Stratégie nationale contre les antibiotiques bien reçue

SantéAfin de lutter contre l'augmentation des bactéries résistantes aux antibiotiques, un plan national a été mis en place pour la médecine humaine et animale.

Selon des estimations 25'000 personnes meurent chaque année dans l'Union européenne à cause de bactéries résistantes aux antibiotiques.

Selon des estimations 25'000 personnes meurent chaque année dans l'Union européenne à cause de bactéries résistantes aux antibiotiques. Image: Archive/photo d'illustration/Reuters

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Au terme de la procédure d'audition, la stratégie nationale visant à enrayer le recours excessif aux antibiotiques est largement approuvée par les milieux intéressés. Les critiques les plus sévères proviennent de l'UDC et de la Protection suisse des animaux.

Selon des estimations 25'000 personnes meurent chaque année dans l'Union européenne (UE) à cause de bactéries résistantes aux antibiotiques. Le projet, lancé par le Département fédéral de l'intérieur (DFI) et le Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche (DEFR) souhaite contrecarrer cette augmentation par le biais d'un changement culturel.

Cette stratégie contre la résistance aux antibiotiques (StAR), est incluse dans le programme «Santé2020». L'une des principales mesures consiste en la surveillance systématique multisectorielle de l'antibiorésistance dans les domaines de l'être humain, des animaux, de l'agriculture et de l'environnement.

Les paysans conscients du problème

Hôpitaux, paysans et cantons ont salué cette approche. Le projet de la Confédération va «dans la bonne direction». Tel est le message qui ressort de la procédure d'audition qui se termine dimanche.

Pour l'Association suisse des hôpitaux H, la réduction et la prévention de la résistance aux antibiotiques comme objectif primordial sont importantes. Elle avance néanmoins des réserves concernant les exigences supplémentaires en matière de collecte de données qui nécessiteront plus de personnel et d'infrastructures et qui provoqueront donc des surcoûts importants.

L'Union suisse des paysans approuve la stratégie fédérale, «car l'efficacité des antibiotiques est essentielle dans l'optique du bien-être animal». Les agriculteurs se disent en outre conscients qu'une utilisation plus modérée des antibiotiques est requise. Et selon leurs propres données, celle-ci a diminué d'un quart depuis 2008.

Pour sa part, la Société des Vétérinaires suisses salue le rapport mais émet quelques réserves sur les coûts de certaines mesures. Elle remarque également que les animaux de compagnie devraient être intégrés à cette stratégie.

La PSA et l'UDC plus critiques

La Protection suisse des animaux (PSA) voit les choses autrement. Selon elle, il n'y a guère besoin de «nouvelles lignes directrices, standards ou labels», mais bien plus d'une mise en œuvre conséquente de la réglementation actuelle.

Elle craint que des interdictions prématurées ou des objectifs de réduction chiffrés n'aient qu'une portée symbolique et débouchent sur un boom du marché noir des antibiotiques ou une augmentation des animaux malades et non traités.

De son côté, l'UDC demande au Conseil fédéral de revoir sa copie. Si le parti concède qu'une telle stratégie semble nécessaire, il exige des vérifications des «fondements prétendument scientifiques» du projet. Il appelle également à une priorisation des mesures proposées ainsi qu'à une analyse du rapport coût/utilité.

Autant de morts que le trafic routier

La Commission fédérale d'experts pour la sécurité biologique souligne que la résistance aux antibiotiques fait autant de morts que le trafic routier, mais avec une tendance à la hausse. Selon elle, l'objectif à long terme est une agriculture sans antibiotiques, et une réduction de leur usage dans tous les secteurs.

Les principaux acteurs et groupes d'intérêts - cantons, sociétés spécialisées, groupes d'experts, industrie, branches et fédérations - ont été impliqués dès le départ dans cette stratégie. En médecine humaine, une grande partie de la responsabilité de prescription se situe chez les médecins. Une collaboration étroite est prévue avec les sociétés médicales spécialisées qui rédigeront des directives à l'intention de leurs membres.

Le Centre suisse pour le contrôle de l'antibiorésistance verra ses compétences renforcées et élargies. Un réseau de laboratoires de référence est également prévu. La mise en œuvre est prévue dès 2016.

Avancée de la médecine

Le développement des antibiotiques constitue l'une des plus grandes avancées de la médecine. Avec ces médicaments, il est possible de traiter des pathologies graves, comme la pneumonie ou la septicémie, dont l'issue se révélait souvent fatale auparavant. L'apparition de résistances est un phénomène naturel, mais il peut être favorisé par un usage excessif et inapproprié. (ats/nxp)

Créé: 13.03.2015, 13h52

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