Pour stopper la hausse des primes, les assureurs désignent leurs cibles

Assurance-maladieLes coûts de la santé devraient augmenter de 3% en 2019 et 2020. SantéSuisse dit comment l’empêcher.

Verena Nold, directrice de SantéSuisse.

Verena Nold, directrice de SantéSuisse.

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SantéSuisse, l’organisation faîtière d’une partie des assureurs maladie, est inquiète. Elle estime que les coûts de la santé vont repartir fortement à la hausse. Ils pourraient dépasser plus de 3% en 2019 et 2020. Soit nettement plus qu’en 2017 (+1,7%) et 2018 (+1%). L’augmentation à venir se répercutera forcément sur le niveau des primes maladie.

Pour tenter d’enrayer l’explosion des coûts, SantéSuisse a désigné ses cibles lundi lors d’une conférence de presse à Berne. En voici les principales:

Des médicaments trop chers

SantéSuisse constate que les coûts pour les médicaments (et leur distribution par les pharmaciens, les médecins et le service ambulatoire des hôpitaux) dépassent les 7 milliards de francs par année. Et la hausse continue d’être forte. Pour stopper cela, l’association veut privilégier les médicaments génériques. Ces derniers ne représentent que 20% des médicaments prescrits en Suisse alors qu’en Allemagne le taux se monte à 80%. SantéSuisse se réjouit que les pharmas développent de nouveaux médicaments personnalisés et des thérapies géniques. «Ces dernières ne doivent toutefois pas être facturées à des prix exorbitants, sous peine de faire également grimper les coûts de plusieurs centaines de millions de francs par an».

Des médecins trop dispendieux

SantéSuisse partage le constat du rapport fédéral qui avait estimé à 20% le nombre de traitements superflus voire nuisibles à la santé. Elle regrette qu’il n’y ait pas d’analyses systématiques des coûts-bénéfices d’un acte chirurgical. Elle relève en revanche qu’il y a trop d’analyses coûteuses commandées à des laboratoires dont l’utilité n’est pas toujours démontrée. Elle note aussi qu’il y a une forte augmentation des physiothérapeutes et du nombre de leurs consultations. Elle souhaite que le nombre de médecins soit régulé car chaque ouverture de cabinet pèse fortement sur les coûts de la santé. Elle craint enfin la renégociation des tarifs des prestations médicales ainsi que l’initiative pour les soins infirmiers fort ou son contre-projet indirect. «Cela se traduirait par des coûts supplémentaires se chiffrant en milliards de francs».

Des cantons trop conservateurs

SantéSuisse s’impatiente aussi devant «l’esprit de clocher» des cantons. Chacun veut rester maître chez lui et peine à collaborer étroitement avec son voisin. SantéSuisse estime que les hôpitaux devraient davantage se spécialiser. Quant aux cantons, ils devraient se coordonner pour piloter davantage l’admission de médecins et «intervenir là où c’est nécessaire».

Des politiciens fédéraux trop inactifs

SantéSuisse estime qu’il y a beaucoup de pistes pour maîtriser les coûts de la santé mais que cela pêche au niveau de la concrétisation. Sur les médicaments, l’association déplore qu’il n’y ait toujours pas d’obligation de distribuer des génériques, que les assurances n’aient pas le droit de rembourser des médicaments achetés nettement moins cher à l’étranger, qu’il n’y ait pas d’évaluation annuelle du prix des médicaments, etc. SantéSuisse ne cache pas qu’elle souhaiterait mettre fin à l’obligation de rembourser quasi tous les médecins. «Même un essai au niveau d’un canton a été sèchement refusé par le Conseil des États», déplore la directrice Verena Nold.

Créé: 17.06.2019, 17h01

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La prescription par les médecins de médicaments génériques permettra-t-elle de juguler la hausse des coûts de la santé?





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