis à Pékin et n'ont plus jamais été inquiétés. Les douanes suisses avaient pourtant annoncé des amendes élevées.

La valeur de cette saisie avait alors été estimée à 400'000 francs. Interrogé sur le cours actuel de l'ivoire sur le marché, le porte-parole de l'OSAV rappelle que, ce commerce se déroulant sur le marché noir, il n'y a en principe pas de prix: «Mais il semble que le kilo soit un peu moins cher qu'à l'époque, quelque 1000 dollars au lieu de 1500 dollars».

«La Suisse a traité cette affaire avec une telle légèreté!», aurait selon le quotidien fribourgeois dénoncé le bureau du procureur général tanzanien. «La Suisse n'aurait jamais dû libérer ces trois trafiquants», selon ce dernier.

L'affaire risque d'être classée

L'OSAV a confirmé à Keystone-ATS avoir ouvert une procédure pénale et déposé une demande d'entraide judiciaire à Pékin il y a plus de trois ans. Selon «La Liberté» «plusieurs sources au sein des milieux de la protection de l'environnement et du côté des douanes chinoises indiquent que Pékin considère le cas comme clos, car les Suisses ont confisqué l'ivoire et imposé un dépôt d'amende».

Mathias Lörtscher conteste, les Chinois n'ayant selon lui pas donné cette réponse: «Nous ne savons pas pourquoi ils ne donnent pas suite à notre requête». La procédure pénale étant toujours en cours, l'OSAV ne fournit par conséquent pas d'autres renseignements.

Le responsable des espèces menacées à l'OSAV prévoit d'interpeller ses interlocuteurs chinois lors de la prochaine conférence de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d?extinction (CITES), en mai au Sri Lanka. sans autre développement, l'affaire pourrait être classée.

L'OSAV relativise cependant son attitude passée: «A sa décharge, la Suisse n?était guère habituée à de telles prises.» La quasi-totalité des infractions de la loi sur les espèces protégées sont en effet des cas mineurs (des problèmes de permis non conforme, etc). Sur les centaines de cas d?infractions par an, plus de 90% des cas se sont soldés par une procédure administrative sans amende. (ats/nxp)

Créé: 15.04.2019, 17h09

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